/finance
Navigation

Trump lance la ratification de l’accord nord-américain puis sème la confusion

Trump lance la ratification de l’accord nord-américain puis sème la confusion
Photo AFP

Coup d'oeil sur cet article

L’administration américaine a lancé jeudi le processus de ratification du nouvel accord de libre-échange liant États-Unis, Canada et Mexique, mais Donald Trump a semé le trouble en annonçant l’imposition à partir du 10 juin de tarifs douaniers sur les biens mexicains en rétorsion au problème d’immigration clandestine.

Un projet de «déclaration de mesure administrative» a été soumis au Congrès américain, ont indiqué les services du représentant au Commerce (USTR) Robert Lighthizer, qui ont négocié le traité.

Concrètement, cela signifie que l’administration Trump peut soumettre la loi d’application de l’accord États-Unis, Mexique, Canada (AEUMCA) au Congrès au plus tôt dans 30 jours, à compter de jeudi, a-t-on expliqué de source proche de la Maison-Blanche.

Ce nouveau traité doit remplacer l’accord de libre-échange nord-américain (Aléna) en vigueur depuis 1994, vivement critiqué par l’hôte de la Maison-Blanche.

La ratification de l’AEUMCA doit permettre aux trois pays de continuer de s’échanger des milliards de biens et services sans droits de douane.

L’annonce de Washington intervient dans le sillage d’Ottawa et de Mexico.

Mais la perspective d’une ratification rapide a été immédiatement douchée par Donald Trump, qui a annoncé jeudi soir l’imposition, à compter du 10 juin, «de tarifs douaniers de 5% sur tous les biens en provenance du Mexique» tant que les immigrés clandestins continuent d’affluer aux États-Unis en passant par la frontière avec le Mexique.

«Les droits de douane vont progressivement augmenter tant que le problème de l’immigration clandestine n’est pas résolu. À ce moment-là, les droits de douane seront levés», a expliqué le président républicain dans un tweet.

Le chef de cabinet de la Maison-Blanche Mick Mulvaney a tenté de séparer les deux dossiers.

«Ce ne sont pas des tarifs douaniers dans le cadre du conflit commercial, ce sont des tarifs douaniers dans le cadre du problème d’immigration», a-t-il déclaré lors d’une conférence téléphonique.

L’opposition des démocrates

La ratification pourrait aussi rencontrer l’opposition des démocrates. La présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a ainsi regretté le lancement du processus de ratification «avant que nous ayons terminé de travailler avec» Robert Lighthizer.

Ce processus marque une étape supplémentaire vers la ratification, mais ce n’est pas la dernière, a temporisé l’USTR. Ce projet «ne préjuge en rien du contenu (...) du texte final», a-t-il ajouté.

L’administration américaine a aussi pris le soin de préciser qu’il était encore possible de trouver des solutions aux problèmes soulevés par l’opposition, citant notamment le mécanisme de mise en œuvre du traité dans le domaine des droits du travail au Mexique.

La semaine dernière, les trois pays nord-américains étaient parvenus à franchir un obstacle de taille avec la levée des taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium en provenance du Canada et du Mexique, qui étaient en vigueur depuis le 1er juin 2018.

Comme préalable à tout processus de ratification, les deux pays exigeaient la suppression de ces tarifs douaniers. Ils avaient sur ce point le plein soutien de certains élus républicains américains.

Donald Trump avait imposé en août 2017 la renégociation de l’accord de l’Aléna, qualifiant ce traité de désastre pour l’économie et les travailleurs américains.

À l’issue d’âpres tractations, Washington, Ottawa et Mexico avaient conclu l’AEUMCA, le 30 septembre 2018, avant d’être signé formellement deux mois plus tard.

Le temps presse pour Donald Trump et ses ministres puisque les vacances parlementaires débuteront début août.

Le chef du gouvernement canadien Justin Trudeau a, lui, présenté mercredi au parlement canadien un projet de loi portant sur la ratification de l’accord, tandis que le président mexicain Andrés Manuel López Obrador a suivi jeudi en présentant l’accord pour ratification au sénat mexicain.