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Visite émouvante à Auschwitz pour le maire Labeaume

Le maire de Québec se rend au tristement célèbre camp de concentration

Régis Labeaume a visité dimanche le mémorial et musée d’Auschwitz-Birkenau où 1,1 million d’hommes, femmes et enfants ont été exterminés durant la guerre. Le maire pose sous le tristement célèbre portail de fer qui porte la très ironique phrase écrite en allemand : «Le travail rend libre».
Photo Stéphanie Martin Régis Labeaume a visité dimanche le mémorial et musée d’Auschwitz-Birkenau où 1,1 million d’hommes, femmes et enfants ont été exterminés durant la guerre. Le maire pose sous le tristement célèbre portail de fer qui porte la très ironique phrase écrite en allemand : «Le travail rend libre».

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CRACOVIE | Ému par la visite de l’ancien camp de concentration nazi d’Auschwitz, le maire de Québec estime que les Juifs ont raison de continuer à mener la lutte contre l’oubli.  

«Les Juifs de la diaspora ont raison de tout faire pour ne pas que ça s’oublie, a insisté Régis Labeaume. C’est vraiment essentiel. Des fois, il y a des lâches qui trouvent que les Juifs exagèrent. Ils n’exagèrent pas. Quand tu visites ça [Auschwitz] et que tu vois la cruauté organisée, l’inhumanité organisée, c’est quand même fascinant. Tout ça est fait de façon délibérée. C’est démoniaque.»  

Le camp d’extermination et de concentration était entouré de fils de fer barbelés qui étaient électrifiés à un voltage qui pouvait causer la mort.
Photo Stéphanie Martin
Le camp d’extermination et de concentration était entouré de fils de fer barbelés qui étaient électrifiés à un voltage qui pouvait causer la mort.

Le maire de Québec a profité dimanche d’une journée libre dans l’horaire chargé du congrès de l’Organisation des villes du patrimoine mondial pour visiter le mémorial et musée d’Auschwitz-Birkenau, situé à environ 80 km de Cracovie.  

Les femmes et les enfants étaient directement emmenés dans les chambres à gaz à leur arrivée à Auschwitz. Ces deux jumelles à l’avant de la photo, Eva et Miriam Moses, ont été parmi les rares exceptions. Les nazis avaient entamé des recherches pour connaître le secret des grossesses multiples. Leur objectif était de repeupler les territoires conquis avec des personnes « pures » allemandes. Ainsi ils souhaitaient que les Allemandes aient plus de jumeaux pour que la population croisse plus rapidement. Les deux jumelles ont été utilisées pour les recherches génétiques hautement répréhensibles du docteur nazi Josef Mengele, surnommé l’ange de la mort. Eva et Miriam ont survécu à Auschwitz.
Photo Stéphanie Martin
Les femmes et les enfants étaient directement emmenés dans les chambres à gaz à leur arrivée à Auschwitz. Ces deux jumelles à l’avant de la photo, Eva et Miriam Moses, ont été parmi les rares exceptions. Les nazis avaient entamé des recherches pour connaître le secret des grossesses multiples. Leur objectif était de repeupler les territoires conquis avec des personnes « pures » allemandes. Ainsi ils souhaitaient que les Allemandes aient plus de jumeaux pour que la population croisse plus rapidement. Les deux jumelles ont été utilisées pour les recherches génétiques hautement répréhensibles du docteur nazi Josef Mengele, surnommé l’ange de la mort. Eva et Miriam ont survécu à Auschwitz.

L’horreur  

Dans ce camp de concentration et d’extermination, le plus grand d’Europe, 1,1 million de personnes, en très grande majorité des Juifs, ont été tuées par le régime allemand nazi d’Adolf Hitler, entre 1940 et la fin de 1944. Des hommes, des femmes et des enfants, même des nourrissons. La visite du camp devenu musée, malgré tout très sobre, plonge le visiteur dans l’horreur des crimes contre l’humanité qui y ont été perpétrés, froidement et méthodiquement.  

Au camp de Birkenau, les rails de chemin de fer qui emmenaient les gens par convois contenant des milliers de personnes sont encore visibles.
Photo Stéphanie Martin
Au camp de Birkenau, les rails de chemin de fer qui emmenaient les gens par convois contenant des milliers de personnes sont encore visibles.

Objets  

Ce qui a le plus marqué M. Labeaume, au fil de la visite, ce sont les milliers d’objets ayant appartenu aux victimes qui y sont exposés. La plupart des prisonniers traînés de force dans les camps apportaient leurs valises, car on leur laissait au départ miroiter qu’ils se destinaient à un endroit où ils auraient pu refaire leur vie, quelque part, à l’est de la Pologne. «Ils ont été dupés», a souvent répété la guide. Dans le musée, des piles de chaussures, des brosses, des peignes, des articles de cuisine, des valises bien identifiées s’empilent. Des objets comme il y en a eu des milliers, que les victimes ont dû laisser sur les quais quand ils descendaient des convois qui les transportaient vers les camps de la mort et que les nazis récupéraient ensuite pour les envoyer en Allemagne.  

Les historiens estiment que 232 000 enfants et adolescents de moins de 18 ans ont été déportés à Auschwitz. Quand le camp a été libéré par les Soviétiques en 1945, quelque 700 seulement étaient encore en vie, dont la moitié étaient des Juifs. Ils se trouvaient dans un piètre état, même si la plupart d’entre eux avaient été emmenés durant la deuxième moitié de 1944 et n’y avaient passé que quelques mois. Des photos au Musée montrent des enfants rachitiques photographiés après leur libération.
Photo courtoisie, musée d'Auschwitz
Les historiens estiment que 232 000 enfants et adolescents de moins de 18 ans ont été déportés à Auschwitz. Quand le camp a été libéré par les Soviétiques en 1945, quelque 700 seulement étaient encore en vie, dont la moitié étaient des Juifs. Ils se trouvaient dans un piètre état, même si la plupart d’entre eux avaient été emmenés durant la deuxième moitié de 1944 et n’y avaient passé que quelques mois. Des photos au Musée montrent des enfants rachitiques photographiés après leur libération.

On voit aussi des amoncellements de chevelures humaines qui provenaient du rasage des prisonniers et qui étaient envoyées à des manufactures pour fabriquer des produits divers.  

Chambres à gaz  

Dès l’arrivée au camp, les hommes étaient séparés des femmes et des enfants. Ces derniers étaient presque automatiquement envoyés dans les chambres à gaz.  

Des petits vêtements ayant appartenu à des enfants qui ont été exterminés à Auschwitz sont exposés au Musée qui retrace les pires atrocités de l’Holocauste. Les gens emmenés de force dans le camp croyaient qu’ils étaient déportés à l’est de la Pologne. Plusieurs avaient revêtu leurs habits du dimanche.
Photo Stéphanie Martin
Des petits vêtements ayant appartenu à des enfants qui ont été exterminés à Auschwitz sont exposés au Musée qui retrace les pires atrocités de l’Holocauste. Les gens emmenés de force dans le camp croyaient qu’ils étaient déportés à l’est de la Pologne. Plusieurs avaient revêtu leurs habits du dimanche.

Le tour guidé a permis aux visiteurs d’entrer dans l’une d’elles. Les détenus y étaient emmenés en leur faisant croire qu’il s’agissait d’une douche. Les nazis leur demandaient de retirer leurs vêtements et de ne pas oublier où ils les avaient posés. Aucun n’en est jamais ressorti vivant. Parfois, l’agonie durait jusqu’à deux jours.  

Régis Labeaume a visité dimanche le mémorial et musée d’Auschwitz-Birkenau où 1,1 million d’hommes, femmes et enfants ont été exterminés durant la guerre. Le maire pose sous le tristement célèbre portail de fer qui porte la très ironique phrase écrite en allemand : «Le travail rend libre».
Photo Stéphanie Martin

Pour le maire Labeaume, l’humanité a un devoir de mémoire avec de tels musées pour que ces atrocités ne se reproduisent pas. D’autant que l’histoire a démontré que d’autres génocides ont eu lieu, notamment au Rwanda.  

«Il y a encore des exemples très récents de crimes contre l’humanité.»