/opinion/columnists
Navigation

Réjean, Gertrude, Vincent et les autres

Rejean Hebert
Photo Jean-Francois Desgagnés Réjean Hébert

Coup d'oeil sur cet article

L’ex-ministre péquiste Réjean Hébert envisage de porter les couleurs de l’équipe de Justin Trudeau lors de la prochaine élection fédérale.

Il veut, dit-il, faire avancer les soins à domicile et le traitement des maladies chroniques.

Réglons une première question : serait-ce un coup de maître pour les libéraux fédéraux ? Du calme.

Monsieur Hébert fut ministre de la Santé pendant 18 mois dans le gouvernement Marois, largement impuissant parce que minoritaire.

Sans mettre en doute son intellect, la colline parlementaire se souvient surtout de ses chemises très originales. Et pourquoi pas ?

Loufoque

Gaétan Barrette, qui n’a pas toujours tort, voit dans l’odyssée de M. Hébert un reflet renversé de celle de Vincent Marissal.

L’ex-journaliste s’est joint à une formation souverainiste après avoir demandé un emploi au PLC, l’ennemi historique le plus acharné du projet souverainiste.

Réjean Hébert se joindrait au PLC après avoir signé une lettre disant que la voie de l’avenir était une fusion du PQ et de QS.

Chose certaine, les deux démarches ont en commun d’être parfaitement incohérentes au plan intellectuel et puissamment opportunistes.

Désespoir ? Ego ? Vous déciderez

Pour essayer de se justifier, monsieur Hébert multiplie les phrases loufoques.

« Je ne suis pas un politicien de carrière, je suis un politicien de projets. »

« Projets » ? Se joindre à un PLC dont le principal « projet » depuis des décennies est de ratatiner le Québec ? !

Oubliés l’emprisonnement d’innocents en 1970, l’armée au Québec, les tricheries référendaires, le scandale des commandites, la loi sur la « clarté », l’envahissement des juridictions des provinces, etc. ? !

Le scandale SNC-Lavalin ? « Je pense que ce sont des crises qui sont normales dans l’évolution d’un gouvernement. »

Il semblait sérieux.

Il dit aussi : « C’est sûr qu’un poste de ministre me permettrait d’avoir beaucoup plus d’emprise sur les changements implantés. »

Souvenez-vous : Gertrude Bourdon s’offrait à tous pour être ministre parce qu’elle aimait, disait-elle, « magasiner ».

Brandissons le crucifix de l’exorcisme devant M. Hébert et hurlons tous ensemble : « Gertrude, sors de ce corps ! »

Indigne

M. Hébert dit : « Si on veut continuer à faire avancer le Québec ou faire avancer le Canada, il faut aller dans une autre direction. »

Pour lui, c’est l’un ou l’autre. Bof !

Et qu’arrive-t-il dans les cas où la direction canadienne est contraire à la direction québécoise ?

Des exemples récents ? Demandeurs d’asile, pipeline, laïcité, Netflix, déclaration de revenus, valeurs mobilières, loi 99 et tant d’autres.

Dans le domaine de la santé, Ottawa impose ses conditions rigides et laisse aux provinces une facture qui explose. Bravo, mon Réjean, beau « projet » !

Il se justifie en évoquant les péquistes devenus caquistes, sauf que la CAQ travaille pour le Québec, pas contre.

Des nationalistes québécois sont aussi passés aux conservateurs fédéraux, sauf que le PC, depuis Mulroney et incluant Harper, fut infiniment moins anti-Québec que le PLC.

Il conclut : « Si c’est de l’opportunisme de faire avancer des projets, oui, je suis opportuniste. »

Opportuniste ? Oui, et aussi pathétique, indigne et lamentable.