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La clinique SABSA veut «éradiquer» l’hépatite C

La coopérative a traité un nombre record de patients défavorisés l’an passé

Marie-Christine Leclerc, infirmière, de la clinique SABSA, Amélie Bédard, coordonnatrice, Pascal (patient), et Simon Vermette, intervenant.
Photo Jean-François Desgagnés Marie-Christine Leclerc, infirmière, de la clinique SABSA, Amélie Bédard, coordonnatrice, Pascal (patient), et Simon Vermette, intervenant.

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La coopérative sans médecin SABSA a identifié un nombre record de 220 personnes atteintes de l’hépatite C à Québec en 2018, « un petit exploit » considérant le statut défavorisé de ces patients et l’absence de symptômes qui caractérise souvent cette maladie.

Les efforts de la clinique du quartier Saint-Roch ont permis à 193 patients infectés d’amorcer un traitement, ce qui en fait la campagne ayant connu le plus de succès parmi la quinzaine de projets de microélimination du virus subventionnés au pays par la compagnie pharmaceutique Gilead Canada l’an dernier.

C’est une hausse substantielle par rapport aux 150 patients traités en 2017 par la coopérative. « On peut dire que c’est un petit exploit », dit humblement Amélie Bédard, coordonnatrice.

La clinique travaille ni plus ni moins à « éradiquer » l’hépatite C, une inflammation qui peut mener à la cirrhose (maladie du foie) et même au cancer du foie si elle n’est pas prise en charge.

Est-ce un objectif réaliste ? « C’est une bonne question. Je ne le sais pas, mais j’aimerais croire que oui. Je pense que le seuil peut diminuer, mais il restera toujours des cas marginaux, évidemment », répond Mme Bédard.

Clientèles

Fidèle à sa mission, le personnel de SABSA a orienté ses interventions vers les consommateurs de drogue, les itinérants et les personnes souffrant de maladies mentales, autant de clientèles moins enclines à se rendre dans le réseau de la santé traditionnel.

Sans ce travail de terrain, « il y a bien des gens qui seraient laissés pour compte », reconnaît Amélie Bédard. On estime pourtant que 70 % des personnes utilisatrices de drogues par injection sont infectées par l’hépatite C, contre 0,8 % de la population canadienne.

« Ce sont quand même des médicaments d’exception. Il faut que les infirmières fassent des démarches auprès de la RAMQ, faire autoriser le traitement, s’assurer que les gens vont bien aller à la pharmacie chercher le médicament, qu’ils viennent prendre leur prise de sang de suivi, mais aussi qu’ils ont de la nourriture dans le frigo et qu’ils sont bien logés », énumère Mme Bédard.

De longue haleine

Amélie Bédard espère que ce travail de longue haleine sera éventuellement payant. « C’est sûr que ça demande un minimum de prise en charge, de suivi et d’accompagnement, mais on pense que ça vaut la peine et que c’est important. Il y a juste à voir la fierté dans les yeux de quelqu’un qui a guéri », dit-elle.

L’augmentation du nombre de personnes traitées par la clinique sociale ne signifie pas pour autant que le virus est en recrudescence à Québec, précise Mme Bédard. « C’est juste qu’on rejoint mieux les patients », analyse-t-elle.

La clinique estime que le succès de son programme milite en faveur d’un meilleur financement de ses activités par le gouvernement du Québec.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a renouvelé son appui à l’organisme au début du mois de mai, mais la hauteur de la subvention fait toujours l’objet de pourparlers.

Dépistage de l’hépatite C par la coopérative SABSA

  • 220 porteurs du virus identifiés en 2018.
  • 890 personnes traitées depuis 2011.

L’hépatite C au Québec

  • 40 000 à 75 000 personnes infectées dans la province

Sources : Coopérative SABSA et Institut national de santé publique du Québec