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Le ministre Fitzgibbon se prépare à restructurer Investissement Québec

Les représentants syndicaux des employés visés craignent l’ingérence politique

Le ministre Fitzgibbon se prépare à restructurer Investissement Québec
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Le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon se prépare à fusionner des services de son ministère avec Investissement Québec, ce qui fait redouter des cas d’ingérence politique chez les représentants des employés, a appris notre Bureau d’enquête.  

M. Fitzgibbon devrait déposer très prochainement un projet de loi qui lui permettra d’aller de l’avant, ont indiqué les deux syndicats des employés concernés par ce changement.   

Les 22 et 23 mai derniers, le sous-ministre à l’Économie David Bahan ainsi que des représentants des ressources humaines du ministère ont présenté aux employés les grandes lignes de cette restructuration, nous a-t-on affirmé.   

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Selon les informations disponibles, la fusion avec Investissement Québec viserait les services aux entreprises, ce qui inclut les bureaux régionaux, ainsi que le service des exportations.   

Les employés visés quitteraient donc la fonction publique pour être intégrés à Investissement Québec, une société d’État qui a pour mandat le développement économique.   

Un projet de loi pourrait être déposé par M. Fitzgibbon dès la semaine prochaine, affirme le Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), sur la foi des informations reçues par ses membres.   

L’attaché de presse du ministre, Mathieu St-Amand, n’a offert aucun démenti. «Je ne peux confirmer ni infirmer ces informations», a-t-il dit.   

Influence  

Opposé à cette fusion, le président du SFPQ, Christian Daigle, a exprimé ses craintes devant les motifs fournis aux employés pour expliquer le projet. Selon le SFPQ, la haute direction du ministère a soutenu que cela «faciliterait» le traitement «des dossiers politiques».   

M. Daigle craint que la fusion ouvre la porte à de l’ingérence, d’autant plus que M. Fitzgibbon a récemment été la cible de critiques faisant état de son laxisme en matière d’éthique.   

«L’administratif ne doit pas être corrompu par le politique, ne doit pas avoir d’influence politique», a-t-il dit en plaidant pour l’indépendance de la fonction publique.   

Le syndicat n’ayant jusqu’ici pas été informé officiellement du projet, M. Daigle réclame une rencontre avec les autorités ministérielles. Actuellement, le nombre d’employés qui serait touché est inconnu et les cadres ne savent pas quoi leur dire.   

«Les gestionnaires n’ont aucune idée de ce qui se passe présentement», dit M. Daigle en entrevue.   

Inquiétudes  

Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, a confirmé lui aussi les changements annoncés récemment.   

«J’ai entendu des membres individuellement se plaindre de ça, ils étaient très inquiets», a-t-il dit.   

Le SPGQ ne dispose d’aucune information sur le projet de fusion.   

«On aurait apprécié être consultés avant», a dit M. Perron.