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Michel Cadotte condamné à deux ans moins un jour de prison pour avoir tué sa femme par compassion

Michel Cadotte a mis fin aux jours de sa conjointe atteinte de la maladie d’Alzheimer

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 Michel Cadotte a accepté sans broncher sa condamnation à deux ans de prison moins un jour, mardi, pour avoir tué par compassion sa conjointe atteinte de la maladie d’Alzheimer. 

 Déclaré coupable de l’homicide involontaire de sa femme Jocelyne Lizotte en février dernier, l’homme de 57 ans affichait un air serein quand la juge Hélène Di Salvo lui a souhaité « bonne chance ». 

  • Mélanie Perroux, coordonatrice du Regroupement des Aidants naturels du Québec, était à Dutrizac de 6 à 9

 La magistrate a estimé que « même s’il a été commis au nom de la compassion », le crime de Michel Cadotte « doit être dénoncé » par une peine d’emprisonnement ferme. 

 « C’est certainement la décision la plus difficile que j’ai eu à rendre », a-t-elle insisté, en ajoutant que cette affaire était « unique, tragique et pathétique ». 

 Cadotte avait admis avoir étouffé sa conjointe avec un oreiller, le 20 février 2017, au CHSLD Émilie-Gamelin où elle vivait sans aucune autonomie depuis trois ans. 

 « J’en pouvais plus », avait dit cet ex-toxicomane aux policiers qui l’ont arrêté alors qu’il caressait la tête de la victime. 

 Jocelyne Lizotte avait 49 ans quand elle a reçu l’impitoyable diagnostic. 

 Ayant vu sa mère emportée par cette cruelle maladie, elle disait préférer mourir plutôt que d’être placée. 

 C’est pourtant ce qui est arrivé en 2013 parce que celui qui la considérait comme « l’unique amour de sa vie » ne pouvait plus s’occuper d’elle à lui seul. 

 Attachée 24 heures sur 24 

 « Extrêmement agitée », Mme Lizotte « devait être attachée 24 heures sur 24 », ne reconnaissant plus personne et ne recevant plus de visite, a relaté la juge. 

 Son mari, qui s’est plaint des soins que sa conjointe recevait, venait lui donner son bain, la raser, faire sa manucure et la changer de couche. 

 Mais épuisé et ne supportant plus de la voir dans cet état, il a demandé si sa femme pouvait bénéficier de l’aide médicale à mourir en février 2016. Il a essuyé un refus et a commis l’irréparable un an plus tard. 

 Déception palpable 

 Une fois libéré de prison, Cadotte devra effectuer 240 heures de travaux communautaires. 

 Plusieurs membres de la famille Lizotte ont quitté le palais de justice de Montréal avec des visages déçus et sans s’adresser aux médias. 

 Les procureurs de la poursuite semblaient sous le choc, ayant réclamé une peine quatre fois plus longue, soit huit ans. 

 « Ce n’est évidemment pas ce que nous avions suggéré et nous ferons un examen rigoureux de cette décision », a affirmé Me Geneviève Langlois en n’excluant pas que la cause soit portée en appel. 

 Si elle n’est pas contestée, cette sentence fera jurisprudence puisque les procureurs n’ont trouvé aucun précédent semblable ou comparable dans les annales judiciaires canadiennes. 

 Ce qu’elles ont dit 

 « Le message doit être clair : on ne peut poser un tel geste auprès d’une personne vulnérable même si elle a déjà exprimé le souhait de mourir. » 

 « C’est un homme amoureux, épuisé, qui a donné neuf ans de sa vie pour s’occuper de sa conjointe malade. Mais il a commis l’irréparable. Aux yeux du droit, son geste ne peut être excusé. » 

 « Je souhaite du plus profond de mon cœur à la famille Lizotte qu’elle puisse commencer son deuil à partir d’aujourd’hui. » 

 – La juge Hélène Di Salvo 

 « Nous n’avons jamais voulu faire le procès du système de santé. Mais tout ce que M. Cadotte demandait, c’est que sa conjointe reçoive des soins appropriés, pas juste 10 minutes par jour. » 

 « [Les aidants naturels] se retrouvent dans une situation impossible. Cette tragédie est un problème de société. » 

 – Me Elfriede Duclervil, avocate de Michel Cadotte