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Apéritifs avant les grandes vacances

<b><i>Avec pas une cenne : Récits de voyage</i></b><br />
Sous la direction de Mélissa Verreault<br />
Éditions Québec Amérique
Photo courtoisie Avec pas une cenne : Récits de voyage
Sous la direction de Mélissa Verreault
Éditions Québec Amérique

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La fin des classes approche et ça sent les grandes vacances. Ce sera bientôt l’occasion de partir en voyage en famille ou en couple, vers une destination qui bien souvent marquera à jamais notre imaginaire.

Ce sont de tels souvenirs de voyage, agréables ou moches, en voiture ou en train, que nous racontent 14 auteurs et auteures venus de différents horizons.

Ce récit de voyage en famille à Old Orchard, raconté par Kadidja Haïdara, qui doit sûrement être humoriste dans la vie, m’a fait rire aux larmes. On sait tous que si on cherche l’eau chaude de la mer, ce n’est pas à Old Orchard qu’on la trouvera. Mais on s’y rend quand même, pour le dépaysement. Mais quel dépaysement ? C’est plutôt dans la piscine du Sea Drift Motel que se réfugient tous « les touristes ne sachant pas apprécier les symptômes de l’hypothermie ». Ce qui fait que la piscine atteint un achalandage « niveau jam-packed ». Alors on s’y précipite, dans l’espoir de trouver quelques chaises longues de libres à l’ombre. Mais ce n’est pas toujours chose facile lorsqu’il s’agit de faire avancer la poussette de son enfant avec les roues coincées dans le sable de la plage. On imagine la scène aisément. Autour de la piscine, ça discute fort de l’imminence du retour des Nordiques à Québec, tandis que la famille Jésus-Marie-Joseph guette le moment où la femme de ménage aura enfin terminé de nettoyer le gros gros dégât qui s’est produit dans la chambre. Je ne vous en dis pas plus, mais j’ai ri de bon cœur.

Juliana Léveillé-Trudel, une touche-à-tout, raconte une histoire d’amour avec un Hollandais rencontré au Pérou, qui durera à peine plus qu’un baiser torride sur la plage. Une histoire pas si triste que ça finalement et fort bien racontée, car elle réussit à maintenir le suspense jusqu’à la fin.

J’ai adoré lire Paul Kawczak, originaire de Besançon, en France. Ce qu’il dit de la jeunesse m’a bouleversé et m’a rappelé la mienne, de jeunesse : « C’est tellement con d’être jeune. Cette surpuissance du corps. Encore animal. Con comme un balai, mais sensible, putain. Incroyablement sensible et dans le déni de tout. » Ça m’a fait du bien de le lire, à ce moment-ci de ma vie, moi le déjà vieux. Moi aussi, comme lui, je me suis demandé certaines choses à propos du désir des femmes sur le corps des hommes, vous irez voir, c’est à la page 38. Et puis un peu plus loin : « Le sexe, c’est du suicide. Comme tout ce qui est vrai. » Moi aussi, ça me donne envie de pleurer.

Aventures et cauchemars

Kévin Lavoie raconte une aventure d’un soir, sur une plage mexicaine. Il s’est laissé tenter par un monsieur plus âgé que lui, mi-allemand, mi-vietnamien, et il tente de s’expliquer cette première incursion dans l’amour homosexuel. « Ce qui se passe au Mexique reste au Mexique », se convainc-t-il.

Jean Désy, qu’on connaît bien pour ses récits et sa pratique médicale dans le Grand Nord québécois, part en Nouvelle-Zélande pour pallier le « vide profond » créé par le départ de son amoureuse. Dans cette île, il trouvera à coup sûr une nouvelle joie de vivre, grâce aux arbres, aux fleurs et aux oiseaux. « J’aime ces voyages, dit-il, où tout ce qui importe vraiment, c’est d’avoir un toit sur la tête et de quoi manger. »

Jean-François Provençal, qui doit être jeune comédien, s’en va rejoindre deux amis à Bangkok puis en Inde où il vivra un véritable cauchemar dans un hôtel miteux avec des insectes qui le piquent partout et une araignée grosse comme sa main. Il n’y restera pas plus de 32 heures, mais son retour chez lui sera tout autant cauchemardesque.

Carmel-Antoine Bessard, d’origine haïtienne, est une grande voyageuse. Cette fois-ci, elle s’en va vivre l’expérience de la jungle dans l’Amazonie équatorienne, genre forfait « drogues shamaniques ». Un autre cauchemar.

Vincent Brault nous fait part d’un amour fulgurant avec une Japonaise « aux paupières rouges ». Dépaysement garanti.

Des histoires d’ailleurs, il y en a 14, brèves, intenses, touchantes. À lire avant ou pendant le grand voyage.