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Quatre nations dénoncent les revendications des Wendats

Le grand chef Konrad Sioui parle plutôt «d’affirmation de droits» reconnus

4 nations autochtones signent une déclaration respect mutuelle
Photo Valérie Bidégaré En l’absence de la nation huronne-wendat, les chefs de quatre communautés ont scellé une alliance basée notamment sur l’autonomie gouvernementale.

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Le grand chef Konrad Sioui s’est montré peu impressionné de voir quatre nations autochtones s’allier jeudi pour dénoncer les revendications territoriales de sa nation huronne-wendat.

Des chefs des nations innues, malécites, abénakises et atikamekw se sont rassemblés afin de signer une déclaration de respect mutuel. Les parties signataires souhaitent aussi lancer un message clair aux deux paliers de gouvernement, à savoir qu’elles ne veulent plus les voir s’immiscer dans leurs dossiers.

« C’est fini pour eux cette stratégie-là de diviser pour mieux régner », a lancé le chef des Pekuakamiulnuatsh, Clifford Moar. Les chefs ont aussi dénoncé les revendications territoriales de la nation huronne-wendat.

Pas d’exclusivité

M. Moar a fait référence à la signature, en janvier dernier, d’une nouvelle entente entre Ottawa et la nation huronne-wendat afin de lui accorder davantage d’autonomie, notamment pour agrandir son territoire.

Les Wendats souhaitent mettre la main sur les anciens terrains de la Défense nationale qu’ils convoitent à Sainte-Foy, mais lorgnent également des terres situées dans le parc des Laurentides, qui appartiendraient aux Innus de Mashteuiatsh, notamment.

« Il y a plusieurs tentatives pour engager les pourparlers avec la nation huronne, et ça avorte toujours. Ce n’est pas la nation huronne, mais plus le chef Sioui, qui nous amène toujours sur un terrain où on ne veut pas aller, qui est toute la question de l’exclusivité territoriale », confirme Clifford Moar.

Ce dernier déplore que Konrad Sioui agisse comme si le territoire n’appartenait qu’à la nation huronne-wendat.

« Protéger son territoire, ça ne veut pas dire qu’on garde l’exclusivité. On est prêts à partager », dénonce M. Moar.

Sioui déçu

Grand défenseur d’une cohabitation pacifique, Konrad Sioui a déploré cette sortie des autres communautés lors d’une rencontre à laquelle il n’avait pas été invité.

« On n’a jamais empiété sur le territoire de personne. Nous ne sommes pas en revendication, nous sommes en affirmation de droits. La Cour suprême nous a donné raison. Je les invite à faire leurs preuves comme nous. Notre nation a toujours été capable de s’entendre avec tout le monde », a affirmé M. Sioui.

« Il ne faut pas être jaloux ou envieux. C’est très triste d’avoir fait un show de boucane comme ça », a-t-il ajouté.

Selon lui, l’attention devrait être tournée vers le rapport alarmant de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées déposé il y a quelques jours.