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Pourquoi pas un 3e lien central?

Un spécialiste en grands projets propose un autre tracé entre Québec et Lévis

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Un ancien gestionnaire de grands projets presse le gouvernement d’étudier un autre tracé que celui prévu à l’est pour le troisième lien et il privilégie plutôt un lien central entre le chemin des Îles et le boulevard Pierre-Bertrand.

Le conseiller en stratégie immobilière et retraité Michel Lainé a élaboré, depuis plusieurs années, un scénario de lien routier situé au centre des villes de Québec et Lévis et qui, selon lui, contribuerait davantage qu’un lien à l’est à la fluidité de la circulation en drainant de 30 % à 40 % du trafic interrives. Cela en raison de sa position centrale pour les besoins en déplacement. «C’est un projet efficace pour réunir les deux centres-villes», plaide M. Lainé.

Michel Lainé, ancien gestionnaire de grands projets, a réfléchi pendant plusieurs années au meilleur tracé pour un éventuel troisième lien et il a conçu un projet qui le ferait passer entre le chemin des Îles à Lévis et le boulevard Pierre-Bertrand à Québec.
Photo Stevens Leblanc
Michel Lainé, ancien gestionnaire de grands projets, a réfléchi pendant plusieurs années au meilleur tracé pour un éventuel troisième lien et il a conçu un projet qui le ferait passer entre le chemin des Îles à Lévis et le boulevard Pierre-Bertrand à Québec.

Le lien de 20 km prendrait naissance au bout du chemin des Îles, sur le boulevard Guillaume-Couture, à Lévis. Il s’engouffrerait dans un tunnel de 5,7 km qui pourrait accueillir aussi du transport en commun et qui aboutirait de l’autre côté du cap Diamant, à Québec, sur le boulevard Charest, avec une sortie possible sur le boulevard Champlain. L’autoroute ou le boulevard urbain s’étireraient sur 1,5 km pour rejoindre Pierre-Bertrand, qui nécessiterait alors un élargissement, et jusqu’à Jean-Talon.

Des expropriations?

Sur la portion entre Charest et Pierre-Bertrand, à moins qu’on prolonge le tunnel, ce qui implique des coûts supplémentaires, des expropriations seraient nécessaires. Le tracé traverse aussi la rivière Saint-Charles et empiète sur un cimetière. Des difficultés que voit poindre le promoteur du projet, mais qui selon lui ne sont pas insurmontables. Il y voit au contraire une façon de revitaliser les quartiers Vanier et Saint-Sauveur, qui ont longtemps été délaissés.

À l’endroit prévu pour la traversée du fleuve, la largeur du cours d’eau est un atout, dit-il, puisque les pentes s’en trouvent adoucies. Sur la Rive-Sud, elle serait d’une élévation maximale de 4 %, alors qu’elle serait plus douce sur la Rive-Nord.

Faisabilité confirmée

Des firmes d’ingénierie «très sérieuses», mais qu’il ne peut pas identifier en raison d’ententes de confidentialité, ont été consultées relativement à la faisabilité de ce projet et ont confirmé qu’il était réalisable. Il a aussi récemment eu l’occasion de présenter son projet au cabinet de la ministre responsable de la Capitale-Nationale, Geneviève Guilbault.

M. Lainé ne chiffre pas précisément les coûts projetés, mais selon lui, ils ne seraient pas supérieurs à ceux actuellement connus pour le lien à l’est, soit quatre milliards $, selon l’estimation d’un projet de tunnel faite par le professeur Bruno Massicotte.

Michel Lainé convient qu’il est fort probable qu’un tel lien deviendrait congestionné avec le temps, à cause de la demande induite. «Mais le corridor de transport collectif va toujours demeurer efficace» puisqu’il relie deux pôles centraux très achalandés, assure-t-il.

Il prévoit d’ailleurs des connexions avec le réseau de transport structurant de la Ville de Québec, notamment par une station souterraine qui rejoindrait le tracé du tramway en Haute-Ville. Le parcours du trambus se situe aussi sur le tracé du «lien central».

«Ce projet favoriserait le développement plus harmonieux de la ville», soutient Michel Lainé, lequel souhaite que le gouvernement de la CAQ demande au Bureau de projet du troisième lien d’étudier cette possibilité, avant de trancher quant au tracé du futur troisième lien.

Jusqu’à maintenant, la CAQ a toujours fait son lit à l’est, avec un tracé qui passe par l’île d’Orléans.

Le lien central

Un tracé approximatif du projet de Michel Lainé, ancien gestionnaire de grands projets.
Carte Sanazzy Maps
Un tracé approximatif du projet de Michel Lainé, ancien gestionnaire de grands projets.

 

► Points forts

  • Situé au centre des deux villes, où les déplacements interrives sont plus nombreux
  • À proximité des pôles majeurs d’emploi
  • Possibilité de requalification urbaine
  • Intégration du transport collectif

► Points faibles

  • Sortie d’autoroute dans un secteur sensible sur le boulevard Champlain
  • Expropriations nécessaires dans Saint-Sauveur et Vanier
  • Élargissement nécessaire pour le boulevard Pierre-Bertrand avec de possibles expropriations
  • Obstacles comme le cap Diamant, un cimetière et la rivière Saint-Charles

Qui est Michel Lainé?

♦ Conseiller retraité en stratégie immobilière, notamment chez Desjardins

♦ Ancien directeur de projets majeurs et responsable de la construction chez STIQ Immobilier

♦ Membre de l’Ordre des administrateurs agréés du Québec jusqu’en 2018