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Corey Hart veut séduire Québec

De passage au Centre Vidéotron le 6 juin, l'icône des années 80 a préparé des versions différentes de son spectacle selon la ville où il chantera

Corey Hart
Photo courtoisie, John Wagner Le chanteur Corey Hart amorce le 31 mai 2019 sa première tournée canadienne en 32 ans.

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Sortez vos verres fumés, Corey Hart est officiellement de retour. L’icône des années 1980 amorce ce soir, à Saint-Jean de Terre-Neuve, sa première tournée canadienne en 32 ans, et il a décidé pour marquer cette occasion spéciale de traiter ses fans aux petits oignons.  

Dans une longue entrevue accordée au Journal pendant les répétitions de la tournée Never Surrender, l’artiste montréalais a révélé que son spectacle, créé dans la foulée du lancement du EP Dreaming Time Again, se déclinera en plusieurs versions, selon la ville où il chantera.    

«Ce sera différent dans chaque région», promet Corey Hart.    

Par exemple, la gagnante de La Voix, Geneviève Jodoin, montera sur scène à Montréal et Québec seulement. Le duo Là-bas, avec sa femme Julie Masse, sera aussi une exclusivité québécoise.    

«Je me mets dans les souliers des fans, je me demande ce qu’ils voudraient entendre, et je sais qu’à Québec et Montréal, ils aiment cette chanson.»    

En plus de tous ses hits, le chanteur de 56 ans, récemment honoré au gala des prix Juno, a préparé des projections vidéo.    

En concert au Colisée de Québec en 1986.
Photo d'archives
En concert au Colisée de Québec en 1986.

L’information peut sembler banale... sauf pour un gars dont la dernière tournée remonte à 1987.    

«À mon époque, il n’y avait pas de projections vidéo. Maintenant, les gens sont habitués d’assister à des spectacles avec des écrans géants qui mettent de l’avant toutes sortes de concepts, pas juste l’image de l’artiste.»   

Quand tout a commencé, à l’époque de <i>Sunglasses At Night</i> .
Photo d'archives
Quand tout a commencé, à l’époque de Sunglasses At Night .

«Plus rien de mystique»  

À son époque, pour poursuivre dans la même veine, les réseaux sociaux n’existaient pas non plus. Poussé par son entourage professionnel à enchaîner les publications, Corey Hart affirme avoir des «sentiments partagés» vis-à-vis de ce moyen de communication.    

«Je trouve que c’est un peu fanatique. Maintenant, tout est montré. Il n’y a plus rien de mystique qui existe autour des artistes. Je dis souvent à Julie que je ne comprends pas pourquoi les artistes montrent ce qu’ils mangent pour déjeuner à leurs fans», se désole-t-il.    

Mais les réseaux sociaux, concède-t-il immédiatement, n’ont pas que des aspects négatifs.    

«Dans les années 1980, j’aurais aimé avoir l’opportunité de parler directement à mes fans sans devoir passer par la télévision avec 20 secondes seulement pour m’exprimer. L’autre jour, j’ai écrit un message sur Facebook qui a été vu par 115 000 personnes. C’est incroyable!»    

Ne plus dire adieu  

Avec son épouse Julie Masse, au Centre Bell, en 2014.
Photo d'archives, Agence QMI
Avec son épouse Julie Masse, au Centre Bell, en 2014.

S’il est une chose qu’il ne dira certainement plus à ses admirateurs, c’est le mot adieu. En 2014, Corey Hart avait juré que le concert de type bilan de carrière qu’il présentait au Centre Bell était son tout dernier.    

«Plus jamais», avait martelé celui qui avait déjà mis ses activités en veilleuse depuis plusieurs années pour élever sa famille aux Bahamas avec sa douce Julie Masse.    

Ça n’a finalement pas été long avant que le chanteur rejoigne le «Club des stars incapables de dire adieu à la scène».    

Le couple Hart-Masse avec leurs quatre enfants lors de la soirée des Juno, en mars dernier. De gauche à droite : River, Dante, India et Rain.
Photo d'archives
Le couple Hart-Masse avec leurs quatre enfants lors de la soirée des Juno, en mars dernier. De gauche à droite : River, Dante, India et Rain.

«Pourtant, plaide-t-il, quand j’ai dit ça, j’étais certain à 100 % dans ma tête. C’est comme un couple qui se marie et se dit que c’est pour la vie. Ils sont honnêtes sur le moment. J’ai appris ma leçon», avoue celui qui n’aurait pas repris la route sans le soutien de sa femme et ses quatre enfants.    

«Ils n’ont jamais voulu que je dise adieu. Dans les années qui ont suivi, Julie et mes enfants m’ont souvent dit qu’ils voulaient que je refasse des spectacles parce qu’ils aimaient ça.»    

Leur vœu sera exaucé à compter de ce soir.    

♦ Corey Hart sera au Centre Vidéotron le 6 juin et au Centre Bell le 15 juin.  

♦ Le mini-album Dreaming Time Again a été lancé le 3 mai dernier.  

Dérangeantes oreillettes    

Quand il a appelé Le Journal, Corey Hart était en pleine répétition et se débattait avec ses oreillettes, un outil devenu essentiel pour les chanteurs, mais qui n’existait pas, il y a 32 ans. «Je suis un poisson sorti de l’eau, mais je vais m’habituer, j’imagine», a-t-il blagué en confessant son inconfort.    

«Aux Juno Awards, j’avais de la misère. Quand je chantais Never Surrender, j’avais les deux oreillettes dans les oreilles, puis quand je suis allé faire Sunglasses At Night, j’en ai enlevé une parce que j’avais de la difficulté à bien m’entendre et je n’ai pas tout à fait bien chanté. Mais c’est pas grave (rires).»    

Le conseil de Clapton     

Eric Clapton
Photo WENN.com
Eric Clapton

On l’oublie parfois, mais Corey Hart a côtoyé de grands artistes. Qu’on pense à Billy Joel et Eric Clapton, au début de sa carrière, et Céline Dion, pour qui il a écrit et produit des chansons dans les années 1990. Dans le lot, l’ex-Cream lui a fait une forte impression quand il avait joué de la guitare sur la chanson Jenny Fey, de l’album First Offense. «Il avait dit que j’avais plein de talent comme auteur et que je devais continuer d’écrire des chansons de haute qualité.» Si Clapton le dit...    

Non à la pub    

Corey Hart affirme avoir refusé des offres alléchantes de commandite de grandes marques de lunettes soleil à l’époque du succès Sunglasses At Night. Ray-Ban, dont il portait une monture dans le vidéo-clip de la chanson, était particulièrement insistante. La compagnie souhaitait même que Hart chante «I wear my Ray Ban at night» dans la pub. Pour le jeune Corey, c’était hors de question. «À 22 ou 23 ans, je voyais ça comme de la prostitution. Peut-être que j’ai été trop idéaliste», dit-il aujourd’hui, en songeant aux dollars qu’il a laissés sur la table.    

Pas un mentor    

Pendant qu’il se tenait loin des projecteurs, Corey Hart a tenté de lancer les carrières de Marie-Christine Depestre et Jonathan Roy, via le label Siena Records. Or, le boulot de mentor, a-t-il découvert, n’est pas pour lui. «C’était un peu frustrant de vouloir que les artistes avec qui je travaille fassent ce que je voulais qu’ils fassent, comme si c’était moi. Mais ils ne sont pas moi. Ils ont leur propre chemin et je trouvais difficile de savoir où se trouvait ma place.»