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Les victimes n’ont pas voix au chapitre

Les photos de l’agresseur sont au cœur d’un débat

Les victimes n’ont pas voix au chapitre
Photo d’archives

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Les victimes du défunt père Alexis Joveneau aimeraient être consultées par Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) avant qu’on dispose des photos de l’agresseur. 

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«C’est la communauté qui doit prendre la décision. Il y a tellement de choses de cachées dans toute cette histoire. Elle [BAnQ] devrait nous consulter», réclame le conseiller d’Unamen Shipu, Normand Junior Bellefleur. 

Communautés éloignées 

Il y a un peu plus d’un an, Le Journal s’est rendu sur la Basse-Côte-Nord en motoneige pour aller rencontrer les Innus. Encore aujourd’hui, aucune route ne se rend dans ces communautés éloignées d’Unamen Shipu et de Pakuashipi, situées à plus de 1300 km de Montréal. 

Sur place, une trentaine de victimes s’étaient livrées pour la première fois au sujet des sévices subis de la part d’Alexis Joveneau. Cet oblat a œuvré dans ces communautés et dans le village des Blancs de La Romaine pendant 39 ans. 

Vingt-six ans après sa mort, les victimes aimeraient bien tourner cette page sombre de leur histoire. 

À la suite des articles publiés par Le Journal, un avertissement a été ajouté sur le site internet de la BAnQ pour le fonds Joveneau, concernant les allégations d’abus sexuels dont le curé fait l’objet et la procédure judiciaire en cours contre les Oblats de Marie-Immaculée. 

Disponibles en ligne 

Or, les centaines de photos sont toujours disponibles en ligne. Un non-sens pour une victime innue. 

«Je ne veux plus que ces photos soient disponibles. Je veux qu’elles partent. Cette histoire me fait encore mal», explique Pierrette Mestenapéo. 

De son côté, le conseiller espère de tout cœur qu’à la suite du dépôt du rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées qui aura lieu lundi, les Autochtones qui habitent dans les régions éloignées auront les mêmes droits que les autres Québécois. 

Après l’enquête du Journal, il a été possible de constater que le prêtre aurait abusé d’enfants, d’adolescents et d’adultes. Hommes ou femmes. Blancs ou Innus. Le monstre de la Côte-Nord aurait arraché l’innocence de dizaines de personnes.