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Après l’eau rouge suspecte, le dépotoir de la minière Tata Steel sous enquête

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Les tuiles s’accumulent pour la minière Tata Steel Minerals Canada. En plus des déversements d’eaux rouges, leur dépotoir est dans la mire des autorités de Terre-Neuve-et-Labrador (TNL), a appris Le Journal.  

Notre Bureau d’enquête a été alerté par un rapport d’incident du Centre national des urgences environnementales du Canada rédigé à partir d’une plainte reçue le 18 mai et dont nous avons obtenu copie par demande d’accès auprès du gouvernement de TNL.   

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Batteries d’acide, chaudières percées d’huile de moteur usagée, écoulements suspects qui menacent des habitats de poissons... Les problèmes signalés à propos de ce dépotoir sont multiples.   

Sur place, Conrad André et Michel La Haye ont observé des huiles et des graisses industrielles, des bidons percés d’huile usée et des batteries d’acide.
Photo courtoisie, Conrad André et Benoit Desjardins
Sur place, Conrad André et Michel La Haye ont observé des huiles et des graisses industrielles, des bidons percés d’huile usée et des batteries d’acide.
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Selon ce document, aucun bassin ne permet de disposer du lixiviat (jus de déchet) qui s’écoule dans la rivière Howell sans filtration.   

Aucune clôture n’encadre l’endroit fréquenté par une dizaine d’ours « sans inhibition envers l’humain», ce qui représente un risque pour la sécurité, peut-on lire.   

Environnement Canada a aussitôt signalé la situation au gouvernement terre-neuvien, puisque le dépotoir est situé au Labrador.   

«Une enquête est en cours, nous ne pourrons donc pas commenter davantage», a déclaré la porte-parole du gouvernement de la province, Krista Dalton.   

La source  

Questionné par Le Journal, le biologiste Michel La Haye, qui agit comme consultant pour le conseil de bande des Innus de Matimekush-Lac John, près de Schefferville au Québec, a confirmé être l’auteur de la plainte.   

Ce dernier, de même que Conrad André, le gardien de l’environnement de la communauté, avaient observé le dépotoir à l’automne.   

Ils avaient alors fait part des problèmes à la minière. «Tata Steel nous dit que ce sont des restants de l’époque de la minière IOC [qui a déjà exploité certains gisements dans la région], mais ce sont des déchets de Tata Steel», explique M. La Haye.   

«En novembre, Tata nous avait dit qu’il y aurait un projet d’un nouveau dépotoir et qu’il collecterait tous les déchets dangereux... Nos photos datent de la semaine dernière, alors tirez vos propres conclusions», ajoute-t-il.   

«Ce qu’on voit, ce n’est pas normal ; nous ne sommes pas pris au sérieux, déplore M. André. C’est fâchant [...], on ne veut pas faire fermer la mine, mais on veut que la compagnie respecte l’environnement et les lois.»   

La minière exploite une vingtaine de gisements de fer au Québec et au Labrador.
Photo courtoisie
La minière exploite une vingtaine de gisements de fer au Québec et au Labrador.

Proximité troublante  

Autre élément troublant : le courriel du Journal envoyé à la porte-parole du gouvernement terre-neuvien a été transféré au porte-parole de la minière Armand Mackenzie pour l’informer de nos démarches.   

M. Mackenzie a d’ailleurs lui-même fait parvenir une capture d’écran de notre courriel au gouvernement en guise de réponse à nos questions sur le dépotoir. Invités à commenter les liens de proximité qui unissent l’entreprise et le gouvernement, M. Mackenzie et Mme Dalton sont demeurés silencieux.   

La semaine dernière, Le Journal révélait que le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait un dossier sur la minière et qu’il pourrait porter des accusations concernant un déversement d’eaux rouges survenu en 2018. La minière refuse depuis de répondre à nos questions.