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Les Québécois brillent aux CAFA

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Vendredi dernier, les Canadian Arts & Fashion Awards (CAFA) ont réuni, au Fairmont Royal York de Toronto, les plus grands artistes, influenceurs et dirigeants d’entreprise de l’industrie de la mode du pays pour célébrer les lauréats de 2019.

Plusieurs Québécois ont été récompensés lors de cette sixième soirée annuelle, notamment Thierry-Maxime Loriot, Mackage, Matt & Nat, Cary Tauben, Fecal Matter et Marie-Ève Lecavalier. Des personnalités montréalaises ont été invitées pour remettre certains prix, dont Karine Vanasse et Vanessa Pilon. Charlotte Cardin a charmé le public en interprétant quelques-unes de ses compositions. Il régnait une grande fierté pour tout le talent canadien, et ce, dans toute sa diversité.

► Pour découvrir tous les gagnants de la soirée, rendez-vous sur cafawards.ca.

Viktor Horsting, Thierry-Maxime Loriot et Rolf Snoeren.
Photo courtoisie, George Pimentel
Viktor Horsting, Thierry-Maxime Loriot et Rolf Snoeren.

Le duo des créateurs Viktor Horsting et Rolf Snoeren, de Viktor & Rolf, est venu d’Amsterdam pour décerner le prix Vanguard 2019 à Thierry-Maxime Loriot pour souligner son importante contribution au rayonnement de la mode à l’international. « Ce fut une merveilleuse expérience de collaborer avec Thierry-Maxime à notre exposition rétrospective à Melbourne en Australie en 2016. Il est comme la fée clochette : tout ce qu’il fait – et il en fait beaucoup – semble toujours sans effort. Les choses se font comme par magie » , raconte Viktor Horsting.

Pendant son texte de remerciements, Thierry-Maxime a mentionné ­l’importance des collaborations et de s’entraider. « Je pratique le métier que je fais aujourd’hui parce que j’ai tissé des liens tout au long de ma carrière, et ce, depuis le début, alors que j’étais ­mannequin. Tout est venu ensemble. J’ai gagné la confiance des gens », renchérit-il en coulisses.

Après avoir signé les expositions de Jean Paul Gaultier, Viktor & Rolf, Peter Lindbergh et Thierry Mugler (­Couturissime, en ce moment au Musée des beaux-arts de Montréal), il planche déjà sur un autre projet. « Je ne veux pas en parler, car je suis superstitieux. Par contre, je peux dire que ça va commencer à Montréal. J’aime lancer mes nouvelles expositions au MBAM », affirme le commissaire.

Quant à la promotion de la mode québécoise et canadienne, il souligne l’espace ­Montréal ­Couture, qui termine ­l’exposition de Thierry Mugler. « Tous les créateurs devraient exister. Je pense entre autres à Fecal Matter et la beauté de la différence. Il faut encourager la diversité. Nous devons soutenir et valoriser les talents locaux qui nous rendent fiers », mentionne-t-il.

Thierry-Maxime Loriot portait un smoking Dsquared2, un label dirigé par les Canadiens Dean et Dan Caten.

Photo courtoisie, George Pimentel

« Cette année fut la bonne », lance Cary Tauben après avoir remporté le prix du styliste de l’année et avoir été nommé à quatre reprises. « J’aime tout ce qui brille, mais je n’avais pas envie de paillettes. J’ai payé moins de 150 $ pour ces deux morceaux achetés sur eBay que j’ai accessoirisés de bijoux de la griffe Par ici pour mon interprétation glamour années 80 », décortique-t-il.

Photo courtoisie, George Pimentel

« L’industrie de la mode canadienne est toute jeune si on la compare à l’internationale. Tout est à faire. Il faut la célébrer afin de la faire rayonner. C’est un peu comme la télévision et le cinéma, il faut prendre le temps de la bâtir », déclare Karine Vanasse. Elle a puisé sa robe dans les archives de Sophie Theallet, une designer française établie à Montréal.

Photo courtoisie, George Pimentel

Le prix Swarovski pour le talent émergent, offert à un designer canadien novateur se ­démarquant comme une véritable force créatrice dans l’industrie de la mode canadienne, a été décerné à Marie-Ève Lecavalier. « C’est incroyable. Je suis très contente de remporter ce prix qui s’accompagne d’une bourse de 10 000 $. Le financement est toujours l’aspect le plus difficile quand tu commences. Je vais assurément l’investir dans ma prochaine collection » nous confie la designer qui a développé une technique unique pour tricoter le cuir.

Photo courtoisie, George Pimentel

« C’est ma première fois aux CAFA. Je suis fière de représenter la créativité du Québec à ma façon. J’ai choisi de porter une création de Lucas Stowe. J’aime beaucoup son univers pailleté », partage Vanessa Pilon.

Manny Kholi, président de Matt & Nat et James Wolfe, Directeur de l’hôtel, Fairmont Royal York.
Photo courtoisie, George Pimentel
Manny Kholi, président de Matt & Nat et James Wolfe, Directeur de l’hôtel, Fairmont Royal York.

Les fondateurs de la marque de sacs à main Matt & Nat étaient en avance sur leur temps, lorsqu’ils ont décidé de lancer une ligne de cuir végane en 1995. « Dès le début, ne pas utiliser de cuir ou d’autres matières d’origine animale nous semblait naturel. Je suis fier de déclarer que depuis 2007, nous utilisons 8 millions de bouteilles de plastique, qui sont recyclées pour fabriquer la doublure de nos sacs. De plus, nous avons aussi récemment incorporé à nos collections des matériaux faits à partir de pneus de vélo recyclés », raconte Manny Kohli, président de Matt & Nat, récipiendaire du prix pour l’impact mode de l’année, remis à une marque qui a eu un impact social important dans la communauté canadienne et internationale. « Matt & Nat a reçu des prix à l’international, mais d’être reconnu dans son pays est le plus grand des honneurs », déclare-t-il.

Photo courtoisie, George Pimentel

La mannequin Coco Rocha était spectaculaire vêtue d’un smoking Victoria Hayes assorti à un chapeau frangé. La designer compte Madonna, Lady Gaga et Janelle Monáe parmi ses clientes.

Photo courtoisie, George Pimentel

« Depuis nos débuts, nous nous efforçons de proposer des manteaux qui combinent le style et la technique. Nous avons toujours dû demeurer concentrés sur notre objectif. On a souvent tenté de nous dissuader, mais on a été tenaces », explique Elisa Dahan, codesigner de Mackage. Les deux portaient des créations Mackage.

« Nous sommes particulièrement honorés d’avoir remporté le prix dans la catégorie vêtements d’extérieur, car c’est ce que nous faisons de mieux. À l’international, le Canada est reconnu pour ses manteaux. Nous sommes des leaders et un exemple à suivre pour des compagnies partout dans le monde », partage Eran Elfassy, codesigner de Mackage.

Photo courtoisie, George Pimentel

« Nous sommes très surpris, car nous n’avons jamais rien remporté. C’est tout un honneur et nous devons remercier les CAFA. Nous remportons dans la catégorie influenceur numérique de l’année et nous avons de bonnes statistiques sur nos réseaux sociaux, mais je crois que c’est plus que cela. C’est une reconnaissance de notre vision, de notre travail et de qui nous sommes. Il serait si facile de nous écarter » , précise Steven Raj Bhaskaran de Fecal Matter. Le duo de créateurs a fait la manchette, entre autres, pour ses cuissardes deuxième-peau (Skin Heels) et les différents modèles du Dick Bag, un sac dont un dildo fait office de poignée.

« Nous avons vendu plus de 70 de nos sacs. Notre entrée au Musée des beaux-arts de Montréal a atteint un plus large bassin de consommateurs. Certains les achètent pour leur utilisation première, mais d’autres les conservent comme des œuvres d’art, telle une pièce de collection », affirme Hannah Rose Dalton de Fecal Matter.

Photo courtoisie, George Pimentel

« Les CAFA m’ont donné carte blanche. J’ai donc chanté pour une première fois ma nouvelle composition Good Girl », dit Charlotte Cardin, l’artiste invitée de la soirée. Elle avait opté pour un tailleur UNTTLD noir.