/entertainment/opinion/columnists
Navigation

Tchernobyl : à soir, on fait peur au monde

Coup d'oeil sur cet article

 Ce qui me fait peur quand je regarde la télé, ce ne sont pas les zombies. Ni les monstres de Stranger Things. Ni même les dragons de Daenerys Targaryen. 

 Non, ce qui me fait littéralement angoisser, c’est quand on me raconte une histoire vraie qui fait peur. Et l’histoire d’horreur qui me donne des frissons à la télé en ce moment, c’est la série Chernobyl (Tchernobyl en version française).

 UN THRILLER POLITIQUE 

 La version française de Chernobyl sera diffusée à 22 h à partir du 6 juin, à Super écran. Accrochez-vous : c’est à la fois la meilleure série que j’ai vue à la télé depuis longtemps... et la plus terrifiante. 

 À 1 h 23 du matin, le 26 avril 1986, le réacteur n° 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl (en Ukraine, dans l’ex-URSS) explose. La minisérie raconte non seulement cette explosion, mais aussi toute l’opération de « nettoyage » qui a suivi et surtout l’enquête sur les causes de l’accident. 

 Dans une scène particulièrement haletante, on apprend que si les scientifiques ne parviennent pas à empêcher une deuxième explosion, c’est toute l’Europe qui va être dévastée par un accident nucléaire pire que Hiroshima et Nagasaki. En 1986, l’Europe telle qu’on la connaît aurait pu être rayée de la carte. 

 La grande force de cette minisérie, c’est de nous raconter, avec des personnages qui ont vraiment existé, une histoire tellement horrible qu’on pourrait la croire inventée. 

 Ce qui m’a angoissée en visionnant les cinq épisodes, ce n’est pas seulement la vision des personnes irradiées dont le corps se décompose littéralement sous nos yeux. 

 Ce ne sont pas seulement ces scènes horribles où des militaires abattent des animaux irradiés. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

 Ce n’est pas seulement le visage craintif des premiers répondants (pompiers, personnel médical) qui n’ont aucune idée qu’ils courent vers leur mort. 

 Ce qui est aussi angoissant dans Chernobyl, c’est la terrible réalité politique qu’elle décrit. 

 On comprend rapidement que le régime soviétique de l’ex-URSS (de Mikhail Gorbachev) préférait laisser crever des milliers de gens plutôt que d’admettre qu’il a pu faire une erreur. Ce qui glace le sang, c’est quand un des bureaucrates déclare : « La position officielle du gouvernement, c’est qu’une catastrophe nucléaire ne peut pas arriver en Union soviétique. » 

 Toutes les décisions qui sont prises le sont pour des raisons politiques. La science, la santé, l’environnement ? On s’en tape. 

 Ce qui compte, c’est de maintenir l’image de l’URSS et surtout de ne pas se faire humilier à la face du monde (et de son pire ennemi, les États-Unis). 

 Chernobyl montre du doigt un régime autoritaire qui préfère mentir, cacher de l’information, intimider ceux qui parlent, plutôt que de protéger sa population. 

 Rappelez-vous : en 1986, le mur de Berlin n’est pas encore tombé. Le KGB contrôle l’information et enferme ceux qui veulent connaître la vérité. On n’est pas dans le Gilead dystopique de La servante écarlate. On est dans la réalité du régime soviétique. 

 L’EXPLOSION D’UN RÉGIME 

 J’ai très hâte de voir comment vont réagir nos amis de la gogauche, toujours prêts à dénoncer les dérapages des États-Unis, face à ce constat dévastateur pour l’ex-URSS. 

 En voulez-vous une bonne ? Quel est le vrai nom de la centrale de Tchernobyl ? La centrale Vladimir Ilitch Lénine ! Ha, ça ne s’invente pas...