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L’environnement a besoin du journalisme d’enquête

Un ours noir a été aperçu en train de boire de l’eau rouge à côté d’un site de la minière Tata Steel, près de Schefferville, sur la Côte-Nord
Capture d’écran, Conrad André Un ours noir a été aperçu en train de boire de l’eau rouge à côté d’un site de la minière Tata Steel, près de Schefferville, sur la Côte-Nord

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L’environnement est un sujet qui est devenu une priorité pour la majorité de nos lecteurs. S’il y a un domaine qui a besoin du journalisme d’enquête pour discerner le vrai du faux, pour exposer des situations devenues inacceptables dans notre société, c’est bien celui-là.

Nos lecteurs ont d’ailleurs eu droit à d’excellents reportages d’enquête en environnement depuis un mois, et ce n’est pas fini. Cela se poursuit aujourd’hui avec la publication d’une série d’articles dans les premières pages de votre Journal.

• Tout le monde a vu des photos des îles de plastique qui flottent dans l’océan et des plages envahies de détritus de toutes les sortes de polymères. On se réfère alors à l’océan Pacifique ou aux plages de l’Indonésie, surtout pas au golfe du Saint-Laurent et aux Îles-de-la-Madeleine. Et pourtant... Les photos et les textes que nous publions aujourd’hui font réaliser que le plastique fait aussi des dommages chez nous.

• On blâme et culpabilise souvent les consommateurs pour leur utilisation du plastique. Mais les grandes industries ne sont pas mieux. Il y a un mois, nous avons publié un autre reportage troublant qui établissait un palmarès des plus grands pollueurs du Québec. Nous avons épluché des centaines de pages de documents (travail long et fastidieux que nos journalistes d’enquête ont l’habitude d’accomplir) pour découvrir, entre autres choses, que malgré le Fonds vert et la bourse du carbone, les grands pollueurs du Québec polluent toujours plus. Depuis 2013, les 100 usines les plus polluantes au Québec ont augmenté leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 1,93 %, soit plus de 396 000 tonnes. Et cette tendance s’accélère.

• On apprenait qu’entre 2016 et 2017, les grands émetteurs de GES du Québec ont accru leurs rejets gazeux de 5,31 %, soit un million de tonnes de plus, selon la compilation effectuée par Le Journal avec des données provenant du ministère de l’Environnement. C’est l’équivalent de 250 000 voitures de plus sur les routes du Québec. D’ailleurs, c’est vous les automobilistes qui financez en grande partie le Fonds vert en versant quelques sous sur chaque litre que vous achetez.

• Depuis deux semaines, nos journalistes d’enquête font état d’une situation qui frappe l’imaginaire avec l’appui d’une capture vidéo surréaliste d’un ours noir qui boit de l’eau rouge en bordure d’un site minier de Tata Steel, aux frontières du Labrador et du Québec près de Schefferville.

• Cette compagnie indienne venue ici exploiter les richesses naturelles niait d’autres déversements avant d’apprendre que nous étions en possession d’images choquantes. Elle a fini par avouer. Toutefois, elle n’a pas daigné rendre nos appels lorsque nous l’avons recontactée cette semaine pour obtenir des explications sur un dépotoir à ciel ouvert sur son site. Comme dirait l’autre, c’est une décision de Tata.

Dany Doucet
Rédacteur en chef