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Les inondations de 2019 auraient pu être pires

Un réseau universitaire lancera plusieurs recherches pour éviter ces catastrophes

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Photo d'archives

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GATINEAU | Les catastrophiques inondations du printemps auraient pu être pires si le Québec avait connu les mêmes fortes pluies et le même dégel rapide qu’en 2017, selon un chercheur à la tête d’un vaste réseau universitaire visant à prévenir ces désastres.

« On a eu de la chance cette année un peu [...], mais on se rend compte que l’ampleur grossit. Jusqu’où ça va aller pour qu’on prenne la mesure de l’ampleur des changements qu’on vit et de l’effort collectif qu’on doit faire », souffle Philippe Gachon, qui dirige le nouveau Réseau Inondations intersectoriel du Québec (RIISQ).

Selon le professeur au département de géographie de l’UQAM, l’hiver hâtif, qui a gelé tôt les sols encore gorgés d’eau, peut expliquer l’immense crue vécue ce printemps.

120 chercheurs

Il a profité du congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS) pour souligner la tâche colossale qui attend les 120 chercheurs de 16 établissements universitaires regroupés dans le RIISQ.

Lancé en décembre 2018, ce réseau devait servir à trouver des solutions aux inondations de 2017. Mais les six dernières semaines sont venues confirmer l’urgence d’agir.Avec un budget de 1,5 million $ pour trois ans, le RIISQ financera divers travaux de recherche pour des solutions à long terme et mettre fin au « patchage » des problèmes.

« On n’a pas le choix tous ensemble de se retrousser les manches et de se serrer les coudes », dit-il, lançant un appel à l’aide aux gouvernements. « C’est une question de sécurité et de santé publique », poursuit-il.

Surveillance

Parmi les travaux à venir, il évoque le besoin de développer un système de surveillance des crues à venir.

Il croit que si les municipalités peuvent être prévenues des mois à l’avance de l’impact qu’auront les quantités de neige, de l’état des sols ou des précipitations sur les rivières, elles pourront mieux se préparer.

Le chercheur estime que des endroits surpris par les inondations, comme Sainte-Marthe-sur-le-Lac, où divers déchets toxiques ont été emportés par les eaux, auront besoin d’analyses sur la contamination des sols.

Philippe Gachon rappelle aussi que la santé des sinistrés qui ont vécu deux inondations en trois ans devra aussi faire l’objet d’études, car des événements si intenses peuvent engendrer une grande détresse psychologique. Il s’interroge aussi sur l’impact économique de ces catastrophes, puisque des entreprises ont soit été inondées, soit se sont vues privées d’employés pendant des semaines.