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Femmes autochtones: Massé et Rizqy parlent d’un «génocide», Legault rejette le terme

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François Legault refuse de reprendre le mot «génocide», tel qu’utilisé par l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, mais la solidaire Manon Massé et la libérale Marwah Rizqy n’hésitent pas à le faire.

«L’utilisation d’un mot comme ‘‘génocide’’ vient, j’espère, nous mettre, tout le monde, les yeux devant les trous. Quand je regarde la définition de l’ONU, honnêtement, je vois bien que ce que, depuis 300-400 ans, on fait vivre aux autochtones s’apparente clairement à un génocide», dit la cheffe parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, en ajoutant qu’elle souhaite que le débat de sémantique n’occultera pas les conclusions de la commission.

L'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) a déposé lundi un rapport produit après deux ans et demi de travaux au cours desquels elle a entendu plus de 2000 témoignages. Le document affirme que les autochtones du pays subissent un «génocide planifié».

Pour Manon Massé, la Loi sur les Indiens, le système de réserves, l’école résidentielle et les rapts d’enfants qu’ont vécus les peuples autochtones au cours des dernières décennies justifient l’utilisation du terme.

La députée libérale Marwah Rizqy a abondé dans le même sens, n’hésitant pas à approuver l’utilisation du terme «génocide». «On parle de milliers de jeunes femmes qui sont soit portées disparues, qui n’ont pas été retrouvées, et qu’il n’y a même pas eu de début d’enquête. Alors, oui, effectivement, le terme qui a été utilisé par les commissaires est à propos», estime-t-elle.

Legault rejette le terme

Tout en reconnaissant la gravité des faits, le premier ministre François Legault a pour sa part refusé d’utiliser le mot «génocide». «Un génocide, c’est quand on veut, de façon systématique, faire disparaître une nation. Je ne pense pas qu’on parle de ça, mais on parle de quelque chose de vraiment très grave», a-t-il commenté lundi.

«Je ne veux pas que ce soit un débat de mots, a-t-il précisé. C’est très grave, il faut en prendre acte et il faut agir rapidement.»

Le Parti québécois a également rejeté le terme. «Si on doit évoquer un génocide, c’est le ‘‘génocide culturel’’ de la part du Canada», a commenté le chef parlementaire du parti, Pascal Bérubé, reprenant l’expression utilisée par la Commission vérité et réconciliation.

«Protecteur du citoyen» autochtone ?

Quant aux diverses recommandations du rapport, le premier ministre Legault a promis que son gouvernement posera «des actions rapidement», notamment pour mieux protéger les femmes autochtones violentées et pour retrouver celles qui ont disparu.

«Évidemment, tous les services d’aide dans tous les ministères doivent être revus», dit François Legault.

Sur l’idée de créer une sorte de Protecteur du citoyen pour les peuples autochtones, le premier ministre Legault assure que son gouvernement «n’exclut rien». «On va regarder, parce que ce n’est jamais simple de s’assurer qu’on travaille avec les nations autochtones. Donc, s’assurer qu’il y a un respect de leur autonomie», dit M. Legault.

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