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Femme enceinte happée mortellement: le médecin de Falardeau-Laroche longuement questionné sur ses souvenirs

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

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L’avocat de l’homme qui a happé mortellement une femme enceinte à l’été 2016, sur le boulevard Laurier, a questionné le neurologue traitant de Jonathan Falardeau-Laroche sur la confection de son rapport, fait seulement après le drame.

Au deuxième jour du procès de celui qui est accusé de négligence criminelle causant la mort de Marie-Pier Gagné, qui était enceinte de 40 semaines lorsqu’elle s’est fait happer à la sortie du CHUL, Me Simon Roy a longuement questionné le Dr Michel Sylvain.

Le neurologue a ausculté Jonathan Falardeau-Laroche à une quinzaine de reprises entre 2003 et le 10 août 2016, jour de l’accident, pour des crises d’épilepsie partielles. D’entrée de jeu, Simon Roy a questionné le médecin sur la notion de «prêter serment» et de «parjure».

Rapport de consultation

Le jour du drame, l’accusé avait quitté le bureau du CHUL du Dr Sylvain à 10 h. Ce n’est qu’après avoir appris l’accident impliquant son patient que le médecin a fait son rapport de consultation.

«Ce n’est pas un rapport que je fais dans l’après-midi, parce que j’ai écouté TVA [les nouvelles]», s’est-il défendu, affirmant que c’était dans l’ordre normal des choses de faire le rapport plus tard.

Le médecin a pourtant rapidement contacté l’Association canadienne de protection médicale afin d’avoir des conseils. Un avocat de l’association est d’ailleurs dans la salle d’audience pour écouter son témoignage.

«Avez-vous parlé à un avocat avant la rédaction de votre rapport?» a questionné Me Roy. «Non», a tranché le médecin, qui avait dit, plus tôt : «Je n’ai pas besoin d’un avocat pour me dire que lorsque je viens ici, c’est pour dire la vérité».

Souvenir précis?

Le Dr Sylvain, qui fait quelque 2000 consultations par année, s’est longuement fait questionner sur ses souvenirs de la quinzaine de rencontres qu’il a eues avec Falardeau-Laroche depuis 2003.

Il a dû répondre à beaucoup de questions portant sur la présence ou non du père lors des rencontres ainsi que sur les notes qui avaient été dictées dans les rapports de rencontre. «Je fais un résumé qui n’est pas parfait», a fait valoir le médecin.

En 2012, la récidive de ses crises d’épilepsie aurait eu un lien avec sa consommation de marijuana. Rappelons que le témoignage du Dr Sylvain est pris sous réserve.

♦ Après son témoignage, les avocats plaideront sur une requête de la défense en arrêt des procédures et sur l’admissibilité ou non du témoignage du médecin.