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Le médecin de Jonathan Falardeau-Laroche n’a pas informé la SAAQ

L’accusé faisait des récidives de ses crises d’épilepsie

Le médecin de Jonathan Falardeau-Laroche n’a pas informé la SAAQ
Photo Stevens LeBlanc

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Le neurologue traitant de Jonathan Falardeau-Laroche admet ne pas avoir contacté la SAAQ pour que l’organisme révoque son droit de conduite, car il n’avait « pas d’indice que [l’accusé] ne suivrait pas sa recommandation » de ne pas conduire.

Contre-interrogé pour une deuxième journée par l’avocat de la défense, le neurologue Michel Sylvain a maintenu avoir été « ferme » lors de sa rencontre avec l’accusé sur l’importance de ne pas conduire, en raison de ses crises d’épilepsie non contrôlées.

« Je ne sais pas comment j’aurais pu être plus clair », a dit le Dr Sylvain. « Il me dit qu’il ne conduit pas [...] Je n’ai pas de raison de ne pas le croire. »

Lors de cette rencontre du 10 août 2016 au CHUL, quelques minutes avant que Marie-Pier Gagné, enceinte de 40 semaines, ne soit fauchée mortellement par l’accusé sur le boulevard Laurier, Falardeau-Laroche a pourtant avoué qu’il déplaçait des voitures dans la cour du garage de son père où il travaillait.

Formulaire à la SAAQ

Questionné avec vigueur par la défense, le médecin a admis ne pas avoir fait signer de renonciation au droit de conduire à l’accusé ni avoir transmis un formulaire en ce sens à la SAAQ. « Je n’ai pas d’indice qu’il ne suivra pas ma recommandation. C’est la responsabilité du jeune adulte d’aviser la SAAQ », s’est défendu le médecin.

Pourtant, a fait valoir l’avocat, les médecins de l’Hôpital de l’Enfant-Jésus qui ont soigné l’homme de 22 ans après l’accident tragique ont quant à eux avisé la SAAQ pour que son permis soit suspendu. « C’est tout à fait différent », a répliqué le médecin.

« Ils se sont rendu compte que le patient n’avait pas respecté ma consigne. » Avec rage, Me Simon Roy a alors lancé : « Vous n’avez pas appelé la SAAQ parce que vous ne lui avez pas dit de ne pas conduire, Dr Sylvain. C’est ça, la vérité ! »

Le contre-interrogatoire se poursuivra pour une troisième journée vendredi.

Au chevet du bébé sauvé

En faisant l’analogie de la journée marquante pour tous du 11 septembre 2001, le Dr Sylvain a indiqué que celle du 10 août 2016 était « cristallisée » dans sa mémoire.

Le médecin a même craqué lorsqu’il a raconté au juge avoir été appelé, comme médecin neurologue de garde, au chevet du bébé de Marie-Pier Gagné qui avait une hémorragie cérébrale. « J’ai prié le bon Dieu pour ne pas avoir à croiser le père [du bébé] », a-t-il dit.