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Pinocchio dans le vrai monde

Joël Pommerat revisite et modernise le célèbre conte

Pinocchio
Photo courtoisie, Elizabeth Carecchio Pantin obstiné et qui aime faire à sa tête, Pinocchio vit des aventures terrifiantes qui forgeront, avant de voir sa vraie vie commencer pour de bon, son identité.

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Les propositions théâtrales de Joël Pommerat sont toujours inventives et visuellement intéressantes. Sa relecture de Pinocchio ne fait pas exception à la règle. C’est réussi.

À l’affiche à nouveau, ce jeudi soir, vendredi et samedi à La Bordée, à l’occasion du Carrefour international de théâtre, Pinocchio s’inscrit dans une série d’adaptations de contes pour enfants.

Il y a eu Le Petit Chaperon rouge en 2004, Pinocchio, qui est en fin de parcours, et Cendrillon, qui avait été présentée lors de l’édition 2016 du Carrefour international de théâtre.

La relecture du metteur en scène français s’inspire du conte de l’écrivain italien Carlo Collodi. Un conte écrit en 1881 que Pommerat modernise et transpose dans une autre réalité.

Créé à partir d’un arbre qui se casse en deux, lors d’un orage, Pinocchio, qui est superbement interprété par Myriam Assouline, en a dedans. Il est insolent, impertinent et cassant. Il donne des ordres à son « père » et il n’est pas du tout heureux de constater qu’il vit dans la pauvreté. Il veut s’amuser et n’a pas envie d’aller à l’école.

Pur et naïf, il se laisse embobiner facilement et cette innocence l’amènera dans une série d’aventures parfois inquiétantes. À la place du chat et du renard, c’est un trio de criminels qui attaquera la marionnette.

Un monde dur

Il pourrait s’en sortir, mais il est fier et obstiné. Il ne veut pas avouer qu’il est pauvre. Une fée acceptera de sauver le pantin, dont le nez s’allonge de façon spectaculaire.

L’histoire est bien racontée et Joël Pommerat propose à nouveau des tableaux qui sont intéressants visuellement. Certaines images sont fortes et habilement construites.

L’arbre, l’étrange fée d’un autre monde, la séquence techno dans une salle de classe, les ombres qui s’agitent derrière un rideau et le dernier droit de la pièce, avec des effets d’éclairage dans la noirceur et la fumée. La trame sonore s’intègre dans certains tableaux.

Le Pinocchio revisité par le metteur en scène, comme le précise le narrateur, est dans la vérité. La vérité d’un monde dur et où il faut être sur ses gardes.

« Le monde, dehors, c’est la pagaille. C’est l’enfer », lance le père.

Au terme d’un éprouvant chemin de croix, le pantin deviendra un véritable petit garçon. Il reste à savoir s’il aura appris de ses leçons et s’il changera vraiment. Et ça, c’est une autre histoire.