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20 $/l’heure pour gérer un «kiosque» de crème glacée

Une femme d’affaires surprise par l’ampleur de la pénurie de main-d’œuvre

20 $/l’heure pour gérer un «kiosque» de crème glacée
Photo courtoisie

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Un mois après l’ouverture de son commerce de desserts glacés à Lévis, une femme d’affaires de Montréal envisage déjà de fermer son établissement si elle ne trouve pas le personnel nécessaire pour le faire fonctionner.  

À Lévis, où le taux de chômage est inférieur à 4 %, les chercheurs d’emploi ont le gros bout du bâton, et Clodine Chartrand est en train de l’apprendre à ses dépens.       

« C’est incroyable. Le problème est deux fois pire ici qu’à Montréal », affirme la femme d’affaires qui est propriétaire de deux franchises La Diperie, dont l’une à Lévis et l’autre à L’Île-des-Sœurs.       

La Diperie, une nouvelle chaîne de bars laitiers fondée en 2014 à Montréal, connaît une forte croissance au Québec, avec une quarantaine de succursales à son actif.       

« À Montréal, je reçois cinq, six ou sept CV par semaine. À Québec, on ne peut pas embaucher. On n’a pas de CV ! Quand une personne se présente en entrevue, elle veut un salaire entre 16 $ et 20 $ de l’heure. Même à cela, les employés se font courtiser par d’autres employeurs et ils finissent par partir », a témoigné Mme Chartrand, qui est désabusée.       

Un casse-tête  

Lorsqu’elle a acheté la succursale de Lévis, elle a voulu saisir une « belle opportunité », mais rapidement l’expérience s’est transformée en casse-tête.       

Au cours des dernières semaines, Mme Chartrand dit avoir formé au-delà d’une dizaine d’employés qui ne sont pas restés parce qu’ils ont reçu des offres ailleurs. Chaque fois, tout est à recommencer, dit celle qui multiplie les allers-retours entre Montréal et Québec.       

« Je suis à même de constater à quel point le recrutement de main-d’œuvre est problématique dans la région de Québec. C’est énorme ! On en entend parler à Montréal, mais il faut le vivre pour le croire. »       

Dans un monde idéal, Mme Chartrand aurait besoin de six à huit employés, alors qu’elle fonctionne actuellement avec trois personnes, ce qui l’oblige à fermer plus tôt certains soirs.       

Néfaste pour la clientèle  

« Les horaires ne sont pas stables et c’est très néfaste pour la clientèle. Le manque d’employés nuit énormément. »       

La femme d’affaires n’a pas eu d’autres choix que d’augmenter le taux horaire. Elle offre 14 $/l’heure pour un emploi de commis, et 20 $/l’heure pour les postes de gérant et d’assistant-gérant. Les candidats qu’elle a rencontrés en entrevue étaient intéressés, mais ils ne se sont pas présentés à la formation.       

« Il y a beaucoup de surenchère au niveau salarial et des conditions de travail. Un bar laitier peut paraître moins intéressant, car c’est un commerce saisonnier qui ne peut offrir de “permanence”. Alors, on se retrouve au bas de l’échelle », dit-elle.       

« Au rythme où vont les choses, j’ai l’impression que je vais devoir remettre ça en vente rapidement », ne cache pas la femme d’affaires.        

Si vous avez des témoignages à donner ou des solutions à proposer, veuillez écrire à diane.tremblay@quebecormedia.com