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L'Enquête sur les femmes autochtones disparues conclut à un génocide canadien

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OTTAWA | Le Canada est coupable d’un génocide contre les Autochtones visant particulièrement les femmes, conclut l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées dans son rapport final qui sera dévoilé lundi.

«Le fondement de ce génocide repose sur les structures coloniales [...]. De ces structures découlent directement la hausse actuelle des taux de violence, de décès et de suicide au sein des populations autochtones», peut-on lire dans le sommaire du rapport obtenu par TVA Nouvelles. 

Après avoir entendu les témoignages de plus de 2300 personnes depuis septembre 2016, les commissaires de l’enquête concluent que «le génocide canadien» se perpétue par manque de volonté politique d’y remédier et une indifférence au sein de la population canadienne. 

«La violence coloniale, ainsi que le racisme, le sexisme, l’homophobie et la transphobie à l’endroit des femmes, des filles et des personnes [des communautés LGBTQ2] autochtones se sont immiscées dans la vie de tous les jours, que ce soit sous différentes formes de violence interpersonnelle, par le biais des institutions comme le système de santé et le système de justice, ou encore dans les lois, les politiques et les structures de la société canadienne», écrit-on. 

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Il en résulte que les Autochtones, en grandissant, normalisent la violence, ajoute-t-on. 

Les auteurs du rapport intitulé «Réclamer notre pouvoir et notre place» ne sont pas parvenus à chiffrer combien de femmes et de filles autochtones sont disparues ou ont été assassinées, mentionnant que des milliers de cas n’ont pas été signalés. 

Série de recommandations

Le rapport formule une foule de recommandations, dont celle de créer un poste d’ombudsman national des droits des Autochtones et des droits de la personne ainsi qu'un tribunal. Ces derniers devraient être complètement indépendants des gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral, écrit-on. 

On demande en outre que les langues autochtones soient reconnues comme langues officielles, au même titre que le français et l’anglais. On souhaite ainsi qu’elles profitent des mêmes protections. 

Les auteurs proposent également «de transformer immédiatement et radicalement les services de police autochtones afin qu’ils ne représentent plus simplement une délégation de services, mais l’exercice de l’autonomie gouvernementale et de l’autodétermination». 

Le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées doit être dévoilé lundi au cours d’une cérémonie au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau.