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Renault-Fiat Chrysler, une bonne affaire?

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Photo AFP

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Question : La nouvelle compagnie sera-t-elle attrayante pour des investisseurs individuels ?


Réponse : C’est un placement risqué.

Il y a quelques jours, FCA (Fiat Chrysler Automobiles, FCAU) a fait la grande demande à Renault (RNLSY). Ensemble, ils formeraient le troisième constructeur automobile mondial, derrière Volkswagen (VWAGY) et Toyota (TM), produiraient 8,7 millions de véhicules par année, compteraient une quinzaine de marques et emploieraient 382 000 personnes, pour des revenus combinés de 189 G$ US. La fusion de 39 G$ US entraînerait des économies annuelles de plus de 5 G$ US. Un dividende spécial de 2,8 G$ US sera versé aux actionnaires de FCA, pour compenser la disparité de la valeur boursière.

À première vue, c’est une bonne affaire. FCA et Renault sont complémentaires du point de vue de leurs produits et de leurs marchés. De plus, grâce aux économies réalisées avec la fusion, la nouvelle entité aura davantage de moyens de négocier le virage vers la voiture électrique, et de faire face à la voiture autonome et à l’autopartage (Uber, Communauto).

Aussi parce que FCA affiche une baisse des ventes au dernier trimestre, qui a affecté ses résultats malgré la vente de sa filiale de pièces Magneti Marelli pour 6,5 G$ US. FCA souffre d’un retard technologique croissant. Ses principales marques comme Fiat, Alfa Romeo et Maserati ont une image dépassée. Son joyau est Jeep, qui propose exactement ce que le consommateur veut : des VUS et des camions. FCA peine à négocier le virage électrique et devra payer de lourdes amendes en Europe en 2020 dans le cadre de la lutte aux GES.

Renault est en bien meilleure forme, mais la marque Renault fait moins bien que ses marques bas de gamme, Dacia et Lada. Renault a beaucoup bénéficié des synergies issues de son alliance avec Nissan, du point de vue des économies d’échelle et de la technologie, et a de l’avance dans la voiture électrique.

Problèmes en vue

Le principal problème de cette mégafusion est culturel. Souvenez-vous de celle de Daimler et Chrysler en 1998. Elle fut dissoute en 2007 après des dissensions profondes entre Allemands et Américains. Même dénouement lorsqu’en 1979, Renault a acheté AMC, l’ancêtre de Jeep, pour le revendre à Chrysler en 1987. Déjà que les déboires de Carlos Ghosn ont ébranlé l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi...

Nissan (NSANY) risque gros avec cette fusion, car sa participation de 15 % dans FCA serait ramenée à 7 % dans FCA-Renault, qui conserverait la sienne de 43 % dans Nissan.

La famille Agnelli, qui contrôle FCA, se positionne déjà pour diriger la nouvelle entité, présentée comme une fusion entre égaux. Mais l’État français, qui contrôle Renault, avec 15 % de son capital, refusera tout rôle de figuration. De plus, le gouvernement italien envisage d’investir dans FCA-Renault, alors que les relations entre Paris et Rome sont mauvaises.

L’investisseur individuel regorge d’opportunités bien plus payantes que ces géants aux pieds d’argile, qui négocieront péniblement cette fusion, afin de faire face à leurs voraces compétiteurs chinois. Vous avez déjà des actions de Renault ou de FCA ? Vous devriez engranger vos profits générés depuis l’annonce...


Question à notre investisseur

Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.