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Le cinéaste Jean-Claude Labrecque n'est plus

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MONTRÉAL – Un autre grand nom du cinéma québécois n'est plus. Jean-Claude Labrecque est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, a annoncé l'agence IXION Communications. Il avait 80 ans.

Réalisateur, directeur photo, scénariste et producteur de nombreux films d’ici, l'artisan s'est éteint entouré de ses trois fils. Il laisse aussi dans le deuil sa femme et son petit-fils.

Jérôme Labrecque, l’un des fils du cinéaste, a partagé un mot à l’animatrice Sophie Durocher, qui l'a lu dans son émission sur les ondes de QUB radio. «Ces trois fils, Francis, Martin et Jérôme, nous avons accompagné Jean-Claude jusqu’au dernier souffle. Il est parti à 2 h 45 du matin, il nous a quittés tout doucement, comme à la fin d’un film, dans un lent fondu au noir».

En juin 2012, Jean-Claude Labrecque avait été hospitalisé pour un malaise cardiaque, la veille de son 74e anniversaire. Le lendemain, il était attendu au lancement d’un DVD lui rendant hommage. Malgré la douleur, il insistait pour être présent à l’événement selon ses proches, mais il n’avait finalement pas pu s’y présenter.

Regards sur l'histoire du Québec

Né le 19 juin 1938 à Québec, Jean-Claude Labrecque compte parmi les incontournables du septième art d'ici. En plus de 50 ans de carrière, il a réalisé une quarantaine de longs métrages ainsi que trois téléséries, il a signé la photographie de près de 70 films et a aussi été président de la Cinémathèque québécoise, des Rendez-vous du cinéma québécois ainsi que du Conseil des anciens Jutra.

Alternant les fictions et les documentaires, il a raconté les grands événements sociopolitiques qui ont marqué le Québec, tout en développant une signature très personnelle issue de la mouvance du cinéma direct.

Au cours des années 1960, il a notamment collaboré, à titre de directeur photo, avec Claude Jutra sur le plateau d'«À tout prendre», Gilles Groulx pour «Le chat dans le sac» et Gilles Carle derrière les caméras de «La vie heureuse de Léopold Z.».

On lui a également confié la tâche de documenter certains événements d’importance, comme la visite du général de Gaulle au Québec en 1967.

Par la suite, ses documentaires ont souvent mis en lumière des Québécois d’exception, notamment le chansonnier Claude Léveillée, l'homme de théâtre Émile Legault et le musicien André Mathieu.

C’est en 2003 qu’il a réalisé «À hauteur d'homme», un documentaire d’une rare force dramatique dressant le portrait intime du premier ministre péquiste Bernard Landry jusqu'à la défaite de son parti aux élections générales tenues cette année-là. Un film qui lui a d’ailleurs valu le Jutra du meilleur documentaire.

Plus récemment, il a été directeur photo sur les plateaux des longs métrages «La neuvaine» et «Contre toute espérance» du cinéaste Bernard Émond.

Nombreux hommages

Au cours de son parcours échelonné sur près de cinq décennies, on a maintes fois salué le talent de Jean-Claude Labrecque. Durant les années 2000 seulement, il a reçu l'Ordre national du Québec en 2009, est devenu membre de l'Ordre national du Canada l'année suivante et a mis la main sur le prix Hommage à La soirée des Jutra en 2012.

Son fils Jérôme a également souligné sa carrière prolifique, lui consacrant, en 2001, un documentaire intitulé «Jean-Claude Labrecque, cinéaste contemporain». Le film présente une panoplie d’archives, d’anecdotes et de faits racontant des bribes de la vie personnelle de l’homme, tout en éclairant la démarche professionnelle du cinéaste.

► Louise Portal et Chantal Renaud lui ont rendu hommage au micro de QUB radio: 

 

 

Ils ont dit:

La ministre de la Culture et des Communications Nathalie Roy sur Twitter: «Le milieu du cinéma est à nouveau en deuil de l’un de ses grands cinéastes. Jean-Claude Labrecque dont la carrière a été maintes fois primée nous a quittés. Nos pensées accompagnent ses proches».

Le ministre du Patrimoine canadien Pablo Rodriguez sur Twitter: «Un grand homme du cinéma nous a quittés... Jean-Claude Labrecque avait tout un parcours et une réelle passion pour son métier. Mes sympathies à sa famille et ses proches».

La mairesse de Montréal Valérie Plante sur Twitter: «C’est un maître et un pionnier du cinéma qui nous quitte. Jean-Claude Labrecque laisse derrière lui une œuvre qui témoigne comme nulle autre de la transformation culturelle, sociale et politique du Québec. Mes pensées accompagnent ses proches».

Le réalisateur, producteur et scénariste Fernand Dansereau: «Il a ramassé de grands bouts de langue québécoise. On aurait dit qu'il avait le don de ramasser et de recueillir ce qui avait de meilleur des autres. J'ai du chagrin».

L’Office national du film du Canada sur Twitter: «À la mémoire de Jean-Claude Labrecque (1938–2019). L’ONF est en deuil alors que le cinéma québécois perd un autre pionnier. Directeur photo, monteur et cinéaste émérite, Labrecque a fait de sa passion une carrière pendant plus de 50 ans».

Québec cinéma sur Twitter: «Nous avons le regret d'apprendre le décès de Jean-Claude Labrecque à 80 ans».

Téléfilm Canada sur Twitter: «Nous sommes attristés d'apprendre le décès de l'un des pionniers du cinéma québécois, Jean-Claude Labrecque. Nos plus sincères condoléances à sa famille».

Le président et chef de la direction de Québecor Pierre Karl Péladeau sur Twitter: «Hommage à Jean-Claude Labrecque, un pionnier de notre cinéma. Par sa lentille, il portait un regard unique et singulier sur nous, sur notre histoire et sur les grands événements qui ont fait qui nous sommes. Merci monsieur Labrecque!»

Cinémathèque QC sur Twitter: «Nous avons appris avec tristesse la disparition de Jean-Claude Labrecque, exceptionnel cinéaste et directeur photo. Il laisse derrière lui une œuvre considérable qui nous accompagnera longtemps. Nos condoléances à sa famille et à ses proches. Le Québec perd un monument».

Le comédien Patrice Coquereau sur Twitter: «Le réalisateur Jean-Claude Labrecque est mort. Quelle triste nouvelle. Cet homme affable m’a enseigné. Je l’ai toujours aimé et respecté comme humain et réalisateur

Le comédien Patrice Godin sur Twitter: «Un autre qui s’en va. Au revoir, Monsieur Labrecque. Ç’a été un plaisir de travailler avec vous!»