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Les relations Chine/États unis au centre du forum de sécurité asiatique de Singapour

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La lutte d’influence entre les États-Unis et la Chine en Asie a dominé vendredi l’ouverture d’une conférence de sécurité régionale à Singapour, avec une rencontre des ministres de la Défense des deux pays aux résultats limités.

Le chef du Pentagone Patrick Shanahan et le ministre chinois de la Défense Wei Fenghe ont discuté pendant une vingtaine de minutes des moyens d’approfondir les relations militaires entre leurs deux pays en marge du forum annuel Shangri-La Dialogue, auquel le ministre chinois participait pour la première fois depuis 2011. 

Les tensions bilatérales entre les deux puissances sont exacerbées par l’actuelle guerre commerciale entre Pékin et Washington, dans une région riche en zones potentielles de conflit, des îlots contestés de la mer de Chine à la péninsule coréenne en passant par le détroit de Taïwan. 

« Un certain consensus »

Un porte-parole du ministère chinois de la Défense, Wu Qian, a indiqué pour sa part que les deux ministres avaient discuté de la situation sur la Péninsule coréenne et « d’autres questions d’intérêts communs », ajoutant qu’ils étaient parvenus à « un certain consensus ». 

M. Wei a évoqué la question de Taïwan, que la Chine considère comme une partie de son territoire mais dont Washington est l’allié le plus puissant et le principal fournisseur d’armement. « Il a souligné que les États-Unis avaient récemment multiplié les commentaires et les agissements négatifs sur cette question », a ajouté le porte-parole chinois. 

« En ce qui concerne la défense de notre souveraineté nationale et notre intégrité nationale, les États-Unis ne devraient pas sous-estimer la détermination, la volonté et les capacités de l’armée chinoise », a-t-il prévenu. 

En début de semaine, le président américain Donald Trump avait utilisé le cadre d’un navire de guerre américain basé au Japon pour évoquer la puissance militaire « redoutable » des États-Unis. 

Les États-Unis, qui reprochent à Pékin d’avoir militarisé plusieurs îlots de la mer de Chine méridionale revendiqués par d’autres pays de la région, mènent régulièrement des opérations dites de « liberté de navigation » dans le Pacifique, en survolant l’espace aérien international ou en faisant naviguer des navires de guerre près des archipels disputés. 

« Excessif »

Alors que Pékin assure qu’il s’agit d’une posture purement défensive, M. Shanahan a estimé que l’importance des équipements déployés sur ces îlots paraissaient « exagérée » s’ils ne devaient être que défensifs. 

« Des missiles sol-air, des pistes d’atterrissage longues ... Tout ça semble excessif », a-t-il dit à un groupe de journalistes. 

La présence de M. Wei au Dialogue de Shangri-La, un forum annuel organisé par le centre de réflexion International Institute of Strategic Studies (IISS), est considérée comme le signe que Pékin refuse de plier sur cette question. 

« Les Chinois veulent être là pour donner leur version des faits », explique Shawn Ho, du centre de recherche S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour. 

Dans un discours ouvrant formellement le forum dans la soirée, le Premier ministre de Singapour Lee Hsien Loong a souligné que « les relations entre les États-Unis et la Chine sont les plus importantes actuellement dans le monde », appelant les deux pays à coopérer. 

« Même en l’absence de conflit ouvert, une période prolongée de tensions et d’incertitudes serait extrêmement destructrice », a-t-il souligné. 

M. Shanahan doit détailler samedi dans un discours la stratégie des États-Unis dans le Pacifique. 

M. Wei lui répondra dimanche par un discours où, selon une source de la délégation chinoise, il présentera la conception chinoise du rôle de la Chine sur la scène internationale et où il répondra aux critiques sur les revendications territoriales en mer de Chine. 

« La “menace chinoise” est un problème qui n’existe pas. Nous sommes ici pour corriger cette idée fausse », a ajouté cette source ayant requis l’anonymat.