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Les CPE sont meilleurs que les maternelles 4 ans pour la réussite

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Alors que le gouvernement Legault s’apprête à dépenser des millions pour offrir la maternelle 4 ans à tous, des données québécoises montrent que ce sont les CPE, et non l’école, qui préparent le mieux les enfants de milieux défavorisés à la réussite scolaire. Un constat qui n’a pas ébranlé le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge.

« C’est dans les CPE qu’on a trouvé les conditions gagnantes », a lancé Sylvana Côté, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, qui a présenté mercredi un mémoire lors des consultations sur le projet de loi entourant les maternelles 4 ans, rédigé avec ses collègues Christa Japel et Richard Tremblay. Leurs conclusions sont basées sur des données tirées de l’Enquête sur le développement des enfants à la maternelle.

Mme Côté affirme que le gouvernement va dépenser « beaucoup d’énergie et de ressources financières » sans « aucune évidence » que la formule mise en place jusqu’à maintenant dans les milieux défavorisés donne des résultats. « On a d’autres données qui montrent que ça n’a pas aidé du tout, au contraire », a-t-elle laissé tomber.

« Biais méthodologique »

De son côté, le ministre Roberge estime que cette étude contient un « biais méthodologique important ». Étant donné qu’obtenir une place en CPE relève du « parcours du combattant », les parents qui ont réussi ce tour de force sont forcément impliqués dans l’éducation de leurs enfants, ce qui fait toute une différence dans leur réussite scolaire, a-t-il expliqué.

Quant à la prise de position très nette de la chercheuse en faveur du développement du réseau des CPE plutôt que des maternelles 4 ans, M. Roberge y voit une prise de position « personnelle » qui relève davantage de l’opinion que de la science.

De son côté, le professeur de l’Université Laval Égide Royer est venu affirmer que l’augmentation de la réussite pour les élèves en difficulté passe forcément par l’implantation de la maternelle 4 ans pour tous. Ce sont les enseignants qui sont les mieux formés pour faire de l’intervention précoce en littératie et numératie, a-t-il précisé, une condition gagnante pour aider les élèves à partir du bon pied.

Autobus scolaires

Un peu plus tôt dans la journée, la Fédération des transporteurs par autobus est venue expliquer comment l’arrivée d’un grand nombre d’enfants de 4 ans dans les autobus scolaires au cours des prochaines années représente un casse-tête pour les chauffeurs.

Présentement, des enfants de 4 ans n’arrivent pas à monter les marches à l’entrée de l’autobus sans aide. D’autres ne parviennent pas à s’asseoir sur le banc et restent debout pendant toute la durée du trajet. Certains n’arrivent pas à rester assis, par manque de tonus, et glissent sous la banquette.

Pour des raisons de sécurité, la Fédération réclame du financement supplémentaire afin que les enfants de 4 ans soient transportés en berline ou en minibus, et non en autobus scolaire régulier avec les autres élèves, âgés de 5 à 12 ans.

Cette mesure coûterait au minimum 27 millions $ à mettre en place, a précisé la Fédération au Journal, par la suite.