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Un signal positif

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Enfin, les bottines suivent les babines au gouvernement du Québec relativement au projet de tramway de Québec, qui pourra bientôt progresser dans la bonne direction.  

Le ministre François Bonnardel a tenu hier des propos fort encourageants lors du dépôt du projet de loi sur le réseau structurant. Il a raison de souligner qu’il s’agit d’un projet important pour l’avenir de Québec.  

La capitale nationale, deuxième plus importante ville au Québec, accuse un flagrant et désolant retard en matière de transport en commun. Un retard qui à défaut d’être comblé nuirait à son développement économique.  

Les coûts de la congestion routière sont très importants. En 2017, le CAA les estimait à 300 M$ au pays. Le transport en commun constitue un excellent moyen parmi d’autres d’y voir.  

Il fut un temps où, malheureusement, les gouvernements québécois et canadien ne mettaient pas les efforts nécessaires au développement de ces réseaux, préférant investir dans les routes. Ils ont aussi oublié les trains, pour tout miser, ou presque, sur le tout à l’automobile, avec les résultats qu’on connaît.  

C’était une autre époque, celle des années 1960 et 1970. Aujourd’hui, les villes pensent et se développent autrement. Il est plus que temps que Québec se joigne à la parade.  

Belle leçon  

Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, donc, même si le dossier du financement n’est toujours pas réglé entre Ottawa et Québec. Dommage que le gouvernement de François Legault se soit servi du projet comme monnaie d’échange dans ses négociations avec Ottawa. Je le réitère, il n’aurait jamais couru ce risque s’il avait été question du troisième lien.  

C’est une question de priorité, mais au moins, on sent une volonté de réajuster le tir et de s’assurer que le projet ne sera pas mis en péril. C’est d’autant plus vrai qu’on ne connaît pas l’issue du prochain scrutin fédéral, et que les conservateurs actuels ne sont pas connus pour être d’ardents défenseurs et promoteurs du transport en commun structurant.  

Dès que le projet de loi aura été adopté, à l’Assemblée nationale, la Ville de Québec pourra en effet commencer les expropriations et ne sera pas freinée dans la progression de la mise en œuvre dont elle est responsable.  

À ce titre, le maire de Québec et la mairesse de Montréal ont servi hier une belle leçon de leadership aux gouvernements supérieurs, en marge du congrès de la Fédération canadienne des municipalités. Régis Labeaume et Valérie Plante ont en effet refusé de faire de la petite politique sur le dos du projet de Québec et de se lancer des tomates.  

L’un et l’autre auraient facilement pu tomber dans le panneau et tirer chacun la couverte. Ça n’arrivera pas. Ni l’un ni l’autre, à Québec et à Ottawa, ne pourront se servir d’une chicane Québec-Montréal pour faire du millage et ainsi cacher le fait qu’aucune entente n’est encore intervenue.  

Les citoyens en ont soupé des passe-passe et souhaitent voir des élus qui leur disent la vérité, se tiennent debout et font progresser les dossiers. Si on cherche de bons exemples pour lutter contre le cynisme envers les politiciens, voici une belle occasion d’y faire écho.