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SNC-Lavalin: Ottawa ne dévoile pas ses cartes

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OTTAWA – Le gouvernement fédéral refuse de dire si un accord de réparation avec SNC-Lavalin est toujours envisagé maintenant que la Cour du Québec a statué que la firme d’ingénierie devra subir un procès criminel.

«On ne va pas faire de commentaires sur des processus qui sont actuellement devant la cour, mais c'est sûr qu'une de mes responsabilités a toujours été de protéger les emplois», a dit le premier ministre Justin Trudeau mercredi.

Plusieurs élus fédéraux québécois ont exprimé leurs craintes que les employés de SNC-Lavalin paient le prix si l’entreprise pour laquelle ils travaillent est reconnue coupable. Cela vaudrait à la firme une interdiction d’obtenir des contrats fédéraux pendant 10 ans.

Plusieurs redoutent ainsi que des postes soient supprimés ou que l’entreprise aille s’installer à l’étranger.

«Nous devons nous assurer d’avoir des compagnies du calibre de SNC-Lavalin, qui est la plus grande entreprise canadienne [de sa catégorie]. Nous devons être certains de pouvoir livrer sur les grands projets que nous avons au Canada», a soutenu le ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne.

Le géant québécois de l’ingénierie et de la construction est accusé de fraude et de corruption pour avoir versé 48 millions $ en pots-de-vin à des responsables libyens dans le but d’obtenir des contrats gouvernementaux.

L’entreprise cherche toutefois à obtenir une entente hors cour qui mettrait fin à la poursuite contre elle, soit un accord de réparation.

Ce type d’entente est au cœur de l’affaire SNC-Lavalin qui a placé le gouvernement Trudeau dans l’eau chaude.

L’ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, accuse le premier ministre et son entourage d’avoir exercé des pressions indues et inappropriées sur elle afin qu’elle intervienne en faveur d’un accord de réparation.

Mercredi, celui qui a succédé à Mme Wilson-Raybould, David Lametti, n’a pas voulu indiquer si cette option était toujours possible en disant ne pas vouloir influer sur les processus judiciaires en cours.

Mise à part l’avenue d’un accord de réparation, Ottawa pourrait aussi décider de revisiter l’interdiction de soumissionner pendant 10 ans à une entreprise reconnue coupable de fraude ou de corruption. Cette question est présentement étudiée.

Le gouvernement Legault s’est de son côté montré disposé à soutenir financièrement SNC-Lavalin si celle-ci en exprime le besoin.

«Je suis là pour aider SNC s’ils ont besoin d’aide financière, ce qui n’est pas le cas présentement. Si un jour ils étaient pour avoir une difficulté quelconque, il faut être à l’écoute», a dit le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon.

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie