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Anne Bouchard veut surmonter son échec à l’Ultra Trail Gaspesia 100

Anne Bouchard a complété l’Utra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde, avec le meilleur temps (34h01min) de l’histoire chez les femmes québécoises.
PHOTO COURTOISIE Anne Bouchard a complété l’Utra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde, avec le meilleur temps (34h01min) de l’histoire chez les femmes québécoises.

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L’une des meilleures coureuses en sentier du Québec entamera dans quelques jours l’une des courses les plus importantes de sa vie. Elle a la ferme intention de vaincre l’Ultra Trail Gaspesia 100, 160 redoutables kilomètres lors desquels elle a dû abandonner l’an dernier pour la première fois en carrière. 

En 2018, après 12 heures de course et une soixantaine de kilomètres, Anne Bouchard n’avait plus la force mentale de continuer l’Ultra Trail Gaspesia 100 (UTG 100). L'athlète de 44 ans pensait à tort qu’elle courait depuis 18 heures et qu’elle allait manquer de temps pour sillonner les 160 km, car chaque coureur doit compléter le parcours en 30 heures et moins. 

Anne Bouchard lors de l’Ultra Trail Gaspesia 100, en 2018.
Courtoisie
Anne Bouchard lors de l’Ultra Trail Gaspesia 100, en 2018.

Anne Bouchard s’est donc inscrite à la course gaspésienne cette année pour «faire face à certains fantômes». Elle avoue d’ailleurs que «ça va être très significatif» si elle complète la distance de 160 km, le 15 juin, à Percé. Et ce ne sera pas tout pour elle cet été, car après l'UTG 100, elle compte participer à d'autres épreuves, avant de s’attaquer début septembre au SwissPeaks Trail, un sentier de 360 km. 

Une course qui use 

Sur papier, la Gaspesia 100 n’est peut-être pas la course la plus dure à laquelle Anne Bouchard a pris part puisque le dénivelé du parcours n’est pas très élevé. En pratique, il s’agit toutefois de l'une des épreuves les plus exigeantes au Québec, dit-elle. «Il y a un petit je-ne-sais-quoi qui vient chercher tout ce qui peut user un coureur de trail running», avance celle qui est commanditée par la compagnie The North Face. 

Anne Bouchard a complété l’Utra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde, avec le meilleur temps (34h01min) de l’histoire chez les femmes québécoises.
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Le Bromont Ultra (160 km) et l’Ultra-Trail Harricana (125 km) font aussi partie des parcours québécois les plus longs. Anne Bouchard avait d’ailleurs gagné le Bromont Ultra en 2017 chez les femmes avec un temps de 25 heures et 41 minutes. 

Présentement, Anne Bouchard s’entraîne six fois par semaine en préparation de l’UGT 100. Elle accorde aussi beaucoup de temps à la logistique et à la préparation des différents points de ravitaillement durant la course. 

«Il y a tellement de facteurs que nous ne contrôlons pas, comme la température, que j’essaie seulement d’avoir ce qu’il faut sur place pour rendre l’expérience intéressante», indique-t-elle. 

Initiation tardive 

En 2012, à la naissance de sa fille, Anne Bouchard s’est lancé un défi: compléter la CCC (Courmayeur-Champex-Chamonix), une course de 101 km, entre l’Italie et la France. 

À l’âge de 38 ans, elle n’avait pourtant jamais complété de course en sentier de sa vie. «Je ne suis pas une sportive d’endurance», explique celle qui pratiquait plutôt l’escalade avant. 

Anne Bouchard a complété l’Utra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde, avec le meilleur temps (34h01min) de l’histoire chez les femmes québécoises.
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Sa première course en sentier, d’une distance de 38 km, à Saint-Donat, a été catastrophique, se souvient-elle. «J’ai trouvé que c’était plus facile accoucher et j’ai accouché naturellement sans épidurale, à la dure.» 

L’expérience était pourtant loin de la dissuader. Elle a choisi au contraire de s’entraîner encore plus intensément. Puis, en 2016, le temps est finalement venu d’affronter le défi qu’elle s’était lancé en 2013: la CCC. 

«Ça a été un événement dur physiquement parce que j’avais passé six semaines sans entraînement en raison d’une blessure et ma mère est morte trois semaines avant. Ça a été une course assez introspective avec beaucoup de doutes. Physiquement, je n’étais pas prête, mentalement, je n’étais pas là», relate-t-elle. 

Anne Bouchard franchit la ligne d’arrivée du North Face Challenge (80 km), à Washington. Elle termine ainsi au premier rang chez les femmes avec un temps de 8h08min.
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Anne Bouchard franchit la ligne d’arrivée du North Face Challenge (80 km), à Washington. Elle termine ainsi au premier rang chez les femmes avec un temps de 8h08min.

Anne Bouchard a fait fi de ces embûches et a réussi à compléter la course, l’une des plus mythiques de la planète, avec une excellente 22e position chez les femmes. 

En 2018, elle a ajouté à son palmarès l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde. Elle a d’ailleurs terminé le parcours de 171 km avec une 29e position, le meilleur résultat de l’histoire chez les femmes québécoises. 

Horaire d’entraînement rigoureux 

Anne Bouchard peut dédier près de 20 heures par semaine à la course et aux exercices physiques. Elle doit jumeler cette passion avec son travail de fiscaliste au Cirque du Soleil et sa vie familiale, elle qui est mère de deux enfants. 

«C’est vraiment un défi de tous les jours parce qu’autant je peux m’entraîner, autant mes enfants font des millions d’activités. Donc, le défi de l’horaire est vraiment challengeant», concède-t-elle. 

Anne Bouchard a complété l’Utra-Trail du Mont-Blanc, l’ultramarathon le plus célèbre au monde, avec le meilleur temps (34h01min) de l’histoire chez les femmes québécoises.
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Anne Bouchard se lève ainsi à 4 h le matin pour s’entraîner. «Il y a des moments où c’est dur, il fait froid, il pleut, mais je suis tellement bien après. Je ne suis plus capable de m’en passer», explique-t-elle. 

Pour cette raison, l’athlète espère courir aussi longtemps qu’elle le peut puisque son sport est devenu un véritable «point d’équilibre dans sa vie». Mais pour l’instant, son énergie est dédiée à un seul objectif: franchir la ligne d’arrivée de l’UTG 100, le 16 juin, après une vingtaine d’heures sur les sentiers.