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Coupes chez Groupe TVA: l'opposition accuse le gouvernement Trudeau d'inaction

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Des élus des partis d’opposition fédéraux accusent le gouvernement Trudeau de se traîner les pieds concernant la modernisation des règles de télécommunications, dans la foulée des abolitions de postes chez Groupe TVA.

«L’information, c’est un besoin, c’est une nécessité dans notre société et c’est mis en danger par l’inaction du gouvernement. J’ai vraiment honte de ce Parlement», a pesté le néo-démocrate Pierre Nantel, mercredi, en critiquant aussi les conservateurs au passage. 

Groupe TVA a annoncé mercredi l’abolition de 68 postes ainsi que «d’importantes compressions budgétaires visant à réduire ses charges opérationnelles». Autant des cadres que des employés syndiqués sont visés par les licenciements. 

L’entreprise a précisé que tous les secteurs d’activité seraient touchés à l’exception de TVA Publications, elle qui possède le réseau TVA, des chaînes spécialisées comme LCN, CASA, TVA Sports et Yoopa et les studios MELS. 

Groupe TVA, qui n’a pas mentionné l’ampleur des compressions budgétaires prévues, a souligné que ces coupes sont le résultat de l’«inaction des instances décisionnelles» qui tardent à modifier le cadre réglementaire fédéral de l’industrie télévisuelle. 

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À Ottawa, le porte-parole du NPD en matière de culture a souligné que l’ex-ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, avait fait de la révision des lois en matière des télécommunications et de la radiodiffusion une priorité afin de s’assurer que le cadre réglementaire canadien soit adapté à l’ère numérique. 

Il estime que «le gros du problème» est que les géants du web ne paient pas leur juste part d'impôts en percevant la taxe de vente. 

«On prend notre argent et on l’envoie directement en Californie. C’est une honte et il y une espèce d’apathie de dire ‘’vous savez, c’est comme ça, c’est moderne’’», a soutenu M. Nantel en ajoutant que d’autres juridictions, comme l’Union européenne, sont déjà passées à l’action en taxant notamment Netflix. 

La députée bloquiste Monique Pauzé a abondé dans le même sens. «Parfois, j’ai l’impression que le gouvernement attend que la planète entière ait taxé les géants du web pour, lui, agir», a-t-elle lancé. 

Selon elle, l’effet de cette «inaction» sera que les citoyens auront accès à des sources d’information de moins en moins diversifiées. 

M. Nantel et Mme Pauzé ont ainsi donné raison au Groupe TVA. Dans le communiqué faisant l’annonce de compressions budgétaires, le président et chef de la direction, Pierre Karl Péladeau, justifie ces coupes par le fait que «les gouvernements tardent à agir pour mieux soutenir les entreprises d’ici, notamment face aux géants étrangers du web». 

Le ministre du Patrimoine Pablo Rodriguez a rétorqué que le fédéral s’affaire justement à moderniser les lois en matière de télédiffusion. 

«Il y a un panel d’experts qui travaille là-dessus parce que les lois qui régissent nos systèmes de communication et de radiodiffusion pré-datent [l’avènement de] l’internet», a-t-il fait valoir en précisant qu'un rapport intérimaire de ce groupe est attendu dans quelques semaines. 

M. Rodriguez a en outre rejeté le blâme sur l’ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper, arguant que ce dernier n’a rien fait dans ce dossier durant ses 10 ans au pouvoir. 

À Québec, la ministre de la Culture et des Communications a réagi à cette annonce à sa sortie du Salon bleu. «Je suis très triste. Je viens de l’apprendre. Mes pensées sont avec mes ex-collègues», a dit la ministre caquiste qui a déjà travaillé pour TVA Nouvelles. 

«Chose certaine, et c’est la chose que je dis depuis le début, nous travaillons pour qu’il y ait de l’équité entre toutes les entreprises. Rappelez-vous, en novembre dernier, je demandais à ce qu’il y ait une commission parlementaire sur le droit à l’information, ce n’est pas pour rien. Nous sommes rendus au mois de juin et c’est à peine si ça commence», a ajouté la ministre Roy.