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Une juge force trois victimes de proxénétisme à venir témoigner

Un mandat d’arrestation a été lancé contre elles

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Pour les forcer à venir témoigner contre leur bourreau, une juge a ordonné qu’un mandat d’arrestation soit lancé contre trois victimes de proxénétisme qui refusent de se présenter en cour.

Le procès de Romuald Andy Aman, qui doit durer deux semaines, bat de l’aile. Les trois plaignantes, qui devaient se rendre au palais de justice en début de semaine pour raconter le calvaire qu’elles auraient vécu en juin 2016, ne s’y sont jamais présentées.

Depuis, les enquêteurs du Service de police de la Ville de Québec ont fait des pieds et des mains pour retrouver les plaignantes, qui seraient toujours dans le milieu. Jointes au téléphone, deux d’entre elles se sont montrées « hésitantes » en indiquant à l’enquêteur qu’elles ne souhaitaient plus venir en cour.

Mandats d’arrestation

Or, la Couronne tient à faire témoigner les présumées victimes du proxénète de 28 ans et une citation à comparaître a été envoyée à deux des plaignantes, par texto. Comme elles ne se sont pas présentées, la Couronne a demandé à la juge de lancer contre elles des mandats d’arrestation, ce à quoi s’est opposée la défense, affirmant que la transmission d’une assignation à comparaître par message texte n’était pas suffisante pour lancer un mandat.

Après réflexion, la juge Annie Trudel a tranché que des mandats d’arrestation devaient être lancés. Les plaignantes, qui n’ont pas été retrouvées depuis le début de la semaine, devront cependant être arrêtées ou se constituer prisonnières pour que le procès se poursuive.

Pour sa part, l’avocat d’Aman a déjà signifié son intention d’en appeler de la décision de la juge Trudel. Le procès est donc en suspens jusqu’à nouvel ordre.

Coaccusé coupable

Alors que le procès d’Aman est en suspens, son coaccusé Emmanuel-Ushindi Kanane purge une peine de cinq ans de pénitencier. Ce dernier avait plaidé coupable, donc sans qu’un procès ait lieu, à des accusations du même type que celles qui pèsent sur Aman, concernant les mêmes victimes.

Il a reconnu qu’il avait, en juin 2016, avec un complice, pris sous son aile deux fugueuses de 17 ans du Centre jeunesse de Québec et les avait forcées à se prostituer. Dans sa plainte, l’une des mineures dit avoir eu des relations avec pas moins de 30 hommes en 10 jours avant que les policiers ne mettent fin au stratagème.