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Procès de «l’apôtre de Québec»: il l’aurait agressée pour la «purifier»

La mère de la victime l’aurait «offerte en offrande» au révérend Paul Mukendi

Paul Mukendi
Photo Nicolas Saillant Paul Mukendi est accompagné d’une vingtaine de fidèles qui le soutiennent. On le voit ici avec son avocat.

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Le révérend Paul Mukendi aurait eu des relations sexuelles avec sa victime pour la « purifier » et faire « disparaître ses règles douloureuses ».

Après la formation du jury lundi et quelques débats hors jury cette semaine, le procès de celui qui se dit « l’envoyé de Dieu pour la ville de Québec » débutait avec le témoignage de la victime au dossier. Mukendi est accusé d’agressions sexuelles, de menaces de mort et de voies de fait sur une période de 14 ans.

À son arrivée au Canada, Mukendi était hébergé chez les parents de la victime, sur le chemin de la Canardière, puisque ce dernier est de la même ethnie que sa mère. « Il est considéré comme un oncle maternel », a indiqué la victime.

C’est à cet endroit qu’il a fondé son église Parole de vie, mais c’est aussi là où aurait eu lieu jusqu’à trois agressions sexuelles par semaine. D’abord, des contacts sexuels auraient eu lieu alors que Mukendi se rendait dans sa chambre la nuit pour « prier ».

La première agression sexuelle complète aurait été très violente, selon le témoignage de la victime qui affirme que son agresseur a déchiré sa jaquette et mis une main sur sa bouche avant de la « pénétrer », ce qui lui a causé des lésions.

La victime, qui avait à l’époque 14 ans, avait des règles douloureuses à l’adolescence. C’est donc pour faire « disparaître » ses maux et pour la purifier que les agressions auraient été commises.

« Offrande »

Âgée de 16 ans, l’adolescente a été forcée d’aller habiter chez son agresseur après que sa mère l’eut « offerte en offrande ». « C’était pour le remercier d’avoir été présent pendant l’absence de mon père », a expliqué la victime. Le père n’a jamais été membre de l’église.

Mukendi aurait aussi usé de plusieurs moyens pour faire taire sa victime, affirmant qu’elle « l’avait cherché et que c’est elle qui l’avait séduit ». À d’autres occasions, pour la convaincre de garder le silence, il l’avise qu’elle va « brûler en enfer » si elle parle.

« Une phobie » pour la victime qui n’avait que très peu de contact avec le monde extérieur puisque Mukendi interdit à ses disciples de communiquer avec les « pommes pourries », les mauvais chrétiens.

Films pornos

Forçant sa victime à lui faire une fellation, le révérend aurait été blessé en raison de l’inexpérience de l’adolescente. L’homme de Dieu lui aurait « demandé d’écouter des films pornos pour avoir un peu plus d’expérience ».

La femme aujourd’hui âgée de 31 ans a expliqué dans quel contexte Paul Mukendi gouvernait son église du boulevard Pierre-Bertrand. « On devait donner 10 % de notre salaire, mis à part les dons. » Elle a raconté avoir été forcée de verser sa toute première paye comme femme de chambre au révérend.

Cette somme a servi à payer « un démarreur à distance pour sa Ford », a-t-elle affirmé. Le juge Jean-François Émond a permis l’ajournement jusqu’à lundi après que la victime a eu un haut-le-cœur en témoignant.

La victime témoigne

« Il faut toujours mettre l’église en premier. On ne peut pas avoir de copain, c’était interdit, c’est la volonté de Dieu. »

« Il disait que ma famille était maudite. Mon père était un sorcier. »

« On n’a pas le droit d’avoir des amis en dehors de l’église. » Il s’agit de « pommes pourries », des « chrétiens irrécupérables ».

« Il était l’envoyé de Dieu pour la ville de Québec, pour sauver les gens. »

Mukendi lui dit : « Vous allez brûler en enfer. J’y crois parce que c’est un homme de Dieu. »

« Je devais le satisfaire sur tous les points. Je lui appartenais. »