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La crise des opiacés fait stagner l’espérance de vie au Canada

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OTTAWA | Pour la première fois depuis au moins quarante ans, l’espérance de vie a cessé de progresser au Canada, une situation « en grande partie attribuable à la crise des opioïdes », a indiqué jeudi l’institut canadien de la statistique.

Le recul marqué de l’espérance de vie entre 2016 et 2017 en Colombie-Britannique, province de l’Ouest canadien la plus touchée par la crise des opiacés qui frappe l’Amérique du Nord, a en grande partie compensé la progression observée dans d’autres provinces et ainsi fait stagner la moyenne nationale, a expliqué Statistique Canada dans un communiqué.

« La crise des surdoses de drogue qui sévit au Canada est un facteur qui a grandement contribué à la variation observée dans l’espérance de vie de 2016 à 2017, surtout chez les hommes », selon l’agence fédérale.

« Les taux de décès attribuables à une surdose étaient 1,6 fois plus élevés chez les femmes et 2,1 fois plus élevés chez les hommes en 2017 qu’ils ne l’étaient en 2015 », a précisé Statistique Canada, soulignant que 4.108 décès en 2017 ont été liés à des overdoses.

L’espérance de vie au Canada, qui s’établit à 84 ans pour les femmes et 79,9 ans pour les hommes, a progressé en moyenne de 0,2 an par année entre 1990 et 2012 puis de 0,1 an jusqu’en 2016.

Plus de 10 000 personnes sont mortes d’overdoses au Canada depuis l’éclatement de la crise des opiacés début 2016, selon les statistiques les plus récentes du gouvernement canadien.

Face à la crise, Ottawa a débloqué près de 400 millions de dollars canadiens (266 millions d’euros) pour venir en aide aux gouvernements provinciaux, qui ont épongé l’essentiel des dépenses en soins de santé.

Par le passé, les victimes d’overdoses étaient surtout des consommateurs de drogue de longue date qui succombaient au puissant fentanyl, une drogue synthétique.

Mais il s’agit de plus en plus souvent désormais de personnes souffrant de maux chroniques qui ont développé une dépendance pour les antidouleurs prescrits par leur médecin, avant de se tourner vers les drogues illicites.