/news/currentevents
Navigation

Malaise à Bibliothèque et Archives nationales du Québec concernant le père Alexis Joveneau

Coup d'oeil sur cet article

 Malgré des dizaines d'allégations d'agression sexuelle qui pèsent sur le père Alexis Joveneau, il semble que Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) continue d’utiliser le nom du défunt prêtre de la Côte-Nord. 

 Celui qui a tristement été surnommé le monstre de la Basse-Côte-Nord était missionnaire de 1953 à 1992 dans les communautés d’Unamen Shipu et de Pakuashipi. 

 Lors des audiences de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées, des dizaines de femmes ont raconté les agressions sexuelles dont elles auraient été victimes de la part de Joveneau lorsqu’elles étaient mineures. 

 Après la diffusion de reportages du Journal de Montréal, environ 70 victimes présumées étaient inscrites dans une demande d’action collective. 

 Malgré les allégations de toutes ces présumées victimes, BAnQ a d’abord refusé de retirer le nom du père Alexis Joveneau d'un fonds de photos qui existe toujours aujourd’hui. 

 Un avertissement a été ajouté aux photos concernant les allégations d’agression sexuelle dont le père Joveneau fait l’objet et la procédure judiciaire en cours contre les Oblats de Marie-Immaculée. 

 La société d’État a ouvert une porte et a laissé savoir qu’elle procéderait à certaines vérifications. 

 «Je vais demander à nos équipes d’archivistes de revoir ça, on va voir les communautés autochtones pour connaître leur point de vue. On va revoir ce que demandent la commission vérité, la Déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies», a indiqué Jean-Louis Roy, PDG de BAnQ. 

 «S’il y a des ajustements qui sont requis, on va les faire dans la mesure où les documents restent accessibles, facilement reconnaissables. Si une victime a besoin de savoir si on a des choses, elle doit pouvoir le savoir», a poursuivi M. Roy. 

 Cette décision de BAnQ pourrait avoir des conséquences pour les victimes présumées du père. 

 «Ça peut faire revivre des traumatismes, ça peut faire revivre des états d’âme, ce qui veut dire que le côté émotionnel, la colère, encore une fois, ça peut être tout le dégoût qu’une victime peut avoir vécu par rapport à ces actes», a dit Viviane Michel, de Femmes autochtones Québec. 

 La communauté d’Unamen Shipu est toujours affectée par les agissements présumés du prêtre. La dépouille du père Joveneau y est toujours enterrée et les gens, particulièrement les présumées victimes, voudraient que ses restes soient déplacés.