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La génération «Kick Ass»

Louise Latraverse et Louise Forestier, mardi à la soirée Hommage.
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Louise Latraverse et Louise Forestier, mardi à la soirée Hommage.

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Mardi dernier, au chalet du Mont-Royal, Québecor a convié plus de 400 invités à sa soirée Hommage annuelle.

Chaque année, Québecor rend hommage à deux artistes d’un certain âge pour leur contribution exceptionnelle à la vie culturelle québécoise.

Cette année, ce sont la poète et dramaturge Denise Boucher, et la chanteuse, auteure et comédienne Louise Forestier qui ont reçu une bourse d’un montant de 50 000 $.

DES PUNKS DE 70 ANS

Chaque année, j’ai hâte d’assister à cette soirée.

Pourquoi ?

Parce que c’est rempli de têtes blanches dans la salle.

Des artistes de 70 et 80 ans, qui ont viré le Québec à l’envers et qui ont fait les 400 coups dans les années 60 et 70.

J’adore ces femmes et ces hommes. Je les admire, je me pince chaque fois que l’un d’eux prend la peine de me parler dans l’un de ces événements.

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Wow, j’ai parlé à Yvon Deschamps ! À Michel Tremblay ! À Gilbert Sicotte ! À Denise Filiatrault ! À Louise Latraverse ! À Stéphane Venne !

Ces artistes ont créé le Québec moderne à grands coups de pied dans la porte.

Certains ont beau se coucher tôt et boire de la camomille au lieu du scotch, pour moi, ce sont eux, les vrais rockeurs, les vrais « rollers ».

C’est bien simple, à côté de certains jeunes, ils passeraient pour des punks.

De me dire l’un d’entre eux : « Quand j’étais jeune, on se battait contre des vieux curés. Maintenant qu’on est vieux, on se bat contre des jeunes curés. C’est le monde à l’envers... »

BRASSER LA CAGE

Au fil des ans, j’ai eu la chance de parler à plusieurs de ces artistes qui ont passé leur jeunesse à brasser la cage, à briser les tabous, à combattre la pensée unique, à faire chier les bien-pensants et à lutter contre la censure.

Ils sont « flabbergastés » de voir ce qu’il se passe.

Oh, ils ne le diront jamais en public, ils ne sont pas fous.

Ils ne veulent pas se faire crucifier par les curés de 25 ans.

Ni se faire traiter de « fascistes » par des losers qui passent leurs journées à insulter les gens sur internet.

Mais ils regardent le Québec d’aujourd’hui, et ils ne comprennent plus rien. C’est qui, ces jeunes donneurs de leçon qui ont un balai enfoncé tellement profondément dans le cul que tu vois le manche quand ils ouvrent la bouche ?

C’est qui ces p’tits curés qui prêchent la « bonne parole » du haut de leur chaire ?

Quand tu as 25 ans, tu ne construis pas des cages ! Tu les démolis !

Tu n’as que faire des chapelles, des missels, des églises !

LES AILES D’UN ANGE

Jeudi, je suis allé voir l’extraordinaire, le fabuleux, l’historique spectacle de Robert Charlebois à la Place des Arts.

Le gars a 75 ans !

Il exalte l’amour de la liberté ! Il n’en a rien à foutre des jeunes constipés qui jouent aux p’tites sœurs du Bon-Pasteur et aux gardiens de la morale ! Comme il le chante dans Entre deux joints : « Couche-toé pas comme un chien et sens-toé pas coupable... »