/sports/hockey
Navigation

Prêt à devenir premier de classe

Jack Hughes a reçu le soutien familial idéal pour se hisser au sommet du repêchage

Avant même d’avoir été repêché ou d’avoir effectué ses premiers pas dans la LNH, l’espoir de premier plan Jack Hughes a vécu un premier bain médiatique, vendredi à Buffalo.
Photo Agence QMI, Mark Webster Avant même d’avoir été repêché ou d’avoir effectué ses premiers pas dans la LNH, l’espoir de premier plan Jack Hughes a vécu un premier bain médiatique, vendredi à Buffalo.

Coup d'oeil sur cet article

BUFFALO | Dans trois semaines, à Vancouver, Jack Hughes deviendra visiblement un membre des Devils du New Jersey à titre de premier choix du repêchage de la LNH. Si son talent exceptionnel justifie en grande partie son destin, le cocon familial a aussi permis de tisser le caractère du jeune prodige américain.

Attraction incontestée des rencontres médiatiques à Buffalo où sont rassemblés une centaine d’espoirs dans le cadre du Combine, le centre floridien a longuement discuté de ses aspirations et de son parcours avec le programme de développement américain.

Et si ledit programme a exploité au maximum ses habiletés sur glace, la famille Hughes peut revendiquer l’influence sur l’individu et le joueur qu’il est devenu.

Le paternel, Jim, a été membre de l’équipe américaine qui a remporté la Coupe Spengler en 1988, avant de devenir entraîneur à différents niveaux, dont la Ligue nationale et la Ligue américaine.

Merci maman !

Mais la véritable coach de Jack Hughes et ses deux frérots se prénomme Ellen, mère du clan. Athlète accomplie, elle a fait partie des équipes de soccer, lacrosse et hockey de l’Université du New Hampshire. Elle a même représenté les États-Unis lors du deuxième Championnat mondial de hockey féminin, en 1992.

« D’une certaine manière, elle a été notre entraîneuse. Mon père était entraîneur chez les professionnels, donc il était souvent sur la route. Ce n’est pas comme si on pouvait se permettre un mauvais match, parce que ma mère connaît son hockey ! Elle a été incroyable et a toujours été d’un grand soutien », a souri Jack Hughes, vendredi, quand un confrère a soulevé le point.

Et avant même l’ascension sensationnelle de Jack, son frère Quinn dessinait les premiers jalons de ce qui pourrait devenir la famille royale du hockey américain, lorsqu’il a été sélectionné au septième échelon par les Canucks de Vancouver, en juin dernier.

« Il m’a aidé parce qu’il s’est retrouvé dans la même position avant moi, donc c’est rassurant. Avoir eu la chance de vivre le processus qu’il vivait à titre de jeune frère, puis de le vivre ensuite à mon tour, c’est génial », a souligné le futur élu.

Un talent rare

Bien au-delà de généreux gènes familiaux, Jack Hughes a su faire son chemin comme un grand pour rééditer le livre de records du programme de développement américain. Ses 208 points en 103 matchs lui ont permis de s’approprier la marque jusque-là détenue par Clayton Keller.

Hughes a rencontré une dizaine d’équipes au Combine, après une première expérience au Championnat du monde, en Slovaquie. Le repêchage s’avérera la fin d’un éreintant processus.

« J’ai pris un vol vers Toronto pour la loterie. Le même soir, je me retrouvais dans un vol pour l’Europe, où j’ai été longtemps par la suite avant d’arriver ici à Buffalo. Ça a été un tourbillon. En même temps, j’avais du hockey à jouer et je n’ai même pas eu le temps de penser à tout ça.

« J’ai toujours rêvé d’être numéro un. Tu ne rêves jamais à être deux, trois ou quatre. Je veux devenir le tout premier choix », a affirmé celui qui a précisé qu’il souhaite avant tout « soulever un jour la coupe Stanley ».

Comparaisons avec Kakko

S’il serait étonnant qu’il n’aboutisse pas au New Jersey, certains continuent néanmoins de croire que Kaapo Kakko, fort d’une bonne performance au Championnat du monde, pourrait lui ravir le trône.

Le Finlandais, occupé à célébrer la conquête de l’or dans son pays, brille par son absence cette semaine à Buffalo.

« C’est une belle compétition, comme on le voit à chaque année au repêchage. Nous avons connu tous les deux de bons moments et je pense que nos carrières seront liées ensemble pendant de nombreuses années », a dit Hughes.

Une cuvée historique en vue du repêchage

Alex Turcotte tentera de suivre les traces de son père, Alfie, qui a été un choix de première ronde du Canadien en 1983.
Photo Agence QMI, Mark Webster
Alex Turcotte tentera de suivre les traces de son père, Alfie, qui a été un choix de première ronde du Canadien en 1983.

Les projecteurs sont rivés sur Jack Hughes, mais il est loin d’être l’unique joueur dont le nom résonne au sein du programme de développement américain, qui propose cette année une cuvée digne des plus productives pépinières de talent.

La Centrale de recrutement de la Ligue nationale de hockey (LNH) identifie pas moins de 6 joueurs issus du programme des moins de 18 ans des États-Unis parmi les 12 premiers répertoriés en Amérique du Nord.

En plus de Hughes, les attaquants Alex Turcotte (4e), Trevor Zegras (7e), Cole Caufield (8e) et Matthew Boldy (9e) devraient trouver preneurs au premier tour, tout comme le défenseur Cameron York (12e). C’est du jamais-vu, tout simplement !

« C’est un groupe vraiment spécial », a concédé Dan Marr, directeur de la Centrale de recrutement.

« On a passé du temps avec eux durant l’année, ainsi que cette semaine, et ils ont confirmé cela, a-t-il ajouté. J’anticipe que les gens du programme américain auront les plus grands sourires au visage au repêchage. Un record devrait être établi pour le nombre de joueurs sélectionnés en première ronde et durant le repêchage. C’est une année exceptionnelle pour ce programme, et les jeunes ont travaillé très fort pour obtenir cette reconnaissance. »

Marr n’a d’ailleurs rien fait pour tempérer les attentes à l’endroit de Hughes à titre de maître de sa cuvée.

« Je suis allé à un camp en juillet à Toronto. Les trois meilleurs joueurs étaient Taylor Hall, Connor McDavid et John Tavares à ce camp d’habiletés. Le suivant était Jack Hughes. La série de tests exposait le patinage, la vitesse d’exécution et la précision, et on pouvait tout de suite voir qu’il détient un lancer de la LNH. Il possède le talent pour se classer dans un tel groupe », a-t-il assuré.

Les louanges de Turcotte

L’un des potentiels bijoux de cette édition du programme, Alex Turcotte, estime que le niveau inimaginable de compétition à l’interne a permis de générer les résultats actuels. « Tout le monde dans ce programme a été habitué à être le meilleur dans son équipe de hockey mineur. Quand tu affrontes de tels joueurs à l’entraînement, ça te rend encore plus compétitif, tu ne veux pas mal paraître. On a beaucoup appris sur la discipline avec des horaires très serrés. Ça ne peut que nous aider », a-t-il soutenu.

Le fait de retrouver autant d’espoirs de renom au sein du même programme soulève inévitablement quelques questions. Nul doute que les dépisteurs s’entredéchirent à savoir quels joueurs sont réellement au devant de la locomotive et quels autres ont profité du talent de leurs pairs.

« Je peux comprendre cette perception, mais tout le monde dans cette équipe est vraiment un bon joueur de hockey », a plaidé Trevor Zegras, dont les passes spectaculaires en font saliver plus d’un.

Dylan Cozens croit en ses chances

Vous connaissez Hazen McAndrew, Peter Sturgeon et Bryon Baltimore ? Pas de malaise, si votre érudition en anciens joueurs de la LNH originaires du Yukon fait défaut. L’espoir Dylan Cozens entend remédier à la situation dès la saison prochaine.

Le parcours du natif de Whitehorse a été raconté à maintes reprises, y compris dans ces pages sous la plume du collègue Kevin Dubé.

Là où il se distinguera de ses prédécesseurs, c’est qu’il deviendra l’unique joueur du Yukon à être sélectionné en première ronde. Si tout se déroule comme prévu, Cozens devrait aussi disputer plus que les 15 parties combinées que le trio yukonnais a jouées dans la LNH.

« C’est fou de réaliser où j’en suis quand je pense que tout jeune, où j’ai grandi, ça m’apparaissait comme un rêve inaccessible. Je me retrouve au Combine et c’est surréaliste.

« Oui, des fois je deviens lassé de parler du Yukon, parce qu’on me parle surtout de ça. Mais bon, c’est mon histoire et j’aime la partager. Je suis fier de représenter cet endroit », a noté celui qui a amassé 84 points en 68 matchs cette saison à Lethbridge, dans la Ligue de l’Ouest.

Grandes ambitions

Au « Combine », plusieurs espoirs se font demander s’ils croient être en mesure de joindre la LNH dès la saison prochaine et la plupart préfèrent user d’une prudence extrême dans leurs réponses.

Pour Cozens, inutile de se vautrer dans une fausse modestie.

« J’ai eu la chance d’être doté d’un talent naturel, j’ai toujours cru en mon rêve et j’ai fait le nécessaire pour atteindre ce niveau. Dans mon esprit, je peux devenir un joueur d’impact assez tôt.

« Je crois que dès la prochaine saison, je serai prêt à faire le saut. Je me perçois comme un centre efficace dans les deux sens de la patinoire, qui peut amener beaucoup à une équipe. Je crois en mon coup de patin pour me permettre de passer au prochain niveau. C’est un aspect du jeu où j’excelle déjà. Avec un autre été d’entraînement, je deviendrai plus gros et fort, puis je serai prêt pour la Ligue nationale », prétend-il.

Fans du jeune gaillard de 6 pi 3 po et 180 lb, tenez-vous-le pour dit !