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Le caractère a dépassé le talent

Le gardien des Blues de St-Louis, Jordan Binnington, réalisant ici un arrêt lors du match de lundi, possède cette grande qualité de savoir rebondir après une défaite.
Photo AFP Le gardien des Blues de St-Louis, Jordan Binnington, réalisant ici un arrêt lors du match de lundi, possède cette grande qualité de savoir rebondir après une défaite.

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Je ne savais trop à quoi m’attendre de cette série entre les Bruins et les Blues, mais c’est l’une des bonnes finales des dernières années, et je crois qu’une nouvelle tendance se dessine dans la Ligue nationale. Le caractère a dépassé le talent.

En parlant de talent, j’ai une pensée pour le Lightning de Tampa Bay, qui a été balayé en quatre matchs au premier tour après une saison de 128 points.

Les Bruins et les Blues ont, bien sûr, des joueurs talentueux, mais ce qui m’impressionne chez ces deux équipes c’est le leadership et le caractère.

Si les Bruins gagnaient le match numéro 5, personne ne sera surpris de voir les Blues rebondir dans le match 6, et vice-versa.

Ce sont deux équipes de caractère et si les Bruins ont un peu plus d’expérience, l’esprit de corps chez les Blues est remarquable.

Leur défaite de 7-2 dans le match numéro trois a été dure à avaler, d’autant plus que c’était le premier match de finale présenté à St-Louis depuis 1970.

La troupe de l’entraineur Caig Berube est toutefois revenue en force pour gagner le match 4.

Et comme les Blues semblent mieux jouer sur la route, ils sont dans le coup plus que jamais. D’ailleurs, l’avantage de la patinoire ne semble plus compter pour grand-chose, aujourd’hui.

On voit de l’acharnement de la part des deux équipes, et en fin de compte je crois que l’équipe qui va gagner la coupe est celle qui va la vouloir le plus.

Je m’attends à ce que les gardiens, Tuukka Rask et Jordan Binnington, fassent le boulot et que les deux équipes soient disciplinées.

À ce chapitre, les Blues ont retenu leur leçon du match 3.

De plus, compte tenu des erreurs d’arbitrage dans les séries précédentes, je crois que les arbitres vont serrer leur sifflet dans les prochains matchs. La LNH ne veut certainement pas d’une autre mauvaise décision ayant un impact déterminant.

Parité, profondeur et caractère

La LNH change. La parité est évidente, mais il y a plus de profondeur aussi.

Dans mon temps, je me souviens qu’au repêchage, le talent était toujours la priorité, mais aujourd’hui, on constate que les recruteurs doivent davantage tenir compte du caractère.

À l’exception des joueurs surdoués comme Sidney Crosby, Connor McDavid, Alex Ovechkin et quelques autres qui représentent le 1 %, il y a un certain équilibre.

Les joueurs de 3e et 4e trios sont meilleurs que jamais et ça prend quatre bons trios pour espérer gagner la Coupe Stanley.

D’ailleurs, l’entraineur des Blues, Craig Berube, aime opposer son 4e trio au premier des Bruins. Ces joueurs doivent donc être acharnés et totalement dédiés.

Il n’y a plus de place pour les demi-mesures dans la LNH, et tout le monde doit bien jouer dans son territoire si tu veux avoir une chance de gagner la coupe.

C’est une autre preuve que le caractère a dépassé le talent.

Gardiens de caractère

On voit le même phénomène chez les gardiens de but. Malgré son inexpérience, Binnington m’impressionne par sa force de caractère.

Un peu comme Matt Murray qui a mené les Penguins de Pittsburgh à leurs deux dernières Coupe Stanley, il rebondit toujours après une défaite et c’est un aspect auquel les recruteurs devraient porter attention chez les jeunes gardiens.

Après avoir été chassé du match 3, Binnington ne semblait pas à son mieux au début du match 4, mais il a trouvé une façon de gagner, et encore une fois, il n’a donné que deux buts.

-Propos recueillis par Gilles Moffet

Entrefilets

L’incident Binnington, Rask
J’ai été surpris, samedi, de voir le gardien des Blues, Jordan Binnington, faire un léger détour et donner un petit coup de coude au gardien des Bruins, Tuukka Rask, en retournant vers son filet, mais je vous avoue que sans encourager ce genre de geste, ça ne m’a pas déplu. Binnington a lancé un message clair, comme quoi il n’était pas intimidé par un vétéran comme Rask. C’était comme s’il lui disait : « Tu n’auras pas le meilleur sur moi ». C’est tout de même particulier. Il y a fort à parier que le trophée Conn Smythe remis au joueur le plus utile des séries sera décerné au gardien gagnant. Rask et Binnington ont été remarquables depuis le début des séries éliminatoires. Dire que Binnington n’était même pas dans la LNH en début de saison.
 
On se déteste
La série finale en est une pour hommes, et ça joue dur. On voit que les Bruins et les Blues commencent vraiment à se détester. Ça me fait penser aux séries des années 1980. On se frappe et on se lance des pointes. David Perron n’a pas manqué d’écorcher Tuukka Rask après le match numéro trois en disant que le gardien des Bruins aimait plonger pour provoquer des pénalités. Perron n’a pas tort. Rask se donne parfois des airs d’acteur à la Ben Bishop.
 
Les Blues sont comme Rocky
Les Blues sont comme le boxeur hollywoodien, Rocky Balboa. Chaque fois qu’ils ont un genou à terre, tu crois qu’ils sont finis, mais ils trouvent le moyen de rebondir et de te faire mal. Les Bruins ne doivent surtout pas les prendre à la légère, et c’est un piège qui les guette. Les Blues sont revenus de l’arrière, 2-3 contre Dallas, 1-2 contre San Jose, et ça fait deux fois qu’ils nivellent la série face aux Bruins. Pourtant, peu de gens semblent croire en leurs chances, mais ils sont toujours bien vivants.