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«Jo, arrête de conduire, un jour tu vas finir par tuer quelqu’un»

Plusieurs «absences» et «crises» observées par les collèges de travail de Falardeau-Laroche

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Au procès de Jonathan Falardeau-Laroche, accusé de négligence criminelle ayant causé la mort de Marie-Pier Gagné, une femme enceinte de 40 semaines happée sur le boulevard Laurier en 2016, trois ex-collègues de l’accusé sont venus témoigner.

Ceux-ci travaillaient au lave-auto détenu par le père de Falardeau-Laroche dans les années précédant le drame. Dans les trois cas, les ex-collègues ont affirmé avoir été témoins «d’absences» ou de «crises» pendant qu’ils travaillaient avec l’accusé.

Un des employés a notamment indiqué avoir vu l’accusé assis dans l’eau, par terre, en «arrosant en l’air». «Surpris» par le comportement, Alexandre Royer a affirmé que l’accusé, une fois revenu à lui, a expliqué être épileptique.

Les trois employés ont indiqué que le nombre de crises a augmenté lorsque Falardeau-Laroche a changé de médication. Selon M. Royer, l’accusé faisait alors deux à trois absences par jours, «mais pas tous les jours».

Plusieurs avertissements

Les trois ex-collègues ont affirmé l’avoir averti de ne plus conduire en raison de ses crises d’épilepsie. «Il n’écoutait pas», a dit l’un d’entre eux. «Il nous chicanait», a indiqué un autre.

De façon tristement prémonitoire, en raison d’une nouvelle «absence» survenue en matinée, le vendredi précédant le 10 août 2016, Alexandre Royer aurait dit : «Jo, arrête de conduire, un jour tu vas finir par tuer quelqu’un».

Son collègue Stéphane Lavoie lui aurait aussi signalé de ne pas attendre de faire un accident avant d’arrêter de conduire. «Je n’étais pas d’accord qu’il continue de sortir les véhicules du garage», a-t-il dit.

Le témoignage du neurologue admissible

Plus tôt en matinée, le juge Pierre Rousseau a retenu le témoignage du neurologue traitant de l’accusé malgré la requête en arrêt des procédures présentée par la défense pour destruction de preuve.

Selon la thèse de Me Simon Roy, la destruction des notes manuscrites prises par le docteur pendant la consultation ainsi que d’un fichier audio de la dictée du rapport de consultation cause un préjudice à l’accusé. Le rapport de consultation papier a toutefois été déposé dans la preuve.

Or, selon le juge, l’enquêteur au dossier, David Gionest, tout comme le tribunal n’a été informé de la façon de faire du médecin lors de l’enquête préliminaire seulement. Le document audio n’est conservé que 10 jours dans les archives de l’hôpital avant d’être effacé, soit le 20 août.

Ainsi, «aucune preuve de la destruction de mauvaise foi n’a été présentée, au contraire», a tranché le juge.