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L’âge de la majorité pour Sucré Salé

Patrice Bélanger
Photo: Jocelyn Michel / leconsulat.ca Patrice Bélanger

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Le magazine culturel estival Sucré Salé célèbre ses 18 ans. Dix-huit ans à donner la parole aux artistes dans une atmosphère ludique. Dix-huit ans à occuper un créneau en prime time et à maintenir des cotes d’écoute au-dessus du million. En dix-huit ans, seuls deux animateurs auront pris la barre du rendez-vous : Guy Jodoin, puis Patrice Bélanger. Voici les secrets de sa longévité.

En 2001, les producteurs Bernard Fabi et Jean-Marc Beaudoin ont misé sur la folie de Guy Jodoin pour animer ce rendez-vous quotidien. Treize ans plus tard, Patrice Bélanger en est devenu, avec son style tout aussi dynamique, l’héritier parfait. « On a voulu faire un bulletin d’informations culturelles et rendre ça accessible, se souvient Bernard Fabi. Le concept est rythmé, urbain, il y a de la folie et de la rigueur. Il n’y a aucune prétention, les artistes s’y sentent bien. On capte des instants de vie. Sucré Salé, en ayant une facture variétés sans jamais négliger le contenu, est le parfait lien entre les nouvelles et la programmation de soir. »

Le producteur souligne d’ailleurs qu’aucune transition entre deux animateurs n’aura été aussi smooth. Patrice avait d’ailleurs été reporter un été. « Je me souviens de mon premier topo : une course de bol de toilette avec Dominic et Martin. C’est drôle parce que je travaille à la radio avec Martin Cloutier et il m’avait dit à l’époque qu’il ne serait pas étonné qu’il y ait une suite pour moi. »

Patrice a d’ailleurs immédiatement manifesté son intérêt quand Guy a annoncé son retrait. « Guy a été un mentor pour moi, confirme-t-il. Je pense que ce qui nous caractérise, que le public perçoit et que les invités apprécient, c’est notre authenticité et notre folie. Chacun à notre façon. Guy, c’est le genre de gars qui est pareil quand tu déjeunes avec lui que quand il est devant la caméra. Il y a cinq ans, quand j’ai commencé à animer Sucré Salé, je me suis dit que s’il y avait une chose que je devais poursuivre, c’était de garder cette sincérité-là. »

La confiance des artistes

L’émission s’est d’ailleurs bâti une belle crédibilité tout en conservant son côté léger. « Les artistes qu’on reçoit font partie du succès, estime Patrice Bélanger. Ils nous forcent à réinventer le show chaque année parce que même si on a reçu un invité 10-12 fois, on s’efforce d’être toujours rafraîchissants tout en conservant une profondeur d’entrevue dans un format ludique. En tournage, on prend aussi le temps d’aller plus loin grâce à des entrevues plus longues, de risquer une question pour aller chercher une perle puis de rendre ça dynamique au montage sans jamais rien trafiquer. Ça permet d’aller dans des zones plus délicates tout en demeurant respectueux. »

« Une de mes grandes fiertés est aussi notre possibilité d’être sur le terrain contrairement aux autres émissions de variétés généralement enregistrées en studio. Nous sommes un des rares shows à se déplacer. C’est aussi le travail d’une équipe exceptionnelle. Un véritable marathon. Les reportages sont aussi importants que le plateau et l’effet de gang perdure. C’est sans doute aussi une des raisons de la longévité de l’émission. »


Sucré Salé est diffusée du lundi au vendredi à 18 h 30 et en rediffusion à 22 h 35 à TVA.

Moments marquants Sucrés et Salés

Bernard Fabi et Patrice Bélanger partagent quelques-uns des moments qui ont marqué les 18 ans de Sucré Salé. Et même à l’âge de la majorité, l’émission ne perd rien de sa folie, tout en misant sur une certaine maturité.

Les marques de commerce de Guy

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Guy avait instauré des défis à la fin de chaque émission, se souvient Patrice Bélanger. C’était audacieux. Soir après soir, il les a tous relevés. Comme spectateur, tu restais accroché jusqu’à la dernière seconde. Les “tciow” en fin d’émission étaient aussi une signature, tout comme son fameux “Quéssé qui s’passe au Québec ?” Comme animateur, ce sont les premiers deuils que j’ai eu à faire, mais je ne voulais pas copier ça. »

Un baiser marquant

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Ma première entrevue comme animateur en tournage a été avec Julie Perreault, raconte Patrice. Elle venait de tourner le film Le Mirage et on abordait son côté pudique. Je lui ai avoué que je n’avais jamais tourné de scène de baiser comme acteur. Elle m’a embrassé ! Je me suis dit : c’est malade animer Sucré Salé ! Ça a donné le ton à l’été, car plusieurs artistes m’ont embrassé, de Louise Portal à Pierre Hébert, tout au long de l’été en hommage à ce moment. »

En coulisse avec Céline

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« J’aime profondément tous les invités, mais j’avoue que de s’asseoir dans la garde-robe de Céline Dion et d’avoir droit à une entrevue de 30 minutes vient avec une grande pression, raconte Patrice Bélanger. Tu sens tout le bureau qui est avec toi et tu aurais aimé tous les inviter à venir. »

Le côté déjanté de Guy Jodoin

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, Jocelyn Malette

« Il n’y a que Guy qui puisse mener une entrevue habillé en cuir dans un lave-auto. Il a toujours été complètement fou !, mentionne le producteur Bernard Fabi. C’était parfait pour l’été. Et il était capable de pousser l’absurdité, le paradoxe. Comme la fois où il a fait une course d’autruche avec Stéphan Bureau ! »

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

Le 375e anniversaire de Montréal

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Je suis très fier de ce que l’équipe a fait pour souligner le 375e de Montréal, affirme Bernard Fabi. On a visité chaque quartier avec différentes personnalités, pas juste des gens du star-system, qui ont partagé la hauteur de leurs inspirations. On s’est rendu dans une école de Pierrefonds avec Simple Plan, poursuit Patrice, dans le premier appartement de Patrick Huard dans Rosemont. On a vu que Montréal a toujours été une plaque tournante de la culture. »

Une rencontre touchante

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Patrice a mené une entrevue particulièrement touchante avec Claude Dubois qui venait d’annoncer être atteint d’un cancer, évoque Bernard Fabi. C’est le genre d’exemple où l’on sent la confiance qu’ont les artistes en l’émission. »

Les voyages

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Avec Patrice, on a instauré les voyages pour lancer chaque saison. Cette année, c’était New York avec Ginette Reno, mais je me souviens d’une séance de magasinage avec Maripier Morin à Los Angeles où elle s’était révélée comme jamais», explique le producteur.

À l’école avec Les Twins

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, SNP

« Hier, j’ai tourné une rencontre marquante avec les Twins. Ils ont accepté le stunt d’une fausse alarme de feu dans une école. Quand tous les jeunes ont sorti, ils sont arrivés habillés en pompier et se sont mis à danser. Ils ont été d’une générosité sans nom. Les jeunes ont dansé avec eux pendant plus de 40 minutes. À 41 ans, j’ai capoté. Mets-moi à 14 ans, je capote ma vie ! »

L’entrevue avec les Twins sera diffusée ce lundi 10 juin à 18 h 30.

Une pépinière de talents

En 18 ans, Sucré Salé a vu passer plusieurs dizaines de reporters, de Guillaume Lemay-Thivierge à Rachid Badouri ou Alexandre Despatie. Elle a vu émerger de nombreux talents qui se sont bien implantés dans notre sphère médiatique. Certains d’entre eux reviennent sur leurs débuts et expliquent ce qu’ils conservent encore aujourd’hui de cette expérience.

Varda Étienne, saisons 1 et 7 à 18

Patrice Bélanger
Photo Ghyslain Lavoie

« J’ai fait signer des bobettes à David Beckham, égérie de Calvin Klein, pour les remettre à l’encan de Sainte-­Justine. J’ai rencontré Will Smith, pris un repas avec Pittbull. Je ne suis pas groupie. Je reconnais leur talent, mais ils n’ont pas trouvé une cure contre le cancer ! »

« Comme reporter, écrivaine ou femme d’affaires je prends toujours mon travail au sérieux et surtout je garde le contact avec le public. Mon patron, c’est le public. »

Julie Bélanger, saisons 1 à 3

Patrice Bélanger
Photo d'archives, Le Journal de Montréal

« J’habitais encore à Québec et j’avais envoyé mon démo. [...] Ils m’ont appelée pour un tournage [...]. Je suis débarquée dans les bureaux avec ma valise ! »

« C’est aussi à Sucré Salé que j’ai animé pour la toute première fois une émission (Guy Jodoin était absent). Les producteurs m’ont donné ma première chance. J’ai fait mes premières longues entrevues, géré le timing, le bon fonctionnement du show, trouvé des idées... Bref, ça a été la base de mon métier ! »

Stéphane Fallu, saisons 3 à 8

Patrice Bélanger
Photo d'archives, Le Journal de Montréal

« Lors de mon premier été, je faisais six topos par semaine. Une journée, je pouvais interviewer Alys Robi puis Robert Charlebois, faire une course de roller blade contre Gaétan Boucher, une promenade en chaloupe avec Denise Bombardier. C’est là que j’ai commencé ma carrière de bloopers ! »

« C’est presque mon école de la télé. J’y ai fait tout ce qu’il ne fallait pas : parler par-dessus des invités, donner mon opinion [...]. J’y ai appris à écouter, à m’adapter et à travailler en équipe. »

Sébastien Diaz, saisons 5 à 8

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, Sébastien Diaz

« On m’a engagé comme reporter et réalisateur. La première journée, j’ai tourné un reportage en costume africain avec Dany Laferrière [...]. Rapidement, je suis devenu le gars qu’on envoyait à l’étranger. Je me filmais moi-même dans les rues de New York ou Los Angeles en plus d’aller interviewer Scarlett Johansson ou Penelope Cruz. On m’a vite surnommé le canif suisse au bureau ! »

« J’ai aussi réalisé plusieurs émissions et passé beaucoup de temps avec Guy Jodoin. J’ai beaucoup appris en le voyant avoir du plaisir tout en gardant une rigueur irréprochable. »

Annie-Soleil Proteau, saisons 8 à 17

Patrice Bélanger
Photo courtoisie, TVA

« Mon premier reportage était sur le plateau de Ma maison Rona. Ça s’est très bien passé... mais les travaux, c’était autre chose ! Je me rappelle que j’ai marché sur un clou, que je me suis frappé un doigt avec un marteau, et que je suis tombée de tout mon long en m’enfargeant dans un 2 x 4. Marie-Lise Pilote était très, très impressionnée par mon talent naturel ! »

« Nous sommes privilégiés quand un téléspectateur choisit de nous regarder [...]. Il n’y a rien d’aussi contagieux que de grands éclats de rire sincères, ou d’aussi touchant que de se laisser aller à l’émotion quand c’est senti. »

Rosalie Bonenfant, saisons 16 à 18

Patrice Bélanger
Photo courtoisie

 

« Mon premier topo s’est déroulé au Cirque du Soleil, où j’ai fait du hoop diving avec Josée Lavigueur. Ma première entrevue n’était donc pas le facteur le plus stressant de la journée ! Pour apprendre toutes mes questions, je m’étais dessiné des pictogrammes pour les mémoriser. C’est la méthode que j’utilise encore pour apprendre mes textes. »

« Pour quelqu’un de spontané comme moi, Sucré Salé est le terrain de jeu idéal pour connecter avec un invité [...]. C’est vraiment le plateau qui m’a permis de trouver le plaisir réel que j’ai à “animer”. »

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