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Achat des Alouettes: pour ceux qui aiment le risque

Achat des Alouettes: pour ceux qui aiment le risque
Photo d’archives, Martin Chevalier

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Qui est prêt à prendre le risque d’acheter les Alouettes ? Telle est la question. Car si l’équipe était en bonne santé, la famille Wetenhall aurait réussi à la vendre à des particuliers il y a un bon moment. 

La concession est devenue la propriété de la Ligue canadienne de football, vendredi dernier. Il approchait 19 h lorsque la ligue en a fait l’annonce par communiqué. 

Drôle de façon de faire. 

Quand une organisation diffuse une nouvelle alors que la plupart des gens ont commencé leur fin de semaine, c’est comme si elle voulait faire les choses en douce. 

Remarquez bien que le niveau d’intérêt pour les Alouettes est au plus bas. La vente n’a pas ébranlé le public. 

Le commissaire de la LCF, Randy Ambrosie, un homme bien sympathique, m’a expliqué hier que le bureau des gouverneurs avait tenu une conférence téléphonique tard en après-midi, d’où l’heure du message. 

Dernier groupe en lice 

En ce qui a trait aux pourparlers avec des acheteurs potentiels, Ambrosie a indiqué que la liste avait été réduite à un groupe. Comme il le dit depuis le début, il veut des investisseurs branchés avec Montréal et le Québec. 

De qui peut-il bien s’agir? 

Ça pourrait être tout le monde ou personne parmi les gens dont les noms ont été mentionnés au cours des dernières semaines. 

Commençons par Vincent Guzzo. 

Ce ne sont pas les idées qui lui manquent. Lors d’une entrevue au 98,5 la semaine dernière, il a évoqué la construction d’un nouveau stade et l’adoption d’une nouvelle identité pour l’équipe, soit les Alouettes du Québec. 

Or, une personne proche du dossier me dit que Guzzo n’a présenté aucune offre à la ligue. 

En fin de semaine dernière, le nom de Glenn B. Miller est apparu. Montréalais, il se spécialise dans le refinancement de compagnies en réorganisation. Une histoire dit qu’il aurait tenté d’acheter les Alouettes à deux reprises, la première fois en 2002 et la deuxième fois il y a trois ans. Il voulait en devenir le président en se faisant payer en actions. 

L’informateur, qui m’affirme que Guzzo n’est pas sur les rangs, ne voit pas Miller du tout comme propriétaire. Selon lui, c’est du chiqué. 

Entente cette saison 

Qui reste-t-il? 

Éric Lapointe et Clifford Starke se sont retirés de la course. Mais c’était avant que les Wetenhall disparaissent du portrait. Ils pourraient être dans le coup à nouveau, qui sait ? 

Il faut croire que le groupe avec lequel Ambrosie dit être en discussion est sérieux et répond au profil recherché par le commissaire. 

«Nous allons voir si nous serons capables d’en venir à une entente avec ces gens», a indiqué le commissaire. 

«Nous prévoyons que ça se fera pendant la saison à venir.» 

Mais qu’est-ce qui pourrait changer si ces personnes prenaient possession de l’équipe au cours des prochaines semaines ? 

Les Alouettes disputeront un dernier match préparatoire jeudi au stade Percival-Molson, avant d’entreprendre la saison régulière le 14 juin à Edmonton. 

C’est difficile de penser qu’un remue-ménage pourrait être fait une fois la saison commencée. Pourtant, une refonte s’impose. 

Autre saison de misère 

Dans tout sport d’équipe, il faut vendre de l’espoir aux amateurs. Mais qu’est-ce que les Alouettes peuvent offrir à leurs partisans en ce moment ? 

L’équipe n’a toujours pas de quart-arrière numéro un depuis qu’Anthony Calvillo a pris sa retraite. Elle compte peu de vedettes dans ses rangs. 

L’entraîneur-chef Mike Sherman semble avoir fait son temps. On dit d’ailleurs qu’il ne fait pas l’unanimité dans le vestiaire. C’est sans parler du directeur général Kavis Reed. 

Plusieurs amateurs sont passés à autre chose. Le nombre d’abonnements saisonniers ne s’élève plus qu’à 4000. 

À leurs bonnes années sous la présidence de Larry Smith, les Alouettes comptaient 17 200 abonnés de saison, en plus de 1000 billets achetés par les commanditaires. 

Quelqu’un me disait l’autre jour que ce n’est pas Calvillo qui manque le plus aux Alouettes, mais Smith. C’est vrai. 

Smith avait bâti cette organisation brique par brique lorsqu’il était le fondé de pouvoir de Bob Wetenhall. 

Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose. 

Partis sans dire bonjour 

Les Wetenhall ont quitté Montréal sans saluer les amateurs qui ont rempli le stade Percival-Molson durant les belles années des Alouettes. Ce n’est pas un drame, mais quand même. Quelque chose aurait dû être fait pour souligner leur départ. 

Ça viendra peut-être un jour. 

Personne ne peut nier que Bob Wetenhall a fait beaucoup pour les Alouettes durant ses 22 années comme propriétaire. 

Sous son règne, les Alouettes ont participé à huit finales de la Coupe Grey, l’emportant en 2002, 2009 et 2010. De plus, ils ont terminé au premier rang de la division Est à 10 reprises. 

Mais comme le dicton qui dit qu’une équipe est aussi bonne que son dernier match, on se souvient davantage aujourd’hui des quatre dernières saisons, qui ont été un véritable enfer. 

C’est la rançon de la gloire. 

Ça devra changer vite 

Les Alouettes se retrouvent en ce moment dans la même galère que les Expos à leurs trois dernières saisons à Montréal. 

Incapables de trouver de nouveaux propriétaires après la fuite en Égypte du duo Loria-Samson, les Expos ont finalement mis les voiles pour Washington, en 2004. 

La Ligue canadienne de football a intérêt à faire vite dans le dossier de la vente des Alouettes. Car c’est l’avenir de la concession qui est en péril en ce moment. 

Ça prendra un groupe capable de renverser la vapeur dans les meilleurs délais. Le secteur des opérations football est à rebâtir. Le marketing et les ventes sont à repenser. 

Les amateurs doivent vivre avec le sentiment qu’ils font partie intégrante des Alouettes, comme c’était le cas autrefois. Les joueurs étaient proches du public. 

Les amateurs s’identifiaient aux joueurs francophones. Ils se sentaient d’égal à égal avec la plupart des membres de l’équipe parce que ces derniers ne gagnaient pas des salaires astronomiques comme au hockey. 

Le lien était fort.