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Les mots dits du samedi

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Bel argent

Mêlé ou mélangé ? Le verbe mêler veut dire mettre en désordre, embrouiller. Mais on peut se dire mêlé (et non mélangé) si on a perdu le sens de ses idées. On utilise alors une locution tirée du langage familier québécois. Ex. : Ils ont reçu trop de renseignements, ils sont tout mêlés. Le verbe mélanger, qui signifie incorporer des choses pour former un tout, s’emploie aussi dans le langage familier d’ici, mais pour signifier prendre une personne ou une chose pour une autre. Ex. : Laure a mélangé les noms de ses invités. Mais elle, elle ne s’est pas « mélangée », elle s’est mêlée. De la belle argent ou du bel argent ? Le mot argent se met-il au féminin ? De la belle argent ? Cette expression populaire vient du vieux français, qui acceptait le féminin. Mais le nom argent est masculin. Et le pluriel ? Les anglophones disent couramment the moneys, mais, en français, le mot argent ne s’emploie pas au pluriel. Les gouvernements nous prennent tout notre argent et non tous nos argents, ce qui, même sans le pluriel, fait mal. Entre autre ou entre autres ? Dans l’expression « entre autres », le terme autres s’écrit toujours au pluriel, car on l’utilise pour désigner une chose ou une personne parmi d’autres. Ex. : Des politiciens, entre autres, ont participé à la manifestation. Quand la locution entre autres ne se rapporte pas précisément à un nom ou à un pronom, on utilise souvent l’expression « entre autres choses ». Ex. : Je lui ai dit, entre autres choses, de calmer ses ardeurs.

Double genre

Laure B. s’étonne de trouver un article féminin et un adjectif féminin liés au mot masculin mannequin (une mannequin professionnelle). Cette forme est correcte. D’abord nom masculin, mannequin, désignant la femme ou l’homme qui présente des collections de vêtements, est devenu épicène. L’adjectif épicène qualifie un substantif ayant un double genre grammatical. Comme le terme chef qui se marie à « une » ou « la » ou à tout adjectif féminin, sans varier en genre. Exemple : Philomène est une grande chef. Les noms épicènes sont légion (pas de s ici !) : un enfant, une enfant ; un témoin, une témoin ; un acrobate, une acrobate ; un juge, une juge ; un adulte, une adulte ; un architecte, une architecte. Et un (une) journaliste ; un (une) fonctionnaire ; un (une) archéologue ; un (une) pianiste, un (une) pédiatre... Les formes « une (ou la) mannequin » et « une (ou la) chef » employées au Québec sont moins utilisées ailleurs dans la francophonie où l’on accepte le substantif cheffe, ou, dans un langage plutôt familier ou péjoratif, le mot cheffesse. Et une lectrice, C. Dubois, se demande, elle, si l’expression « pire ennemi » n’est pas un peu pléonastique. Le mot « pire » agit comme superlatif dans la locution « pire ennemi ». Sa présence y est légitime. On peut avoir un pire ennemi ou un plus supportable (et non un moins pire) ennemi ou même un petit ennemi, comme dans la fable Le lion et le moucheron (... entre nos ennemis, les plus à craindre sont souvent les plus petits). Pire ennemi, plus supportable ennemi, petit ennemi... Cela fait plus d’un ennemi. Voilà qui est quand même peu souhaitable.

La dictée de la semaine

Il faut répondre de façon juste aux questions suivantes.

  • Cunégonde sera en retard ou Cunégonde va être en retard ?
  • Sohanne et Evana se sont trouvées face-à-face ou Sohanne et Evana se sont trouvées face à face ?
  • Zéphir vient chez moi à tous les jours ou Zéphir vient chez moi tous les jours ?

 


Réponses

La dictée de la semaine : Cunégonde sera (ou va être) en retard. Sohanne et Evana se sont trouvées face à face. Zéphir vient chez moi tous les jours.