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Mode de scrutin: les réformes qu’on n’osera jamais faire

Mode de scrutin: les réformes qu’on n’osera jamais faire
Photo d'archives, Agence QMI

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La plupart des élus au Québec ne représentent pas la majorité de leurs électeurs. Une simple pluralité, même pas des inscrits sur les listes électorales, mais de ceux qui sont allés voter. Ça se retrouve à des degrés divers aux élections municipales, à l’Assemblée nationale et à la Chambre des communes.

Comment faire pour rendre notre système électoral plus représentatif? D’abord, prendre des mesures pour amener plus d’électeurs paresseux ou indifférents à voter.

Moi je favoriserais un système de récompense pour les citoyens consciencieux. Vous allez voter, félicitations, vous allez payer moins cher la prochaine fois que vous aurez besoin d’un permis. On fait ça dans certains pays. Ceux qui utilisent le transport en commun paient plus cher s’ils n’ont pas voté. Comme au Québec, tout le monde compte sur l’État pour des services, des autorisations ou des chèques quelconques, je suis convaincu que cela augmenterait la participation.

On pourrait aussi faire comme l’Australie qui pratique le vote obligatoire et l’inscription automatique sur les listes électorales de tous ses citoyens de 18 ans et plus. Les résultats sont probants : 95 % des électeurs australiens participent aux scrutins. Les absents doivent se justifier. Si le citoyen récalcitrant n’a pas de raisons valables (maladie, absence du pays, etc.), il doit payer une amende. S’il refuse de payer, il est trainé devant les tribunaux où il peut être condamné à une amende plus importante. Le refus obstiné de se soumettre à la loi électorale peut aboutir à une condamnation à des travaux communautaires, à quelques jours de prison ou à la saisie de biens.

Toujours en Australie, différentes formes de vote préférentiel sont aussi appliquées. Elles permettent aux électeurs de numéroter les candidats sur le bulletin de vote dans leur ordre de leur préférence. Le candidat détesté par la majorité des votants n’ayant aucune chance d’être élus même si une forme de proportionnelle est en vigueur.

Soulignons, en passant, qu’en Australie, les fous et certains prisonniers n’ont pas le droit de vote contrairement à la situation au Québec où on installe des boîtes de scrutin dans les asiles psychiatriques et les prisons.

Pour s’assurer que tous les élus ont l’appui de la majorité de leurs commettants, on devrait aussi adopter le vote uninominal à deux tours, comme c’est le cas dans une bonne partie des pays démocratiques de la planète, dont la France. Notre système actuel à un seul tour rend pratiquement impossibles des résultats majoritaires dès qu’il y a plus de deux candidats dans une circonscription, c’est-à-dire dans la plupart des cas. Ajouter un second tour favorise également les coalitions et les ententes entre partis. Ce qui n’est pas une mauvaise chose.

Ça pourrait même être payant pour l’État si Loto-Québec proposait un système de paris sur les résultats au second tour dans les élections où les reports de voix ne sont pas évidents : une autre façon d’intéresser les moins dégourdis aux élections. Je plaisante, bien sûr. À peine!

Et la représentation proportionnelle, le scrutin de liste, ne serait-ce pas une façon de rendre nos élections plus démocratiques? On se retrouve avec six, sept, huit partis à l’assemblée. C’est la recette pour paralyser l’action gouvernementale en multipliant les crises politiques. Voir ce qui se passe dans de nombreux pays. Veut-on vraiment s’inspirer de l’Italie?

Et la parité sexuelle alors? Moi je veux les meilleurs élus, quel que soit leur sexe. Et si l’on va vers une forme de représentation sexuée obligatoire, qu’est-ce qu’on fait des LGBT? Et si l’on glisse sur cette pente, et qu’on veut un portrait «équilibré» de l’électorat, ne faudrait-il pas aussi une représentation en fonction des groupes d’âge!