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Détenu à Dubaï: les proches d'André Gauthier craignent pour sa sécurité

André Gauthier
Photo courtoisie André Gauthier

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Le Québécois détenu à Dubaï aurait été interrogé par cinq policiers pendant plusieurs heures ce matin sans avoir pu être représenté par son avocat ou soutenu par des diplomates canadiens, selon son fils.

Le calvaire d’André Gauthier, détenu – injustement selon sa famille – relativement à une affaire de détournement de fonds touchant une entreprise aurifère, se poursuit. Il a été livré aux autorités de Dubaï plus tôt cette semaine.

La famille de M. Gauthier a tenté par tous les moyens d’éviter son extradition vers les Émirats arabes unis (EAU), craignant qu'il soit emprisonné à vie.

L’avocate britannique chargée du dossier, Me Radha Stirling, et les proches du détenu craignent que ses droits soient bafoués ou qu’il soit torturé.

«Les EAU sont reconnus pour ne pas respecter les droits de la personne», laisse tomber l’avocate.

Elle ajoute que les EAU sont réputés pour soutirer des aveux forcés aux détenus, la tenue de procès inéquitables, les détentions sans preuve, des violations des droits de la personne et des actes de torture.

Un ressortissant britannique, Lee Bradley Brown, a été tué en garde à vue. Trois témoins ont attribué sa mort à la violence policière, rappelle Me Stirling.

Le fils du détenu, Alexis Gauthier, indique lui avoir parlé deux à trois fois dans les derniers jours.

«Là, c’est la fin de semaine, et on sait que rien ne se réglera d’ici dimanche. Nous ne savons pas ce qui s’en vient et les ambassades ne peuvent plus rien faire», se désole-t-il.

Alexis Gauthier indique qu’il n’a aucune preuve que le ministère des Affaires étrangères ait tenté quoi que ce soit pour rapatrier son père.

«On dit qu’il y a un suivi, mais on veut un lead, que le gouvernement fasse un move, répète-t-il. On va chercher les soldats blessés dans une guerre, mais rien ne se fait pour mon père.»

Il ajoute qu’il y aurait des pourparlers afin que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, contacte son homologue omanais la semaine prochaine, mais le laxisme qu’il dénonce depuis le début dans ce dossier ne lui laisse que peu d’espoir.

Me Stirling indique pour sa part que les gouvernements étrangers ne devraient pas faire confiance à leur homologue des EAU en se contentant de «suivre les procédures habituelles» dans de telles situations.

«Si les EAU avaient suivi les normes occidentales en matière de procédure, André ne se trouverait pas dans cette situation difficile», termine-t-elle.