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Forcées de témoigner, deux victimes de proxénétisme se rendent

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Visées par un mandat d’arrestation parce qu’elles ne voulaient pas venir témoigner contre leur proxénète, deux victimes se sont finalement pliées à l’ordre de la cour.

Alors que le procès du proxénète Romuald-Andy Aman devait s’ouvrir la semaine dernière par le témoignage de trois victimes de l’accusé, celles-ci avaient fait faux bond à la couronne. Malgré des tentatives de la part d’enquêteurs du SPVQ pour retracer les jeunes femmes, elles ont refusé de se présenter en cour.

Après un débat entre les avocats sur la question des assignations à comparaître envoyées aux victimes par message texte, la juge Annie Trudel a estimé que leur absence justifiait un mandat d’arrestation afin de les forcer à ce présenter en cour. En début de semaine, une première victime a été arrêtée par les policiers et a finalement accepté de se présente en cour.

Par la suite, une deuxième victime a communiqué avec l’enquêteur au dossier pour lui indiquer qu’elle collaborerait. «Je l’ai texté pour lui dire qu’il pouvait venir me chercher» a dit la victime aujourd’hui âgée de 19 ans.    

30 clients, zéro argent

Alors que la victime était dans une salle contiguë pour assister au procès par visioconférence, la procureure de la couronne Valérie Lahaie a présenté une vidéo tournée quelques jours après les faits survenue en juin 2016. Fuyant le centre jeunesse alors qu’elles étaient mineures, deux des trois victimes avaient été prises en charge par Aman.

Dans son témoignage vidéo, la victime dit avoir fait deux séances photo afin que des images sexy d’elle soient diffusées sur des sites internet afin d’attirer des clients. Aman lui aurait fourni des vêtements et de la cocaïne pendant les 10 jours de fugue.

L’adolescent dit avoir fait au moins 30 clients pendant les dix jours qu’elle a passé dans différents hôtels du Centre-du-Québec. Le prix était de 80$ pour 15 minutes ou 120 $ pour une heure. C’est Aman qui fixait les prix.

Estimant avoir fait «autour de 1000 $», elle affirme pourtant n’avoir «rien fait pantoute, même pas une cent noire». La victime dit avoir aussi eu des relations sexuelles avec l’accusé avant qu’une simple vérification de routine ait permis à des policiers de mettre la main sur les deux fugueuses et arrêté le proxénète.

Coaccusé

Rappelons qu’un coaccusé, Emmanuel Ushind Kanane, purge une peine de cinq ans de pénitencier. Ce dernier avait plaidé coupable aux mêmes types d’accusations que Aman.