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Son médecin lui aurait dit de ne pas conduire

L’accusé avait reçu un diagnostic d’épilepsie partielle à l’âge de 11 ans

Jonathan Falardeau-Laroche, ici photographié à la sortie du tribunal, lundi, au palais de justice de Québec, est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de Marie-Pier Gagné, qui était enceinte. La fillette de Mme Gagné, née le jour du décès de sa mère, ne gardera heureusement aucune séquelle de l’accident.
Photo Stevens LeBlanc Jonathan Falardeau-Laroche, ici photographié à la sortie du tribunal, lundi, au palais de justice de Québec, est accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de Marie-Pier Gagné, qui était enceinte. La fillette de Mme Gagné, née le jour du décès de sa mère, ne gardera heureusement aucune séquelle de l’accident.

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Le médecin neurologue de Jonathan Falardeau-Laroche, accusé de négligence criminelle causant la mort d’une femme enceinte devant le Centre mère-enfant, lui avait fait « une recommandation claire » de ne pas conduire, quelques minutes avant l’accident.

À l’ouverture du procès, le neurologue qui suit l’accusé depuis ses premiers signes d’épilepsie et qui l’avait ausculté le 10 août 2016, quelques minutes avant les tristes événements, est venu raconter sa matinée.

Michel Sylvain aurait rencontré l’accusé pendant 40 minutes, diagnostiqué une récidive de son épilepsie et dit clairement à l’accusé : « Là, Jonathan, tu ne conduis pas. »

Lors de cette matinée, Marie-Pier Gagné, 27 ans, enceinte de 40 semaines avait été happée devant le CHUL sur le boulevard Laurier. La jeune femme n’avait pas survécu, mais son enfant avait pu être sauvé par les médecins.

Possible récidive

Le médecin avait rencontré Falardeau-Laroche en 2003 pour un premier épisode s’apparentant à de l’épilepsie. Le diagnostic d’épilepsie partielle a toutefois été confirmé deux ans plus tard, à l’âge de 11 ans.

Avec et même sans médication, l’adolescent a pu contrôler sa maladie pendant six ans, mais une récidive serait survenue à au moins deux reprises dont une, quelques semaines avant le drame.

Un mois avant l’accident, l’accusé qui se trouvait à l’urgence pour une raison non indiquée pour le moment, avait interpellé le Dr Sylvain qui était de garde.

Dr Michel Sylvain, Neurologue
Photo Stevens LeBlanc
Dr Michel Sylvain, Neurologue

À la suite d’une courte analyse, le médecin avait convenu d’une nouvelle récidive, ajusté la médication, demandé un électro-encéphalogramme et prévu la rencontre du 10 août 2016 à 8 h 30 au CHUL.

L’accusé « inquiet » aurait alors dit au médecin ne pas se sentir « tout à fait dans le monde réel ».

L’accusé de 25 ans a indiqué que ses collègues de travail l’entendaient répéter de façon impromptue « tu vas aller loin mon homme » et « voyons c’est pas des pneus ». Le Dr Sylvain affirme avoir dit, « avec fermeté » : « Jonathan, tu ne dois pas conduire, tu ne peux pas conduire. »

Falardeau-Laroche aurait sacré en disant : « Je perds mon permis. » Il aurait aussi indiqué à son médecin qu’il ne conduisait pas. « Je n’ai aucun indice qui me laisse croire qu’il ne suivra pas ma recommandation », a témoigné le médecin.

Requête

La défense a déposé une requête en arrêt des procédures pour empêcher que le témoignage du médecin soit pris en compte.

Falardeau-Laroche nie catégoriquement avoir été averti de son interdiction de conduire par ce dernier. Cette requête sera tranchée à la fin du témoignage du Dr Sylvain.


Le procès est prévu pour deux semaines.

Témoignage du technicien en identité judiciaire Denis P. Turcotte

  • 1er témoin
  • Heure de l’accident : 10 h 15
  • L’Identité judiciaire arrive à 10 h 56
  • Scène sur une longueur de 334 mètres entre l’avenue Jean-de-Quen et la rue Germain-des-Prés vers l’ouest
  • Le véhicule a roulé sur le terre-plein sur une distance de 86 mètres
  • La victime avait fait un pas dans la voie de gauche de Laurier Ouest
  • Les feux de signalisation étaient fonctionnels