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Lavoie s’imagine avec le Canadien

L’attaquant des Mooseheads affirme avoir « toujours rêvé de porter cet uniforme »

SPO-2019 NHL SCOUTING COMBINE
Photo Agence QMI, Mark Webster Raphaël Lavoie s’est dit satisfait de ses performances lors des tests physiques, samedi, à Buffalo, et il espère avoir gagné des points auprès des équipes de la LNH.

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BUFFALO | Quand le Canadien s’approchera du micro le 21 juin au repêchage à Vancouver, une frange importante de ses partisans entretiendra l’espoir que Raphaël Lavoie sera disponible et que l’équipe en fera son choix. Après avoir rencontré la direction du club cette semaine au Combine de la LNH à Buffalo, l’attaquant espère avoir fait le nécessaire pour la convaincre que c’est le geste à poser.

« Ç’a bien été. C’est une équipe pour laquelle je tenais à bien répondre. Je la regarde depuis que je suis tout petit, c’est ma préférée. C’était le fun et c’était une belle entrevue », a expliqué le grand joueur de 6 pi 4 po des Mooseheads de Halifax.

À tort ou à raison, comme c’est souvent le cas lorsqu’un espoir québécois est disponible quand le Canadien doit se prononcer, la pression risque d’être forte pour que Lavoie devienne un membre en règle de l’organisation.

Et si la direction en arrive à la conclusion que Lavoie amène un talent de marqueur impossible à ignorer, cette même pression deviendra tout aussi forte sur les épaules du jeune joueur, qui n’en fait aucun cas.

« Ils m’ont justement posé la question ! a réagi Lavoie en éclatant de rire. Ils m’ont demandé comment j’allais composer avec la pression si je me faisais repêcher à Montréal. On sait ce que c’est le hockey au Québec et surtout un Canadien français à Montréal. Il y a beaucoup de pression autour de ça. Ça fait partie de la game ! Depuis que je suis enfant, chaque fois que j’ai assisté à un match du Canadien, j’ai toujours rêvé de porter cet uniforme. Malheureusement, ce n’est pas moi qui contrôle ça et on va voir ce qui va se passer à Vancouver », a-t-il enchaîné.

Long parcours

Après avoir subi la défaite en finale du tournoi de la Coupe Memorial, Lavoie s’est amené à Buffalo, fort d’une éloquente feuille de route en séries, lui qui a terminé au premier rang avec 20 buts et au deuxième avec 32 points.

L’opération de grande séduction auprès des 31 équipes de la LNH est maintenant derrière lui.

« Je suis content que ce soit fini. Ç’a été une longue saison. On parle des tests physiques ici, mais les entrevues, c’est beaucoup plus difficile mentalement. C’est sûr que c’est fatigant, mais c’est le sport que j’ai choisi. C’est le sport que j’aime. Je suis prêt à mettre les efforts pour atteindre mes rêves », a fait valoir celui qui a rencontré 25 équipes.

Tout au long du processus, certains observateurs ont laissé courir des bruits voulant que la personnalité de Lavoie ne soit pas la plus attachante auprès de ses coéquipiers. Une perception que le jeune espoir s’explique mal.

« Je ne suis pas le life of the party, mais je ne suis pas solitaire, j’ai mes amis. C’est juste que je ne crie pas partout quand on fait nos affaires, mais je suis un gars d’équipe. Je ne sais pas quelle réputation certains tentent de m’accoler, mais quand tu te bats pour tes coéquipiers, tu es un gars d’équipe. Si quelqu’un derrière son ordinateur veut exprimer des choses sur moi, il a droit à son opinion, je ne peux pas contrôler ça », a-t-il franchement lancé à ses détracteurs.

Poulin et Pelletier comblés

Les deux autres Québécois susceptibles d’être sélectionnés en première ronde, Samuel Poulin et Jakob Pelletier, ont aussi savouré l’expérience du Combine.

Jakob Pelletier s’est dit heureux que le repêchage soit la prochaine et dernière étape du processus. « J’ai donné mon maximum et je n’ai pas de regrets. Je ne contrôle plus rien à partir de maintenant », a-t-il commenté.
Photo Agence QMI, Mark Webster
Jakob Pelletier s’est dit heureux que le repêchage soit la prochaine et dernière étape du processus. « J’ai donné mon maximum et je n’ai pas de regrets. Je ne contrôle plus rien à partir de maintenant », a-t-il commenté.

Le fils de l’ancien du Canadien Patrick Poulin a fait écarquiller des yeux en se comparant à Pierre-Luc Dubois et Gabriel Landeskog.

« J’ai défendu mes idées. Ce sont deux gros joueurs qui n’ont pas peur de faire le sale boulot en allant dans les coins pour marquer toutes sortes de buts. En même temps, quand ils ont la rondelle, ils savent créer des opportunités pour leurs coéquipiers et ils sont efficaces en zone défensive. Je me connais comme joueur et je sais que c’est mon style », estime-t-il.

Quant à Pelletier, c’est plutôt son gabarit qu’il a eu à défendre auprès de quelques-unes des 27 équipes rencontrées.

« Si on regarde à Montréal, Brendan Gallagher n’est pas gros, mais il est le cœur du CH. Sinon, il y a Brayden Point [Tampa] que j’aime bien aussi. Il y a plusieurs petits joueurs qui font bien dans les dernières saisons et ça ouvre les yeux sur le fait que le hockey change. Je vois ça comme un défi et ça me motive. »

Le casse-tête de Trevor Timmins

Meilleur joueur disponible ou besoin criant ? Marqueur prolifique ou défenseur gaucher ? Choix sécuritaire ou grand coup risqué ? Au fil des 85 entrevues avec les espoirs menées toute la dernière semaine au Combine à Buffalo, des réponses commencent à se dessiner, mais le mystère demeure entier quant aux intentions du Canadien et de son adjoint au directeur général, Trevor Timmins.

Heureusement pour lui, les moissons récoltées lors des derniers repêchages se sont avérées prometteuses, et la banque d’espoirs de l’équipe ne semble plus à sec comme elle l’a déjà été. Pour Timmins, qui a discuté avec les médias pendant près d’une vingtaine de minutes samedi, le casse-tête n’est jamais complètement résolu pour autant. L’équipe pourrait cependant être plus encline à tenter le grand coup.

« Je ne crois pas que ça change notre approche. Notre travail est de projeter. On ne contrôle pas tout avec un joueur. Parfois, ça ne fonctionne pas. Quand tu as une bonne profondeur, tu n’essaies peut-être pas le circuit, mais un triple et voler le marbre », a-t-il expliqué au moyen d’une intéressante analogie de baseball.

Bon groupe de défenseurs

Les lacunes évidentes du Canadien en défensive, particulièrement sur le flanc gauche, ont fait partie des sujets abordés avec Timmins. Lorsqu’il a été appelé à s’exprimer sur ce qu’il considérait comme le principal atout de cette cuvée, il a tout de suite évoqué les défenseurs.

Toutefois, et c’est pleinement compréhensible, l’homme de confiance du Tricolore n’allait pas dévoiler son jeu.

« On a besoin de marqueurs, ainsi que de défenseurs offensifs et défensifs, on pourrait dire des gauchers. Mais normalement, les défenseurs ne vont pas accéder à la formation dès la première année. Certains parviennent à le faire rapidement, je pense à Victor Mete à sa deuxième année. C’est difficile à dire, mais je crois qu’on aura une décision à prendre. Je ne parle pas uniquement de la position à privilégier, mais de quel joueur à cette position », a-t-il dit.

Approche psychologique

Dans la salle, pour chacune des entrevues, Timmins était flanqué de Shane Curla et de Serge Boisvert, au niveau de l’équipe de dépisteurs. Dans certaines entrevues plus critiques, l’état-major, avec Marc Bergevin et ses acolytes, était aussi présent.

Ce que quelques espoirs ont par ailleurs mentionné, c’est que les questions d’ordre psychologique du Docteur David Scott les ont quelque peu désarçonnés. Cette approche psychologique est saluée par Timmins.

« C’est bien d’avoir une personne qui n’est pas biaisée, dans la salle. On a vu ces joueurs sur la glace, donc on finit par être un peu biaisé. Il a reçu les résultats de questionnaires envoyés aux joueurs. Il a analysé les résultats et il a décelé des drapeaux rouges, si bien qu’il peut aborder certains aspects précis », a-t-il spécifié.

Timmins a par ailleurs mentionné que sur les 103 espoirs présents à Buffalo, l’équipe a rencontré tous ceux issus de la LHJMQ. Le travail se poursuivra sous peu dans un autre camp d’évaluation, cette fois en Europe, ou une quinzaine d’espoirs seront évalués.


Folle semaine pour Beaucage

Difficile de vivre des moments plus mouvementés que la dernière semaine dans la vie d’Alex Beaucage ! L’attaquant des Huskies de Rouyn-Noranda aura à peine eu le temps de célébrer la conquête de la coupe Memorial à Halifax que sans même rentrer au Québec, il s’envolait vers Buffalo pour le Combine de la LNH. Sur place, même arrivé en retard, il a rencontré 16 équipes. « Pour l’entraînement, c’est sûr que ce n’était pas l’idéal, mais les équipes que j’ai rencontrées m’ont mentionné qu’elles ont apprécié que je fasse quand même les tests. Je suis très satisfait des tests malgré tout », a souri l’auteur de 39 buts et 79 points cette saison. Beaucage repartait samedi soir vers Montréal, puis ensuite à Rouyn pour récupérer ses effets personnels, avant de mettre le cap sur la maison à Trois-Rivières. Il n’y a pas mis les pieds depuis Noël.


Bolduc et Légaré satisfaits

Le défenseur Samuel Bolduc, de l’Armada de Blainville-Boisbriand, est reconnu comme un athlète exceptionnel et il a fait honneur à sa réputation dans différents tests physiques au Combine. Il a terminé bon premier dans un test d’agilité, troisième au saut en hauteur, cinquième au saut en longueur, quatrième au développé couché et 11e pour les pull-ups. « Je pense que ç’a bien été. Les entrevues, c’est un peu plus dur pour moi. Il fallait vraiment que je gagne des points ici et j’ai pratiqué pendant trois ou quatre semaines. En général, je suis satisfait », a dit celui qui a été interrogé par 21 clubs. De son côté, Nathan Légaré, qui a inscrit 45 buts avec le Drakkar de Baie-Comeau, a vite réalisé qu’il entrait dans la cour des grands. « Tu es regardé, peu importe où tu es au Combine. Tu peux même te faire observer quand tu vas aux toilettes ! Peu importe ce que tu fais, tu dois te comporter de manière professionnelle », a-t-il constaté.


Les gros bras du Canadien

Si le Canadien ne forme pas l’équipe la plus intimidante sur la glace, c’est un autre monde au sein de la direction, au dire de certains jeunes joueurs sur place à Buffalo et qui ont vécu des entrevues avec les bonzes de l’équipe. Si plusieurs, en parlant de leur moment avec le clan montréalais, ont évoqué le côté historique de l’organisation, d’autres y sont allés d’observations plus originales sur la charpente des Marc Bergevin, Trevor Timmins et autres. « Ils sont tous plutôt costauds. De très gros biceps... Je ne mentirai pas, j’étais un peu intimidé ! » a rigolé Alexander Campbell, de Châteauguay, qui s’aligne à Victoria, dans la Ligue de hockey de la Colombie-Britannique.