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Attention aux marmottes

Nicholas Latifi a eu une petite frousse, vendredi

Grand Prix du Canada
Photo PIerre-Paul Poulin

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Nicholas Latifi a donné ses premiers coups de volant en F-1 dans un Grand Prix cette année, à l’occasion de la première séance d’essais libres.

Pilote d’essai chez Williams, le Torontois qui est né à Montréal avait pris part à trois journées d’essai privé plus tôt cette année à Barcelone et à Bahreïn. En 33 tours de piste, Latifi a pris le 20e et dernier rang, mais il n’a terminé qu’à 0 s 21 de son coéquipier George Russell qui avait remporté le titre l’an dernier en F-2 et à 3 s 432 du meneur Lewis Hamilton. Son meilleur temps au tour a été de 1 min 16 s 199.

Nicholas Latifi en est à sa deuxième participation au Grand Prix du Canada.
Photo Martin Chevalier
Nicholas Latifi en est à sa deuxième participation au Grand Prix du Canada.

Tous heureux

«L’équipe est heureuse et moi aussi je suis content, a résumé Latifi qui pilotait la Williams FW42 de Robert Kubica. Je suis content d’avoir ramené la voiture en un seul morceau. Lors de la première séance, la piste est poussiéreuse. Vous voulez rester loin des murs et réussir de bons tours, vous habituer à la voiture et permettre à l’équipe d’accumuler des données. Parce que je suis natif de Montréal, j’ai ressenti un sentiment spécial quand je suis sorti des puits.»

Marmottes peu nerveuses

Latifi a eu une bonne frousse dans un virage lorsqu’il a évité de justesse une marmotte qui s’était pointée sur la piste comme il arrive souvent au Grand Prix du Canada.

«Ça s’est produit probablement au pire virage possible, a-t-il indiqué. Une chance qu’elle a figé. J’aurais pu endommager la voiture si j’étais arrivé à plus grande vitesse, ce qui aurait coûté plus cher que de remplacer un aileron.»

Avant la première séance d’essais, le pilote français Romain Grosjean a photographié une marmotte et écrit sur son fil twitter. «Ma chère amie, svp ne traverse pas la piste quand les voitures circulent.»

Pour Latifi, il s’agissait d’une deuxième participation au Grand Prix du Canada, lui qui était pilote d’essai l’an dernier chez la défunte écurie Force India.

Il avait alors effectué 28 tours, terminant au 19e rang tout juste derrière son coéquipier Lance Stroll.

Les différences

Quelles sont les principales différences entre les voitures de F-1 et F-2?

«La puissance, c’est une belle sensation quand vous mettez le pied sur l’accélérateur, mais vous vous y habituez rapidement, a souligné le pilote de 23 ans qui compte trois victoires cette année en F-2 et occupe le premier rang au classement général. Les appuis aérodynamiques et l’adhérence sont les choses les plus frappantes quand vous n’êtes pas un pilote régulier. L’adhérence est beaucoup plus forte et elle rend le freinage beaucoup plus efficace.»

Latifi doit surtout se concentrer sur la F-2

Il doit finir dans le Top 5 pour avoir une super licence

L’homme d’affaires Michael Latifi en grande conversation dans les puits, vendredi matin.
Photo Martin Chevalier
L’homme d’affaires Michael Latifi en grande conversation dans les puits, vendredi matin.

Même si son fils dispute sa 4e saison à temps plein en F-2 et qu’il est âgé de 23 ans contrairement à d’autres pilotes qui ont fait le saut en F-1 plus jeunes, Michael Latifi soutient qu’il n’y a pas le feu en la demeure.

«Contrairement à des gars comme Leclerc (Charles), Russell (George), Albon (Alexander) qui ont débuté le Go Kart à l’âge de 4 ou 5 ans, Nicholas dispute seulement sa 10e année en sports motorisés, a expliqué le paternel qui est copropriétaire du groupe McLaren. Les gens regardent son âge, mais ils oublient son histoire. Il a débuté le Go Kart à l’âge de 13 ans. Il doit compléter sa formation de base et prendre de l’expérience. Il travaille très fort et il est dédié. Il n’y a pas de sentiment d’urgence.»

Le grand saut ?

Meneur du championnat de F-2 avec un petit point d’avance sur le Néerlandais Nyck de Vries après deux sorties plus difficiles à Monaco il y a deux semaines, le pilote d’essai de Williams pourrait-il faire le saut à temps plein en F-1 dès l’an prochain?

«Williams représente un bon «fit» pour Nicholas, a affirmé le paternel d’origine iranienne dans un excellent français. C’est une équipe familiale qui possède une bonne feuille de route dans le développement de jeunes pilotes, notamment Jacques Villeneuve et Valterri Bottas. Nicholas doit se concentrer sur la F-2. C’est très important qu’il obtienne de bons résultats et demeure dans la bataille pour le titre.»

Le pilote torontois doit terminer dans le Top 5 en F-2 s’il veut obtenir sa super license, condition essentielle pour faire le saut en F-1. «À la fin de l’été, on saura où il se situe. L’objectif est toujours d’obtenir un poste à temps plein en F-1, mais il n’y a aucune garantie. Mieux tu fais en F-2, ça peut ouvrir des portes en F-1. Quelques pilotes sont en danger, notamment Robert Kubica et Antonio Giovinazzi (Alfa Romeo).»

Le fils pourrait-il rejoindre le paternel chez McLaren? «Il n’y a pas de discussion à ce sujet, a assuré l’homme d’affaires torontois qui détient 10 pour cent du groupe McLaren en vertu d’un investissement de 350 millions en 2018. Nous avons deux bons jeunes pilotes et nous sommes très contents. Mon implication chez McLaren n’a jamais été reliée à la perspective d’offrir un poste à mon fils. Une très belle opportunité d’affaires s’est offerte et le futur est intéressant.»

Au bas de l’échelle

«Il est plus facile pour un jeune pilote de faire ses classes dans une plus petite écurie que dans une grosse où tu dois performer tout de suite, de poursuivre le propriétaire et fondateur de Sofina Foods, troisième plus importante entreprise alimentaire au Canada. Dans le passé, des pilotes comme Michael Schumacher et Sebastian Vettel ont débuté dans des écuries de moindre envergure avant de graduer.»