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Dis-le que ça te tente pas!

Dis-le que ça te tente pas!
Illustration Adobe Stock

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Comme j’emménage dans mon nouveau condo cette semaine, je dois faire ce que je déteste le plus : magasiner ! Pas grand-chose en plus, un simple sofa et une table de salon. Ça fait une semaine que je suis sur le cas, et après plusieurs magasins, mon handicap d’être Balance m’empêche de prendre une décision.

Je me retrouve à envoyer des photos à ma fille, car elle connaît mieux que moi ce qui est stylé, ce qui est à la mode. C’est cute, mais en même temps, j’ai clairement l’air du gars à la veille de ses 50 ans qui n’est juste pas capable de fonctionner tout seul.

Comme un cégépien

C’est tellement ridicule que je risque de passer les premières journées dans mon nouveau chez-moi assis par terre comme un cégépien dans son nouvel appart. En fait, je reprends mes derniers mots, car je suis sûr que même un cégépien dans son premier appart est plus fonctionnel que moi présentement.

Et malgré le fait que j’ai le fantasme que la fée des sofas apparaisse et me prenne par la main pour me pointer le bon choix, ce n’est pas le but de ma chronique.

Le service à la clientèle

En fait, ce qui me saute le plus aux yeux, c’est la disparition du bon service. Je m’ennuie presque de l’époque où dès que tu mettais les pieds dans un commerce, tu devenais comme une brebis dans un champ entouré de cinq fauves prêts à te sauter dessus. T’avais même pas le temps de vraiment regarder ce que tu voulais, que t’avais déjà quelqu’un qui te demandait : « Est-ce que je peux vous aider ? »

Aujourd’hui ? Quand tu demandes de l’aide à un commis, il se retourne avec un regard de : « Qu’est-ce tu veux ? Tu vois ben que tu me déranges pendant que je checke les likes sur mon Facebook ».

Ne pensez pas que j’accuse les jeunes d’agir comme ça, car je vous confirme que l’indifférence s’étale sur toutes les générations.

Depuis quelques semaines, je ne croise pas des gens qui « travaillent ici », mais plus des gens qui dégagent le « j’ai abouti ici ». Je ne demande pas à être traité de façon spéciale parce que j’ai une couple de mille piastres à dépenser chez vous, mais peux-tu au moins agir comme si ça te tentait de prendre mon cash.

À une autre occasion, lorsque je posais des questions à un commis imbibé de je-m’en-foutisme, voire presque arrogant, je lui ai lâché d’une façon baveuse : « Bon ben, m’a aller voir ta compétition en face, m’a peut-être trouver quelqu’un qui a le sourire ». Je me suis fait répondre : « Faites donc ça ! »

Du monde souriant svp

Et j’ai l’air de cibler les magasins de meubles, mais sincèrement, c’est assez généralisé. Le nombre de fois où je pose des questions et où je me fais répondre « je sais pas » et que la conversation se termine là est assez fascinant. Je me surprends même à manquer de patience et à littéralement dire à la personne devant moi :

– Si tu le sais pas, ça te tente peut-être de bouger ton cul et d’aller t’informer ?

Je suis loin d’avoir de grandes connaissances dans le monde du commerce, mais sérieux, tu veux te distinguer de la compétition ? Engage juste du monde souriant, car c’est maintenant sur cela que je vais décider ce que j’achète, et où je l’achète !