/misc
Navigation

L’arnaque du Fonds vert

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark Ce sera un important test pour le gouvernement Legault. L’enjeu de la lutte aux changements climatiques est fondamental, tout comme une meilleure utilisation des deniers publics. Sur cette photo, le Ministre de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette.

Coup d'oeil sur cet article

Le Fonds vert devrait être la clé pour l’atteinte des objectifs de réduction de GES du Québec, mais pour cela, un ménage en profondeur s’impose. Jusqu’ici, il ne constitue qu’un prétexte de plus pour pomper l’argent de nos poches afin de satisfaire l’avidité de ministères qui en abusent en toute impunité.

Au fil du temps, c’est 6 milliards $ qui sont entrés dans ses coffres. Sa principale source de revenus, depuis la création du marché du carbone, provient des automobilistes qui paient quatre cents de plus leur litre d’essence.

L’argent a été dilapidé en catimini jusqu’à ce que Le Journal lève le voile sur la foire aux dépenses en janvier 2016.

C’est à ce moment que les Québécois ont découvert notamment que Air Canada avait reçu 800 000 $ pour installer des ailettes sur des Boeing 767. Que le fonds avait financé une panoplie de projets sans effet sur la réduction des GES.

Il avait fallu un travail de moine du journaliste Charles Lecavalier pour recenser les initiatives arrosées par l’aspirateur de dollars, le ministère de l’Environnement étant incapable d’en fournir une liste.

Gêné, le ministre David Heurtel a créé à ce moment le Conseil de gestion du Fonds vert. C’était absurde. Être obligé d’inventer une structure pour se discipliner et faire la lumière dans son propre ministère, mais il le fallait bien.

La maudite machine

Selon une source impliquée à l’époque, personne ne voulait vraiment d’un tel chien de garde. L’idée rebutait à l’interne au ministère de l’Environnement, mais aussi aux Finances et au Trésor. « La machine était farouchement opposée à perdre le contrôle. » Mais le bureau du premier ministre Couillard a tranché. On constatait que, politiquement, ne rien faire devant les révélations du Journal, « ça n’avait aucun sens ».

Le ministère de l’Environnement n’ayant aucun pouvoir de contrainte sur les autres ministères, tous se sont servis comme dans un buffet à bonbons. Les largesses des 180 programmes liés au Fonds vert étaient bien connues dans tout l’appareil gouvernemental. « C’était devenu un running gag, dès qu’un ministère cherchait de l’argent pour quelque chose, on disait “prends dans le Fonds vert”. Aux Transports, ils faisaient n’importe quoi », raconte une autre source, témoin des débuts.

Le problème, c’est que celle qui a été nommée pour redresser la situation, Sylvie Chagnon, a vite frappé un mur. « Le ministère n’a jamais voulu se faire dire dans quoi il pouvait mettre son argent ou pas. Alors dès que le conseil de gestion a été créé, la guerre a pogné », nous dit-on.

Gênant

Le récent rapport du commissaire au développement durable a mis au jour cette querelle intestine entre le ministère de l’Environnement et le Conseil de gestion, qui est pourtant sa propre créature. Le bordel est tel que le commissaire, qui relève du Vérificateur général du Québec, a dû reporter son examen approfondi sur le Fonds. Il a signalé au passage que les données financières fournies et rendues publiques par le Conseil de gestion sont incomplètes, que l’information transmise « n’était pas fiable ».

Test

« Ça ne fait aucun sens », a seulement soupiré l’actuel ministre de l’Environnement Benoit Charrette (photo), questionné sur ce gâchis. Selon lui, les mandats de chacun ont été mal définis. Il a promis d’annoncer ses couleurs quant aux changements à apporter dans les prochaines semaines. Ce sera un important test pour le gouvernement Legault. L’enjeu de la lutte aux changements climatiques est fondamental, tout comme une meilleure utilisation des deniers publics.

Le doute est permis. Jusqu’ici, le rêve d’un Fonds vert efficace s’est écrasé devant la chasse gardée d’une machine archaïque et dépassée, pendant que les Québécois continuent à payer...

Les bulletins

François Legault, CAQ

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

Le premier ministre a encore dû s’excuser, cette fois auprès des travailleurs de Velan, après avoir dit qu’il était parfois « plus approprié » que des « emplois moins payants » soient délocalisés dans d’autres pays. Il a aussi fait volte-face sur la réforme du mode de scrutin. Il avait assuré le contraire, mais il pourrait finalement tenir un référendum, ce qui reporterait au scrutin de 2026 le changement promis.

Paule Robitaille, PLQ

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

La députée de Bourassa-Sauvé a proposé un amendement qui aurait enlevé des pouvoirs à l’État québécois, dans le cadre de l’étude article par article du projet de loi sur la laïcité. Confrontée par Simon Jolin-Barrette, elle lui a donné raison. Les libéraux se sont donc abstenus de voter sur leur propre amendement, offrant au ministre une raison de se bidonner.

Jean Boulet, CAQ

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

Sans faire beaucoup de bruit, le ministre de l’Emploi pose un à un les jalons pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. Il a annoncé mercredi des mesures pour favoriser l’employabilité et l’intégration de personnes handicapées, qui ont été bien reçues.

 

Émilise Lessard-Therrien et Alexandre Leduc, QS

Periode des questions
Photo d'archives, Simon Clark

La sortie des jeunes solidaires de Rouyn-Noranda et d’Hochelaga-Maisonneuve pour que le Parlement offre un minimum de moyens de conciliation travail-famille a secoué la torpeur de l’Assemblée nationale à ce sujet. Il serait temps que l’institution s’adapte à la vie moderne...

 

En vrac

1,3 G$

C’est le solde du compte courant du Fonds vert au 30 avril dernier


Éric le premier répondant

Les années d’expérience de pompier volontaire d’Éric Lefebvre ont servi lors du traditionnel match de balle-molle entre élus et journalistes. Le whip du gouvernement a prêté assistance au collègue Mathieu Dion, blessé, en attendant l’ambulance !

 


Le jab de la semaine

« Vous êtes complètement déconnectés, ce n’est pas en Inde qu’on veut des emplois, c’est au Québec »

– La libérale Marwah Rizqy, à François Legault, qui minimisait les pertes d’emplois chez Velan

 

 

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions