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Cynisme et constats d’une génération

Neuf
Photo courtoisie, Valérie Remise Marc Messier aborde avec humour et réalisme les conséquences inévitables du vieillissement. 

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Henri Chassé, Pierre Lebeau, Marc Messier, Mireille Métellus et Monique Spaziani ont franchi le cap de la soixantaine. Dans Neuf (titre provisoire), ils abordent, avec humour, cynisme et réalisme, le temps qui passe, la peur de vieillir et la mort.

Présentée hier et vendredi, à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, à l’occasion du Carrefour international de théâtre, la pièce écrite et mise en scène par Mani Soleymanlou est un délice. Un objet théâtral loin de la rectitude et parfois très jubilatoire.

Neuf (titre provisoire), c’est l’histoire de cinq comédiens qui se retrouvent au salon funéraire à la suite du décès d’un ami commun. L’homme a écrit une œuvre ultime et elle est interprétée, texte à la main et autour d’un cercueil et d’une croix lumineuse, par les Chassé, Lebeau, Messier, Métellus et Spaziani.

Humour et cynisme

Ils rendent hommage au défunt, reprennent les clichés entendus et les moments de malaise des salons funéraires, puis ils se mettent à parler d’eux, de ce qu’ils ont vécu, du vieillissement, de la mort et de réflexions sur ce qui les agace.

Il y a beaucoup d’humour, de cynisme et c’est loin d’être lourd. Avec sa voix éraillée et ses mimiques, Pierre Lebeau offrira plusieurs moments hilarants et jubilatoires.

« Les gens sont incapables de nommer un auteur, à part Michel Tremblay, mais ils peuvent nommer 25 cuisiniers », lance « l’indigné » de service.

La force de Neuf (titre provisoire) repose sur ces moments d’impertinence, de réalisme, de folie, sur le jeu des comédiens, celui très physique de Monique Spaziani et sur une mise en scène, entre le spectacle et la répétition, qui est très efficace.

Les années s’écoulent. Les mois, les jours et les secondes défilent. La mort approche. Qu’est-ce qu’on fait du temps qu’il nous reste ? Neuf installe, inévitablement, un début de réflexion.